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© Bernard RIchebe


Danielle Mathieu-Bouillon
une femme de Théâtre
Un monde qu'elle aime tant depuis son enfance qu'elle y a exercé à peu près tous les métiers ; travaillant aux côtés des plus grands dont elle n'a de cesse aujourd'hui d'entretenir la mémoire.
Des souvenirs par milliers... Passer un moment auprès d'elle, dans son île aux trésors qu'est l'Association de la Régie Théâtrale*, dont elle est depuis 1983 la présidente, est un pur bonheur. En deux temps trois mouvements, avec gaité et gentillesse, elle vous embarque dans un passionnant voyage au fil d'un temps que l'on ne mesure pas. On y rencontre Raymond Rouleau et sa toute jeune assistante Danielle Mathieu, on y croise Serge Bouillon, homme de théâtre dont elle partagera la vie, Curt Jurgens et Pierre Franck récemment disparu, et puis, et puis le grand Jacques Hébertot dissimulant ses blessures sous des airs de... Patron. Les portes des théâtres s'ouvrent, le Vieux Colombier de Copeau, la Comédie des Champs-Elysées de Jouvet...

Jules Romains est là qui regarde avec inquiétude Jouvet tourner, tourner encore autour de Knock avant qu'il ne parvienne à trouver SON personnage... Le Sarah-Bernhardt de Charles Dullin, l'arrivée des Pitoeff venus de Suisse... Anouilh et Pirandello, Silvia Monfort. Mnouchkine, Peter Brook et le formidable Jean Le Poulain, décrié par certains, Poiret et son comparse. Jacqueline la timide, la discrète, l'amie chère et regrettée, protégée par Maillan l'exubérante qui partait au feu. Laurent Terzieff, un autre fou qui voua sa vie et ses convictions au théâtre, et tant d'autres qui dans la lumière ou l'ombre, d'année en année ont bâti cette cathédrale magique. La mémoire est bien là, passionnément recueillie, vivante, partagée avec une équipe de bénévoles passionnés, sous l'égide de la Bibliothèque historique de la ville de Paris. «J'aime, j'aime le théâtre, je pense qu'il est d'une certaine façon lié au sacré. C'est pour ça que le Brigadier et les Trois coups sont si importants. »

Du Brigadier, au retour rêvé des Trois coups.


«Le Brigadier était un bâton de bois habillé de velours rouge, et piqué d'un clou doré supplémentaire à chaque nouveau spectacle pour lequel il frappait les Trois coups. Il était, selon Laurent Terzieff qui a reçu le Prix en 1986, Le magicien du temps. Ce prix fondé en 1960 par l'A.R.T, qu'Anouilh considérait comme la seule récompense valable, est attribué par un jury de professionnels à une personnalité du monde théâtral. C'est le plus ancien et certainement le plus convoité. » Du Brigadier aux Trois coups, le rêve se porte large... Danielle Mathieu-Bouillon travaille à leur réhabilitation. «Imaginez...

La lumière baisse, le rideau frémit, on éprouve un léger frisson, et les Trois coups nous transportent dans une autre dimension, dans un autre temps, celui où les gens laissent leur vie dehors pour embarquer dans celui du théâtre comme on embarque sur un navire. C'est quand même autre chose que : Merci d'éteindre vos portables et de ne pas prendre de photos durant la représentation ! Non ? » Que oui ! S'il est permis de donner ici son avis. Alors ? Alors, vaincre un certain terrorisme intellectuel peut-être, sûrement, répondre aux problèmes concrets, mais A cœur vaillant, rien d'impossible, et nombreux sont ceux qui voient l'idée d'un bon œil.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 11/02/2014

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