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© Bruno Perroud


Julia Duchaussoy
chez Feydeau
Elle y interprète la comtesse de Prémilly d'"Occupe-toi d'Amélie". Rôle qui la met en joie, comme la remplissent d'enthousiasme les différentes casquettes dont elle se coiffe: metteur en scène, adaptatrice, productrice ou monitrice de plongée sous-marine.
Au coin du regard, au détour d'un sourire, d'une manière de dire, passent Corinne Le Poulain et Michel Duchaussoy, ses parents. « Bon sang ne saurait mentir », dit le proverbe. De ce bel héritage, la jeune femme acquiert tout à la fois passion et sens des réalités. « J'ai la chance d'avoir grandi dans une famille de comédiens et de voir à la fois le devant et l'envers du décor, celui que j'appelle la magie des coulisses, le travail des costumières, des régisseurs, des techniciens, si dévoués au théâtre ! Je voyais mes parents travailler et retravailler leurs textes, en chercher le sens, l'intonation juste. Dans cet univers, j'ai rapidement pris conscience du côté éphémère de notre métier. C'est ce qui le rend sublime et nous rappelle aussi qu'il ne faut jamais considérer que l'on a abouti à quelque chose. Si l'on commence à se dire : j'ai réussi, on est mal parti ! Ce métier est fait de progression constante, ce qui m'enchante car j'adore apprendre ! Il y a une phrase du Petit Prince que j'aime beaucoup et que j'applique à mon travail : "C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." C'est aussi valable pour nos personnages car, pour les défendre en scène, pour faire passer au public l'affection qu'on leur porte, il faut en tomber amoureux. »

« J'ai appris que, dans notre métier il faut toujours remplacer le mot "difficile" par le mot "passionnant". »


Irène de Prémilly, comtesse austère marquée par les lois du mariage et les codes sociaux de l'époque, découvre un jour que tout peut, dans la joie et la liberté, voler en éclats. Pour Feydeau, pour ses partenaires, pour le formidable travail de Virginie Oudinière, la costumière - « C'est aussi grâce au costume que l'on parvient à trouver son personnage » -, et pour Pierre Laville, adaptateur et metteur en scène « si érudit et possédé par son art », elle n'a qu'enthousiasme. « Feydeau était un être de rigueur d'une inventivité formidable, ses pièces sont écrites comme des partitions musicales. C'est du vaudeville, oui, mais dans tout ce qu'il a d'éclatant et de joyeux. C'est un très bon champagne, qui fait monter en vous l'ivresse dès que, sur scène, vous jouez le texte. » Ne réussit pas à monter Feydeau sans le trahir qui veut, le jouer n'est pas chose facile non plus... « Un de mes professeurs m'a appris que, dans notre métier, il faut toujours remplacer le mot "difficile" par le mot "passionnant". C'est ce que je fais là. Et il est passionnant de travailler avec cette rigueur, cette exigence-là ! » Viendra plus tard le temps de s'échapper vers l'égypte ou la Thaïlande pour retrouver les fonds sous-marins, « où l'on a l'impression que tout est à sa place, où tout est gracieux... », alors qu'elle se coiffe, joyeuse, de sa casquette de comédienne, se reprend au Théâtre Le Temple, et pour cause d'avis plus que favorables, le One Roz Show qu'elle a mis en scène et qui lui est très cher.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 22/12/2012

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