Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Bruno Perroud


Alexandra Lamy
de retour au Théâtre de l’Atelier
à peine le tournage achevé de "Jamais le premier soir", elle reprend la pièce de Christian Siméon "La Vénus au phacochère". Seule en scène, la comédienne avait enthousiasmé au début de l'année public et critiques.
Que raconte cette pièce mise en scène par Christophe Lidon et quelle en est sa forme ?
Christian Siméon a imaginé une histoire autour de Misia Godebska, qui était à la fois une célèbre pianiste et l'égérie des grands peintres de la Belle Époque. Elle était alors mariée à Thadée Natanson, l'un des fondateurs de La Revue blanche. Le troisième personnage que j'incarne est Geai Simpson, une femme libérée, une sorte de Coco Chanel, avec laquelle elle eut d'ailleurs des liens d'amitié, mais plus tard. Entre eux, la présence d'un milliardaire vulgaire, Alfred Edwards, qui tente d'acheter Misia à coups de colliers de perles. La pièce commence par un échange de lettres, se poursuit par des dialogues et s'achève par un monologue.

Vous n'usez d'aucun artifice pour passer d'un personnage à l'autre, si l'on ajoute que le texte ne donne pas dans la facilité, comment abordez-vous cela ?
Ces trois personnages sont très différents, et je n'avais aucune envie de mettre une moustache ou de changer de chapeau pour incarner l'homme. Je joue sur le rythme, la façon de parler, les gestes. Un geste particulier correspond, par exemple, à un personnage. Et je mets simplement un peu plus de gravité dans la voix masculine. Le spectateur est intelligent, il saisit rapidement le personnage qu'il a sous les yeux. C'est très difficile et je suis morte de peur, c'est même terriblement violent, alors, toute la journée, je me fais un pacte avec moi-même et je me dis : « Quoi qu'il arrive, ne te laisse jamais tomber. Ne te laisse jamais sombrer. Ne te lâche jamais ! » A la première, j'ai savonné la deuxième phrase, comme on dit, l'horreur ! Alors j'ai repensé : « Te lâche pas, te lâche pas, continue », car, dans ces moments-là il ne faut surtout pas se dire qu'on est nulle, pour ne pas devenir son pire ennemi. Il faut absolument avoir une grande confiance en soi, malgré tous les doutes que l'on peut avoir sur soi-même. Mais je suis tellement heureuse de cette
reprise !

En 2003, vous aviez été nommée aux Molières pour Théorbe, du même auteur. Ici, il manipule le vrai et le faux, évoque nombre d'artistes, d'intellectuels, qui animèrent la Belle Époque. Aucun risque de perdre une partie du public en route ?
Dans les premières minutes, on peut se dire que c'est intello, mais, très vite, dès que l'on a situé les trois personnages, on se rend compte que le reste, c'est du décor et on est embarqué. J'aime beaucoup l'écriture de Christian Siméon, qui est à la fois littéraire, drôle et cruelle, sans oublier l'émotion qu'elle dégage. C'est rare, et ça marche très bien avec mon côté... j'allais dire « populaire » !

Des changements sont prévus pour la reprise ?
Oui, on va peut-être ajouter un troisième acte, très court, qui existe et qui introduit un quatrième personnage. On va voir...
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/03/2013

-
Haut