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© Benoit Linero


Agnès Jaoui
au Théâtre de la Madeleine
Absente depuis vingt ans de nos scènes théâtrales, la comédienne a choisi pour son retour «Les uns sur les autres», une pièce de Léonore Confino, à laquelle elle n'a pu résister.
Qu'elle joue, chante, réalise ou qu'elle écrive, bien que peu présente dans les médias, on trouve toujours quelque part Agnès Jaoui. Personnalité non conventionnelle, et nourrie de contradictions qu'elle assume, la comédienne n'a jamais craint de dire ce qu'elle pense, au risque de passer, à tort, pour une râleuse.

Estimée du public et reconnue par les professionnels pour son travail, Agnès Jaoui est aussi couverte de lauriers et maman de deux petits enfants adoptés il y a cinq ans. Mais la curieuse famille dont elle hérite sur scène est imaginée par une dramaturge singulière. Qui a vu Rin et Building sait que la jeune femme ne caresse pas dans le sens du poil, mais creuse de sa plume acérée et trempée dans l'humour, les travers de notre société. Pourquoi ce choix après une si longue absence ? « Il est rarissime dans le théâtre contemporain de trouver un texte d'une telle profondeur et d'une telle force. En le lisant, je riais et je pleurais. »

"Cette jeune femme a un talent extraordinaire et je ne pouvais pas dire non à ça "

« Le rôle de la mère me touche beaucoup, il est incroyable et je sais qu'il va me procurer mille émotions, je pleure, je ris, je hurle, je jouis, je m'évanouis, c'est génial ! D'autant que tous les rôles sont saisissants et que mes partenaires sont merveilleux. Cette jeune femme a un talent extraordinaire et je ne pouvais pas dire non à ça.»

La pièce, mise en scène comme les deux précédentes par Catherine Schaub, n'est pas un long fleuve tranquille, comment la résumer ? «C'est en effet assez compliqué car il y a plusieurs histoires dans l'histoire. Il s'agit d'une famille normale, la mère, le père, deux adolescents et le grand-père maternel, vivant sous le même toit avec leur chien. La mère, comme la plupart des femmes aujourd'hui, essaie de faire le maximum pour que tout roule. Mais le problème est que chacun vit sa propre histoire... Ma fille est anorexique, mon fils... mais je préfère ne pas tout révéler. Disons seulement qu'à la faveur d'événements qui prendront des proportions alarmantes, la famille va se fissurer et tout finira par exploser, ce qui sera finalement un mal pour un bien. »

Peut-on dire que cette famille est particulièrement victime des travers de notre société ? « Je pense qu'on peut dire ça, oui. Par exemple je trouve très intéressante la manière dont est traitée l'anorexie. Quand on pense qu'aujourd'hui les jeunes filles mesurent l'écart qu'elles ont entre leurs cuisses ! C'est terrifiant, ça montre la force redoutable de l'image que l'on véhicule. Oui, la pièce traite de sujets sociétaux, mais elle est aussi très drôle. Les femmes aujourd'hui veulent être bonne mère, bonne épouse, performante au travail... Une donne pratiquement impossible ! Tout le monde devrait trouver là une résonance, à un niveau ou à un autre.» Ce retour au théâtre laisse t-il place à un projet d'écriture avec celui qui demeure son ami de plume ? « Jean-Pierre Bacri et moi avons toujours le même amour du théâtre et nous y pensons, oui.»
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 13/02/2014

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