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Bernard Alane
Bruno Perroud


3 lits pour 8
d’Alan Ayckbourn, au Théâtre Saint-Georges
Trois chambres, quatre couples et deux soirées de fête en perspective. En nous invitant à suivre durant la nuit entière, et simultanément, les événements aussi fous qu'imprévus qui vont tout faire voler en éclats, l'auteur signe une comédie explosive, originale, adaptée par Victor Lanoux et mise en scène par Jean-Luc Moreau.
Au centre de ces démêlés, seuls Annick Blancheteau et Bernard Alane semblent former un couple sensé.

S'agit-il d'une comédie de boulevard ? D'une farce ? Comment voyez-vous cette pièce et quel rôle y jouez-vous ?
A. B. : Il s'agit au départ de trois jeunes couples devant se rendre à une pendaison de crémaillère. Parmi eux, notre fils Antoine et sa seconde épouse...
B. A. : Un peu fêlée, il faut le dire ! Et ces deux-là, sans chercher à le faire, vont semer une pagaille indescriptible dans la soirée et mettre en péril l'équilibre des autres.
A. B. : Nous, nous allons fêter notre anniversaire de mariage.
B. A. : Nous aimons notre confort et notre tranquillité. Notre partition est plus « pointilliste » que celle des autres. Pour moi, il ne s'agit pas d'un boulevard, ce n'est pas monté comme un Feydeau. Il est difficile d'en parler en fait. C'est une pièce de genre, une pièce de mœurs d'une force comique absolument incroyable.

La place du sexe dans le couple, les ravages du nombrilisme... L'auteur aborde des sujets profonds sur un mode comique qu'il ne craint pas de pousser... Le risque, alors, n'est-il pas de tomber dans l'excès ?
A. B. : Oui, ce sont des gens qui pratiquent beaucoup l'introspection, l'effet psychanalyse, souvent abordé par Ayckbourn, n'est pas loin. Peut-être dénonce-t-il aussi l'immaturité... Mais avec beaucoup d'humour. Le danger ? Ce serait justement de tomber dans la farce, de déshumaniser la pièce en ne jouant que la force des situations.
B. A. : Il n'y a pas de secret : c'est une comédie très intelligente construite de manière étonnante et, si elle n'était pas nourrie par une vraie psychologie, ça ne marcherait pas. Et puis Jean-Luc Moreau est quelqu'un d'une telle finesse, d'une extrême bonne humeur, nourrissant, c'est un vrai directeur d'acteurs et je crois que, tout simplement, il les aime.
A. B. : Oh, oui ! Absolument d'accord.

La construction « sophistiquée » de la pièce doit représenter une difficulté pour vous, comédiens...
B. A. : La difficulté, ce sont les cassures. Pendant un quart d'heure, il ne se passe rien pour nous et, hop, il faut être au top dans la scène suivante. La lumière s'éteint d'un côté, se rallume d'un autre, il ne faut pas qu'il y ait une seconde de flottement.
A. B. : On est présents physiquement dans une image arrêtée, mais on doit rester dans la progression, qui va très vite, sans lâcher, de manière à replonger immédiatement dans une situation qui n'a plus rien à voir. C'est coton, oui !

Une conclusion ?
B. A. : Rire en élevant le débat et sans vulgarité, comme c'est le cas ici, c'est quand même l'idéal, non ?
A. B. : Oui, rire avec intelligence en parlant de sujets qui sont notre vie et être entourés de six acteurs absolument rares.
B. A. : Des trentenaires formidables et terriblement inventifs...
A. B. : Nous, on est très heureux et le public devrait beaucoup s'amuser !
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 11/03/2013

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