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© Bruno Perroud


Robert Hirsch
joue “Le père” au théâtre Hébertot
En incarnant ce rôle écrit pour lui par Florian Zeller, dont il admire le grand talent, l'aisance et la distinction, Robert Hirsch aborde, enchanté, la rentrée théâtrale.
Afin de se rassurer elle-même et de rendre la vie plus facile à ce vieux père fantasque et imprévisible qu'elle adore, sa fille Anne l'invite à quitter son appartement pour s'installer dans celui qu'elle partage avec son compagnon. Mais c'était sans compter avec quelques détails comico-tragiques qui un jour la pousseront à décider du sens qu'elle souhaite donner à sa propre vie. « Cette pièce, dit Robert Hirsch, m'enchante à la fois pour l'histoire qu'elle raconte, pour les rapports entre les personnages, et pour la manière élégante dont elle est écrite ! Elle est parfois comique, bouleversante, énigmatique... La fin est... Mais on ne va pas dévoiler les choses maintenant !

Mon rôle est tellement riche que c'est un bonheur de se balader dedans ! Comme c'en est un de travailler avec Isabelle Gélinas, remarquable comédienne, belle, intelligente, sincère, que je connais depuis longtemps. Les autres aussi, je n'ai que du bien à en dire ! » Alors que dans la pièce il accorde à sa montre une importance obsessionnelle, quel rapport, lui, Robert Hirsch, entretient-il avec le temps qui passe ?

Je n'ai jamais su ce que je voulais jouer, c'est arrivé comme ça et Dieu merci !


« Moi ? Pffft ! Je n'ai jamais pensé au temps, pas plus que je ne pense à la fin qui approche forcément, je laisse venir... Voyez par exemple, la pièce devait être créée l'année dernière, mais j'ai eu un petit problème de santé. Eh bien, là, je me dis que, au lieu d'être passé, le plaisir on l'éprouve maintenant. Alors, c'est très bien ! » Faire confiance à la vie, voir le bon côté des choses... Une vraie philosophie ? « Oui, oui ! Je ne suis pas spécialement optimiste, mais pas pessimiste non plus. J'ai des problèmes et j'ai connu des drames, comme tout le monde, mais je ne me noie pas dans mes pensées et je ne me botte pas les fesses non plus, j'attends que ça redémarre. »

Ne jamais se battre non plus pour incarner un personnage dont on rêve ? « Non. Je n'ai jamais pensé ou su ce que je voulais jouer, c'est arrivé comme ça et Dieu merci ! » Vingt-cinq ans de Comédie-Française, du boulevard, cinéma, télévision, mais aussi grand amoureux d'opéra, danseur, dessinateur de costumes, de décors, cet immense acteur sait-il tout faire ? « Non, oh, non ! Mais la danse, oui. Avant le Conservatoire, j'avais été reçu à l'Opéra, où j'ai côtoyé cet homme de génie qu'était Serge Lifar. Plus tard, après avoir quitté la Comédie-Française, Béjart, qui avait une passion pour Molière, m'a redonné le goût du travail en équipe en me demandant de jouer et de danser dans son magnifique Molière imaginaire. Ça a été un épisode merveilleux de ma vie, j'ai une immense admiration pour cet homme ! »

A-t-il le sentiment de devoir une telle vie à une personne plus qu'à toute autre ? « A ma mère ! Tout ! » La chance ou le hasard ? « Le hasard. Je ne crois pas à la chance. Je vais vous citer une réplique de Raskolnikov que j'adore, dans la pièce de Gabriel Arout : "Je ne crois pas à la chance, chacun fait ce qu'il a à faire et je le fais." »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/09/2012

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