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© E.Desaux


Macha Méril
joue «Rapport intime» aux Bouffes Parisiens
Elle campe dans la pièce de Didier Van Cauwelaert, mise en scène par Alain Sachs, une célèbre journaliste remerciée par sa chaîne et contrainte, pour ne pas sombrer dans l'anonymat, d'animer une émission de téléréalité sur le câble.
Mais un événement imprévu la met en présence d'un professeur de grec à la mine falote... «Donc, je me retrouve à animer cette émission, et bien que ce soit pour moi une déchéance, je le fais sérieusement, avec panache et intelligence. Tout ça donne lieu à des rebondissements et des situations à mourir de rire, car ce professeur sans intérêt en apparence, est un intellectuel qui a préparé son coup ! C'est une pièce très drôle et très subtile. Mais ne révélons pas tout ! En tout cas Alain, qui joue également, va être formidable dans ce rôle, et moi je vais me régaler avec le mien qui nécessite un sacré brio ! C'est formidable d'être choisie, vous et personne d'autre, non ? Je ne suis pas une actrice de comédie, mais j'ai l'humour qu'il faut et c'est exactement ce qu'ils voulaient. Donc je suis ravie de jouer cette pièce-là, dans ce beau théâtre-là, avec cette équipe-là, car il ne faut pas oublier nos partenaires, Virginie Visconti et Benoit Soles !»

C'est ma réussite dans la vie d'être toujours en devenir

A la scène ou le temps d'une conversation animée, c'est toujours un plaisir de retrouver Macha Méril. Elle s'enthousiasme, questionne, s'indigne ou se révolte, cite au passage Georges Sand ou Colette, des femmes libres qui lui correspondent et dans la peau desquelles elle s'est glissée sur scène, ou le temps d'écrire un ouvrage. «Constamment sur un établi » elle joue ou bien cuisine, participe aux Grosses têtes ou se plonge dans l'écriture, car être acteur n'est pas toujours une sinécure. « Moi je ne veux pas souffrir, alors j'ai d'autres moteurs dans la vie ! C'est une façon de me régénérer et d'arriver au théâtre sans usure. » On la guette ici, c'est ailleurs qu'elle se trouve, d'elle on essaie de se forger une image, quelle idée ! « Oui, je suis un peu hors norme, c'est parfois un inconvénient mais moi je considère... Comment dire ? Que c'est ma réussite dans la vie d'être toujours en devenir... Ça me permet de conserver une certaine fraîcheur.» N'est-ce pas au fond la négation du métier d'acteur que de se laisser imposer une image ? L'acteur peut-il, selon elle, rester dans sa tour d'ivoire et ignorer les bruits du monde ? « Non ! Même si l'on joue une pièce classique, il faut qu'elle nous enseigne quelque chose sur le présent. Il est important d'être encré dans la réalité du monde. » Précisément, Rapport intime nous parle d'un curieux mal de notre époque : la téléréalité et l'addiction à la célébrité, thématiques qui commencent seulement à intéresser les directeurs de théâtre... « Ce qu'il faut au théâtre, c'est mettre son désir à l'épreuve, si l'on a vraiment envie de monter ou de jouer une pièce, si le désir ne s'émousse pas, ça se fera ! Quant au sujet, il y a des manières très différentes de l'aborder, c'est ça qui est intéressant ! » Et Macha Méril n'a pas fini de nous surprendre : en janvier prochain paraît chez Flammarion, L'amour dans tous ses états. Un livre dont on parlera !
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 20/09/2013

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