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© Bruno Perroud


Bruno Solo
au Théâtre de Poche
En jouant « Tilt », de Sébastien Thiéry, mis en scène par Jean-Louis Benoit, Bruno Solo aborde pour la première fois le théâtre de l'absurde, ajoutant de la sorte une carte à son jeu.
Zoom arrière : n'est-ce pas, au fond, tout l'art et le désir d'un comédien que d'aller voir ailleurs s'il n'y est pas à sa place ? Qu'il fasse le rigolo, passe ses nerfs devant la machine à café d'une série télévisée, qu'il crée il y a vingt ans avec son ami Le Bollo'ch, qu'il incarne Mendès France, joue un professeur de mathématiques accusé de meurtre, un flic sombre et peu expansif, ou qu'il se glisse dans la tête de Nietzsche, il convainc... Peu de gens ont vu Nietzsche, le danseur philosophe, cette représentation unique, donnée au Festival de la correspondance de Grignan en 2012, et que l'on aimerait voir un jour à Paris. Le comédien, accompagné d'un danseur, vivait sur scène la démence grandissante du philosophe, à travers sa dernière correspondance. « Elevé parmi les livres », féru d'histoire et de philosophie, Bruno Solo parle de ce qui le passionne avec enthousiasme et simplicité. « J'ai adoré jouer ça ! D'ailleurs, j'avais passé mon bac avec : «Le stoïcisme est la transfiguration morale de l'esclavage. » ajoute en riant Bruno Solo, avant de conclure « Nietzsche a été dévoyé, souillé... »

Pleins feux sur l'actualité présente : c'est au Théâtre de Poche, dirigé et fréquenté par d'authentiques amoureux du théâtre et des textes qui l'honorent, que Bruno Solo parle du bonheur qu'il éprouve à être là, à travailler sur cette pièce là, avec ces gens là. « Ce spectacle s'est construit sur la base de deux pièces existantes de Sébastien Thiéry : Sans ascenseur et Dieu habite Düsseldorf. Après avoir sélectionné certains passages, il a fallu imaginer les liens pour les assembler de manière à ce que naisse un véritable spectacle mettant en scène deux personnages qui ne se connaissent pas, mais vont apprendre à le faire, jusqu'à un feu d'artifice final. Si le postulat demeure l'absurde, la montée se fait crescendo, de manière très fluide, et l'on admet rapidement que tout est d'une logique implacable dans ce monde. Alors, qui est fou ? Eux ? Le monde dans lequel ils vivent ? Le nôtre ? Sont-ils dans un monde parallèle ? Au départ la situation est certes farfelue, mais totalement plausible. Tout ça nécessite une très grande rigueur. » Volubile, Bruno Solo ne se fait pas prier pour évoquer ces textes, ces situations qui nous ont fait mourir de rire, pour citer certaines répliques dont il est tombé, dit-il, complètement amoureux. «On dirait deux hommes de 50 ans qui viennent de débarquer sur Terre et qui essaient de comprendre ce qui leur arrive. Ce sont deux solitudes qui se posent des questions fondamentales auxquelles ils sont incapables de répondre, mais qui aimeraient surtout qu'on les écoute ! Sébastien Thiéry part toujours de l'absurde pour se poser de vraies questions sur l'attitude des êtres humains. Si vous entrez dans son univers, vous vous rendez compte qu'un puzzle se met en place, un canevas très précis dans lequel vous vous laissez emporter. Oui, moi qui ai appris mon métier de comédien au théâtre, j'avais très envie de jouer ce théâtre là ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 28/01/2014

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