Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Pierre Santini
joue Aristote Onassis au théâtre Déjazet
Après avoir quitté avec les honneurs la direction du Théâtre Mouffetard, Pierre Santini est maintenant libre et heureux de redevenir un comédien à part entière.
« J'ai passé neuf ans formidables au Mouffetard, entouré d'une équipe très dynamique. Nous avons gagné un public, fidélisé les gens, créé un atelier de sensibilisation théâtrale pour les amateurs, et nous n'avons laissé aucun trou financier. J'aurais adoré passer le flambeau à quelqu'un, mais il en a été décidé autrement. Je n'y peux rien. Et malgré le sentiment de vide que ça a laissé, aujourd'hui, je suis très heureux ! » Alors que pelles et pioches s'activent pour laisser place au Théâtre de la marionnette, Pierre Santini, honoré de la médaille de la Ville de Paris, accueille avec délice la liberté de redevenir « un comédien sur le marché ».

La liberté de jouer un vieux lion de la politique dans Un homme d'État, bientôt sur nos écrans. La liberté d'être présent dans de sympathiques séries télévisées et de retrouver en septembre prochain son ami Jean-Pierre Kalfon sur une scène parisienne. La liberté enfin d'endosser le rôle d'Onassis dans la pièce de Jean-Yves Rogale, mise en scène par Raymond Acquaviva, La Véritable Histoire de Maria Callas.

Au milieu de tout ça, un archange : la voix si émouvante de la Callas

Andréa Ferréol, Lola Dewaere, Sophie Carrier, Raymond Acquaviva dans le rôle de Meneghini, le mentor, premier époux de la Callas, fidèle jusqu'à la mort. L'affiche est belle. Le thème porteur. La diva fascine, les personnalités hors normes passionnent, les destins tragiques aussi. Pierre Santini se prépare à ce rôle aussi imposant que délicat... Emporté par l'envergure d'un tel personnage, il serait si facile d'en grossir le trait. « La ligne est difficile, en effet, mais je ne m'identifie pas à Onassis. C'est un personnage passionnant pour un acteur, comme peuvent l'être tous les personnages de pouvoir. Parti de rien, il a fait du business après la guerre, peut-être un peu à la marge, et il a bâti un empire. S'il a un charme extraordinaire, il ne possède pas toutes les clés non plus, c'est ce qui est intéressant. C'est aussi un mâle en rut qui éprouve pour la Callas une passion physique violente, qu'elle partage. Tous deux sont au sommet de leur gloire jusqu'à ce qu'il rencontre et épouse Jackie Kennedy. Les suites de l'histoire le feront revenir vers la Callas, mais ils sortiront profondément abîmés par tout ça. »

Choisir le réalisme ou s'en éloigner pour aborder et l'histoire, et le rôle ? « Il y a bien sûr les références historiques, mais aussi la subjectivité de l'auteur et ma propre vision du personnage. Tout cela peut entraîner de petits décalages, mais, ce qui est important, ce n'est pas de faire une reconconstitution historique, c'est de montrer comment la passion, l'argent et l'influence se mêlent pour créer des situations folles, avec au milieu un archange?: la voix si émouvante de la Callas, sa vraie voix que l'on entend aux moments clés de la pièce et qui fait naître autant chez le public que chez nous une intense émotion. » Animé du sens profond de ce métier, « que l'on apprend toute une vie », l'acteur abordera ensuite, l'âme fraîche, son prochain rôle : « Ce sera le plus beau ! » conclut-il en forme de boutade.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 28/01/2013

-
Haut