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Anny Duperey
© Bruno Perroud


La Folle de Chaillot
à la Comédie des Champs-Elysées
En programmant "La Folle de Chaillot" de Jean Giraudoux, la Comédie des Champs-élysées fête en grande pompe son centenaire. Sur scène, dix-neuf comédiens peuplent un décor à la hauteur de cette fête ambitieuse...
Depuis sa création par Louis Jouvet et Marguerite Moreno au théâtre de l'Athénée, un an après le décès de son auteur, acteurs et metteurs en scène parmi les plus talentueux donnent vie à ce texte jubilatoire et plus que jamais d'actualité. Visionnaire et critique, Giraudoux, s'il dénonce, le fait avec distance, tendresse, humour et une certaine poésie. Il s'amuse et nous fait rire. Haute en couleur, La Folle de Chaillot est un tel hymne à la vie que cinéma, ballet et comédie musicale s'en sont emparé sans hésiter.


Didier Long
le metteur en scène


ne suit que ses coups de cœur et la nécessité ludique d'aborder chaque fois des univers théâtraux différents. Il découvre avec bonheur celui de Giraudoux. « Cette pièce fait depuis longtemps partie de mon panthéon ! La langue de Giraudoux est sans aucun doute une des plus belles et des plus personnelles du XXe siècle. Sa force repose sur une poésie à la fois concrète et surréaliste, un humour parfois ubuesque et des caractères extrêmement ciselés. Chaque personnage défend sa logique propre, rêve sa vie et invente ses propres règles pour la supporter ou la magnifier. En dépeignant, d'une part, un petit groupe d'individus sans scrupule à la recherche du profit et qui envisagent de forer Paris pour trouver du pétrole, et, d'autre part, le petit peuple qui décide de sauver les grands équilibres universels et entre en résistance, la pièce, visionnaire, aborde les excès du monde de la finance, l'écologie, la fin des énergies combustibles et résonne aujourd'hui avec une acuité toute particulière. Ce n'est pourtant pas un message didactique qu'elle nous offre, mais une parabole symbolique où la Folle de Chaillot, sorte de Don Quichotte au féminin, défend un monde idéalisé, irréel, et pourtant porteur de vérités qu'elle s'efforce de faire triompher. » Entouré de sa troupe, Didier Long répète, dirige, écoute, définit les enjeux, le sens, le mouvement, les pièges à éviter. Il est là « dans son laboratoire de recherche ». Sur la table, les photos d'un beau et surprenant décor dont nous ménagerons la surprise.


Anny Duperey,
Aurélie la Folle de Chaillot


On se souvient de la magnifique Hélène de Troie qu'elle incarnait, mise en scène par Jean Mercure dans La guerre de Troie n'aura pas lieu. Giraudoux, elle connaît. « C'est vrai, dit-elle en riant, que j'ai déjà une belle pratique puisque ça a duré près de sept ans ! Ça m'est très utile aujourd'hui, car, non seulement Didier est formidable, mais, en plus, je me souviens que Mercure disait toujours : "Giraudoux, c'est la clarté, les images." Effectivement, ça n'est pas tellement psychologique. C'est très curieux à jouer d'ailleurs parce qu'on ne peut pas trop s'investir au niveau du sentiment, bien qu'il y en ait certes à exprimer, mais, ce qui compte avant tout, c'est le texte. Il faut faire en sorte que le public reçoive toutes ces images, que la beauté de la pièce, sa drôlerie aussi, que tout lui parvienne. Des financiers mafieux qui complotent pour aller dénicher du pétrole sous Paris, au mépris de tout, c'est quand même extraordinaire d'avoir écrit ça pendant la guerre ! Et toutes ces formules comme "L'homme a choisi d'être non pas l'habitant, mais le jockey de son globe"... La course... Ça n'est pas une simple boutade quand on y pense ! » La Folle de Chaillot, clocharde sublime, comtesse peut-être, accrochée à son monde de rêve, avant d'accepter de voir la réalité et de se transformer en chef de guerre machiavélique et totalement cocasse ; pas de doute, la comédienne peut endosser le costume ! Comment va-t-elle aborder ce singulier personnage ? « Je pense déjà qu'il faut à la fois aimer les grands textes et posséder des qualités de boulevard pour ne pas rater les effets, les ruptures, et il y en a ! Il ne faut pas non plus oublier que le rôle a été écrit pour Moreno, une actrice qui avait un don de sympathie et qui était une diseuse d'une grande drôlerie, ce personnage haut en couleur, c'était elle. J'y vois la joie, quelque chose de l'enfance perdue, l'énergie, le respect de la nature et des animaux... Les valeurs de la vie, quoi ! Je la comprends bien cette Folle... Mieux! Je me sens tout à fait en accord avec elle!»
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 04/02/2013

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