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© Brigitte Enguerand


Jean-Michel Ribes
“Le Théâtre sans animaux”
Dix ans après les bravos qui l'accueillirent au Tristan Bernard, Jean-Michel Ribes recrée sa pièce au Théâtre du Rond-Point.
Jean-Michel Ribes ? Une institution, une marque de fabrique, un drôle de bonhomme qui enthousiasme, qui agace, qui bouge, qui imagine, qui invente... qui fait. Ça grince ? Ça va mal ? Ça fait mal ? Ne le cherchez pas ailleurs qu'au parti de ceux qui préfèrent en rire. « Le rire, rien que le rire pour ne point mourir de la vérité », comme Nietzsche le disait de l'art.

« C'est Zavatta qui arrive à Notre-Dame de Paris », lançaient goguenard certains grands prêtres de la culture quand il a été nommé dans ce lieu autrefois dirigé par les Renaud-Barrault ou Marcel Maréchal. Mais l'auguste en avait des idées derrière la tête, bien décidé à ouvrir ses portes à « quelques mauvaises herbes de la culture », lesquelles avaient selon lui « plus de parfum que certains glaïeuls de l'institution ». On en entendit alors ricaner sous cape et dire qu'ils ne pariaient pas tripette sur les ambitions de cet iconoclaste. Dix ans plus tard, le Rond-Point est un véritable lieu de vie, les auteurs vivants y sont fêtés, les grands du théâtre y jouent, artistes et politiques animent des débats, la librairie est accueillante, le restaurant fait le plein. Jean-Michel Ribes peut se targuer d'avoir réussi son pari de ne faire en ce lieu que ce qu'il aime.

Ce texte est une espèce de galopade dans un monde à l'envers qui nous montre que, à l'endroit, ça ne marche pas très bien.



Couvert de récompenses, couronné par trois molières, traduit et joué dans de nombreux pays, Théâtre sans animaux, créé en septembre 2001, fut dans cette aventure une carte maîtresse. Une pichenette aux conventions que cette pièce qui a fait mourir de rire le public ? « Ça a probablement rassuré les tutelles pour ma nomination, qui a eu lieu quatre mois après. Ce texte est une espèce de galopade dans un monde à l'envers qui nous montre que, à l'endroit, ça ne marche pas très bien. Je l'ai écrit un peu en me jetant dans le vide sans qu'il y ait de connexion avec la réalité. Ce n'était pas à mes yeux une dénonciation sociale ou politique. Je ne voulais pas délivrer de messages, car je ne supporte pas l'idée d'être un donneur de leçons. Dès que le sens apparaît, j'arrête d'écrire.

Mais il se trouve que chaque être humain est poreux, le monde le traverse et que, de manière inconsciente quand il est auteur, il le raconte. » René l'énervé, tout de même ! « Oui, là, je me suis dit : tant qu'à le faire une fois, autant y aller directement, mais je l'ai fait en m'amusant », reconnaît-il en riant. S'agissant de Théâtre sans animaux?: « Je vais peut-être ajouter un texte qui ne figurait pas la dernière fois et donner à la pièce une autre dimension en rapport avec l'ouverture d'un théâtre qui frôle les vingt mètres. Je travaille avec un chorégraphe, une scénographe et un vidéaste de manière à ce que, sans faire du spectaculaire, sans que ce soit illustratif ou explicatif, on appuie de manière forte l'univers dans lequel baigne l'histoire. » Une histoire pleine d'absurdités désopilantes qui donnent à penser, et que Beckett, « le maître absolu », aurait sûrement applaudie.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 30/01/2013

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