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Éric Civanyan
© Bruno Perroud


Chambres d’hôtes
au théâtre de la Renaissance
Après le succès de sa tournée provinciale, la pièce de Gérard Rinaldi et Sylvie Loeillet, mise en scène par Éric Civanyan, entend bien faire rire le public parisien.
Famille sympathique, honnête, dotée d'un grain de folie, les Rognoles décident de se lancer sur le marché de la chambre d'hôtes, mais l'arrivée d'un représentant du pouvoir coincé aux entournures ajoutera au délire ambiant. Rien d'étonnant à ce que Gérard Rinaldi ait choisi de quitter ce monde dans un dernier éclat de rire... Quant à Éric Civanyan, également comédien et réalisateur, à peine sorti de Lady Oscar et Piège à Matignon, il monte là une nouvelle comédie contemporaine. "Je trouve que le risque de la création est très excitant. On lit une pièce, on imagine qu'elle va marcher de telle manière, on la monte et elle marche ! Quel cadeau plus merveilleux qu'un éclat de rire ?" Monter une comédie est un art difficile, après l'enthousiasme face à la lecture d'un texte inédit, s'installe forcément le doute...

"La rencontre de deux mondes est un ressort dramaturgique qui marche toujours"

"Ce qui m'a plu d'emblée c'est l'originalité et la loufoquerie qui s'en dégagent et le fait que les auteurs ont beaucoup travaillé sur le texte dans le bon sens du terme. L'intermittent, l'ancien syndicaliste, le financier... Chacun a son code de langage. Mais effectivement ma petite inquiétude à la création était qu'avec ce genre de texte, ça passe ou ça casse et, là c'est passé haut la main ! Les gens entrent dans cette folie. La magie d'une comédie est que le moindre petit décalage, une respiration venue trop tôt, un regard qui se pose trop tard, une tête qui se tourne au mauvais moment, et le rire est perdu. Déclencher le rire nécessite une précision infernale, mais la chance que l'on a par rapport au cinéma c'est que le rythme varie en fonction de la salle. Ce sont les spectateurs qui donnent le rythme définitif. Un soir, on peut avoir une salle pleine très rieuse, un autre, une salle moins pleine et plus retenue. Plus il y a de monde et plus le rire fait boule de neige sans arrière-pensée. Alors que l'on n'a pas besoin d'être dans une salle pleine pour ressentir une émotion face à un drame.

Chaque salle, chaque public a son propre rythme auquel il faut s'adapter. C'est à la fois la difficulté, la magie et la force du théâtre !" Les comédies sont particulièrement appréciées actuellement, quelle est la force de celle-ci ? "La rencontre de deux mondes est un ressort dramaturgique très fort qui marche toujours. Ici, la confrontation entre cette famille loufoque et généreuse, et ce représentant de la finance sans le moindre humour qui peu à peu va oublier sa rigidité, uniquement par l'exemple de ces gens qui vont finir par le toucher et l'amuser. La métaphore est jolie, on a tous envie d'un pouvoir politique un peu plus humain. Et puis le public reconnaît forcément quelqu'un de son entourage parmi les personnages !" Le rôle de Gérard Rinaldi est repris à Paris par Henry Guybet. "Gérard était très heureux de la tournée et n'avait qu'une envie c'est qu'avec ou sans lui on reprenne la pièce à Paris. C'est le plus beau cadeau que l'on puisse lui faire."
Zoom par Jeanne Hoffstetter
Paru le 11/08/2012

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