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D.R.


Le beau retour sur scène de Françoise Fabian
au théâtre de L’œuvre
Elle y interprète Charlotte, l'héroïne de «Sonate d'Automne», pièce adaptée du film d'Ingmar Bergman, entourée de Rachida Brakni et d'Eric Caruso.
Le regard, le sourire... Françoise Fabian est une belle dame sur laquelle les ans semblent glisser sans vraiment trouver prise. Son élixir de jeunesse ? La vie, ses joies, ses chagrins, ses angoisses, dont elle se fait des alliés pour... Le théâtre ! Ainsi le rôle de Charlotte dont elle rêvait depuis des années. Grâce à l'aval du Comité Bergman -réputé exigeant- l'adaptation de Sonate d'automne qu'elle soutenait se concrétise. Comment vit t-elle les quelques mois qui la séparent de la Première ? « C'est une aventure... intimidante, car j'avais pris depuis une dizaine d'années mes distances avec la scène. Vous savez, le théâtre ce n'est pas innocent, on ne l'imagine pas, c'est un engagement de chaque minute, il faut être fou ! Mais je suis passionnée, si passionnée, c'est ça qui est merveilleux ! Je ne fais rien qui puisse m'empêcher d'arriver vers cinq heures. J'aime le silence qui règne avant que les choses ne se mettent doucement en place. » Rachida Brakni comme partenaire ! « Au départ, je n'avais pas pensé à Rachida qui est d'une grande beauté. J'imaginais une Eva beaucoup plus effacée. Mais vous savez ce qu'elle m'a dit ? Françoise, tu ne peux pas imaginer comme je vais me ternir ! Nous avons énormément travaillé sur le texte ensemble, c'est une grande artiste ! »

Le cinéma pour moi c'était Hollywood, je ne pensais qu'au théâtre

Pour quelles raisons avoir tant désiré interpréter Charlotte ? « Le théâtre moderne offre rarement des rôles de cette densité. L'histoire remue des sentiments universels, c'est profond, intelligent, cruel, et la confusion des sentiments exprimés est formidable à jouer. Je ne vais pas employer le mot féministe car je ne l'aime pas, mais il montre que l'idée que l'on a de la maternité est culturelle. Plus je travaille cette pièce et plus j'en aime les personnages. J'y pense jour et nuit, je suis complètement vampirisée par Charlotte» dit-elle en riant, avant de conclure : « Je vais être démolie à la fin ! » Celle que l'on a vue dans de si beaux rôles au cinéma, s'amuse encore des « nanars » auxquels elle a participé, « Mais lequel d'entre nous n'en a pas fait?? ». Enfant rêveuse et solitaire elle travaillait d'arrache pied la musique, qui tient aujourd'hui encore une grande importance dans sa vie. N'aimait rien tant que se plonger dans l'importante bibliothèque de son père, ou bien, enfermée dans sa chambre, se raconter des histoires, inventer des dialogues, se distribuer les rôles. « Je suis venue au théâtre par la littérature. Au départ j'ai fait du théâtre pour les textes, pour jouer de grands rôles. Le cinéma pour moi c'était Hollywood, je ne pensais qu'au théâtre. » De beaux rôles, elle en a joué, mais... « Je n'ai pas joué Phèdre, je n'ai pas joué Tchekhov, ni Antoine et Cléopâtre, malheureusement il est trop tard ! Mais de beaux rôles il en reste! Et il y a des pièces étrangères et des adaptations à faire ! C'est une grande chance d'être comédienne, de pouvoir avancer dans la vie sans être seule. » Pour terminer ? Elle rit, « Je me dis merde ! » Qui ne le lui dirait pas ?
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 04/01/2013

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