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D.R.


"Je préfère qu’on reste amis"
de Laurent Ruquier
Derrière cette phrase toute faite, s'abrite la première Comédie romantique de Laurent Ruquier, dédiée à Michèle Bernier. Frédéric Diefenthal lui donne la réplique et Marie-Pascale Osterrieth met en scène.
Vous avez inspiré à Laurent Ruquier une comédie romantique. Cela vous a-t-il surpris ? Vous reconnaissez-vous dans ce personnage ?
Michèle Barnier : On avait le désir de travailler ensemble depuis un moment mais on ne trouvait pas l'idéal. Il faut croire que je lui ai inspiré ce personnage un peu fleur bleue et romantique, qu'il a écrit pour moi sans me le dire, et me plait beaucoup. Il y a dans cette comédie tout ce que j'aime et j'ai dit oui sans hésiter.

Laurent Ruquier vous a proposé d'emblée le rôle de Valentin. On vous voit peu au théâtre, une bonne surprise ?
Frédéric Diefenthal : Il y a quelques années, on avait eu un projet de cinéma qui ne s'est pas fait, alors je suis très heureux qu'il ait spontanément pensé à me proposer ce rôle aux côtés de Michèle. J'aime autant l'actrice que la femme libérée qu'elle est. C'est le genre de personne qui vous donne de l'énergie, qui vous donne confiance, et c'est très important dans ce métier en dents de scie où l'on traverse des périodes de doutes.

Bien que consigne vous soit donnée de ne pas tout dévoiler, comment raconteriez-vous cette histoire ?
M.B : Ce sont deux quadras, deux amis intimes qui se parlent de tout sans aucune gêne car ils ne sont pas dans la séduction. Mais je suis amoureuse de lui depuis le début, ce dont il ne se doute pas une seconde. La pièce commence le jour où je décide de lui faire passer des messages subliminaux en lui fredonnant des paroles de chansons bien choisies. Seulement comme il m'a toujours entendu chanter, il ne capte pas du tout ! Alors je vais prendre le risque de lui avouer.
F.D : Claudine et Valentin sont liés par une amitié fusionnelle, ils se parlent de leur vie, de leurs aspirations, de tout, mais au fond, chacun dissimule quelque chose. Elle, derrière ses airs de femme libre et décidée, lui, toujours célibataire, sans enfant, se servant d'une phrase passe partout pour fuir devant une révélation qu'il n'attendait pas... On est en droit de se poser des questions...

Finalement, une telle amitié entre homme et femme n'est-elle pas un leurre ?
M.B : Une vieille chanson disait : « Entre l'amour et l'amitié il n'y a qu'un lit de différence... » Dans l'amitié il n'est pas question de séduction, la sexualité n'est pas le nerf de la guerre comme dans l'amour, et je crois ça parfaitement possible. Aujourd'hui toute une frange de la population est célibataire, que ce soit par choix ou non, alors l'amitié offre un merveilleux confort, d'autant qu'on est sûre que son ami ne va nous quitter pour une plus jeune !
F.D : Lui ne soupçonnait pas cet amour et elle, ne soupçonnait pas la manière dont il allait y répondre. Coup de tonnerre, brusquement il y a une incompatibilité totale qui peut conduire à se poser deux questions : Connaît-on réellement les amis que l'on pense si bien connaître ? Et face à une telle connivence, jusqu'où peut-on ne pas avoir de doutes sur ce qu'il y a derrière ? C'est tout l'intérêt de cette comédie romantique.

Votre dernière phrase, Michèle, suppose qu'il est aussi question de confiance en soi dans cette histoire ?
M.B : Effectivement, lorsque l'on ne croit pas en ses armes de séduction, on ne séduit pas, alors on se rabat sur l'amitié pour rester avec l'autre. Jusqu'où est-on prêt à aller par amour ? Il est aussi question de ça dans la pièce. Sous des dehors de fille libérée, je vais finir par me mettre en danger en lui révélant mes sentiments. Avec l'espoir qu'il les partage, car on perçoit toujours chez les autres ce qui nous arrange... Et puis peut-être qu'on est toujours dans sa tête un peu Sissi impératrice ! C'est ce qui nous fait avancer...
F.D : J'ajoute que sous le masque de la comédie romantique, ici vécue par des quadras qui ont forcément un background derrière eux, apparaissent toutes sortes de subtilités auxquelles les gens seront sensibles. Tout ça est loin d'être anodin et exprimé très finement. Et puis ça fuse, il y a du rythme, on rit.

Qu'aimez-vous chez Laurent Ruquier ?
M.B : Que lui aussi a su prendre un risque. On peut toujours se contenter dans la vie de ce que l'on est, de ce que l'on a mis en place, s'endormir sur ses succès, mais lui monte encore la barre en dévoilant au public une écriture différente. On est tous très fiers de faire partie de l'aventure.
F.D : Son énergie m'épate. Il est toujours sur le front. Dans sa pièce, je perçois aussi beaucoup d'émotion. Qu'il soit auteur, acteur, metteur en scène, il se livre un peu et il y a toujours quelque chose d'intéressant à approcher chez lui.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 25/02/2014

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