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© Benjamin Dumas


Dans le regard de Louise
Au théâtre du Ranelagh
Inspirée des Mémoires de Louise Michel, la pièce de Georges Dupuis, qui donne ici la réplique à Bérengère Dautun, magnifique, est une vraie réussite.
D'entrée, le charme opère, que l'on doit autant à la pièce, à son interprétation, qu'à la belle mise en scène d'Yves Pignot. Plus que sur l'anarchiste radicale qu'était devenue cette ancienne institutrice, le regard de l'auteur se porte sur celle qui défendit la place des femmes dans la société.

« "Je déclare que si l'égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine." Tout est parti de là. Ses phrases sont tellement d'actualité aujourd'hui, au-delà de nos frontières européennes ! » Fort intelligemment conçue, la pièce nous plonge dans l'intimité de Louise. Tour à tour charmeuse, emportée, capricieuse, touchante, elle évoque son passé, face à l'ami de vingt ans, auquel elle s'accroche.

Elle aime les chats, joue du piano, se souvient de la Commune de Paris, de sa déportation en Nouvelle-Calédonie, de Victor Hugo, qui lui dédia un poème... Logée dans sa tête, une balle lui cause les pires souffrances. On la dit folle. Rien dans ce texte, précédé d'un profond travail de recherche et de réflexion, ne tient du hasard. Ainsi, l'invention de ce personnage en miroir, le docteur Pelletier, dont le nom est emprunté à une psychiatre du début du XXe siècle qui connut elle aussi un destin exceptionnel?: « Un mélange de ceux qu'elle a rencontrés. » Louise, touchante ? Georges Dupuis tempère en riant?: « N'oublions pas, quand même, qu'à bien des égards elle n'était franchement pas fréquentable ! »
Zoom par Jeanne Hoffstetter
Paru le 14/03/2013

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