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Valérie Mairesse et Lionnel Astier
D.R.


Pouic-Pouic
au théâtre des Bouffes-Parisiens
Occultée par le film sorti dix ans plus tard et marqué par l'inénarrable couple Maillan-de Funès, la pièce de Jacques Vilfrid écrite en 1952, retrouve aujourd'hui un second souffle grâce à l'adaptation de Lionnel Astier et Stéphane Pouplard.
Lionnel Astier
et ses trois casquettes

Il signe également la mise en scène et reprend le rôle de Léonard Monestier créé par Albert Préjean. Jamais rejouée depuis sa création, si Pouic-Pouic est de retour sur scène c'est grâce à l'acharnement de deux convaincus. "Stéphane portait depuis longtemps ce projet, puis il m'a passé le relais sur l'adaptation. J'admire l'écriture de Jacques Vilfrid, cet amour qu'il mettait dans ses personnages, son humour, mais pas mal d'intrigues des années 50 ne tiennent plus aujourd'hui, car les codes de narration ont changé. Donc, tout en conservant la mécanique qui est excellente, il a fallu revoir certaines choses et élaguer un peu à certains endroits."

Est-ce une manière de contourner certaines difficultés que d'avoir situé l'intrigue dans les années 70 ? "La transposer de nos jours aurait demandé des aménagements qui n'auraient pas servi la comédie. J'ai pensé que le pétrole et la vérification d'une information étant au centre de l'intrigue, il serait intéressant de situer 'Pouic-Pouic' dans les années 70, au moment du premier choc pétrolier, avant l'arrivée des portables et d'Internet, qui permettent maintenant de vérifier l'exactitude d'une information en deux minutes. Et puis, les gens aiment entendre les musiques de l'époque, en retrouver les actualités, les tenues, les décors !"

Comment mettre en scène ses acteurs dans un tel tourbillon, alors que l'on joue soi-même ? "Il faut déjà avoir un bon assistant et j'en ai une excellente en la personne de Nathalie Grandhomme. Ensuite, je leur ai présenté ça comme une partition musicale, ce qu'est pour moi un texte de comédie. Comme à l'Opéra, jamais un effet de mise en scène ne doit ralentir la musique ! La comédie me paraît le plus difficile des genres, car si nous pleurons tous des mêmes choses, il n'en va pas de même pour le rire."


Valérie Mairesse
est Jacqueline Monestier


"Je suis tellement heureux de la connaître, heureux qu'elle soit là !", dit à son propos Lionnel Astier. Elle aussi est heureuse d'être là, dans la peau de Jacqueline, dans ce théâtre où plane le souvenir de Jean Marais dont petite, elle était amoureuse. Heureuse enfin de n'être plus celle que l'idée de faire du théâtre paralysait, malgré ses débuts dans la troupe du Splendid. "Oui, j'ai fait beaucoup de cinéma car le théâtre me terrifiait, j'avais un tel trac que je ne pouvais plus marcher !

C'est Daniel Benoin qui a su me donner confiance en me faisant beaucoup travailler avant de me mettre en scène à deux reprises dans un Labiche, et dans 'Quadrille' de Guitry à la Comédie de Saint-Étienne. Là, je me suis vraiment éclatée, j'ai adoré le théâtre et plus ça va, plus je l'aime ! Dès la première lecture de 'Pouic-Pouic', je suis tombée amoureuse de Jacqueline, ce personnage plein de bon sens, mais complètement à l'ouest. C'est sa manière à elle d'être heureuse avec son grincheux de mari, dont elle est toujours amoureuse au bout de trente ans. J'adore sa folie douce et sa générosité ! En fait, moi qui ai toujours dans ma vie recherché les raisons d'être heureuse, j'aime énormément jouer les femmes heureuses ! Et puis, j'ai aussi comme partenaire un petit coq et sa doublure, car celui que je tiens dans les bras n'aime pas qu'on le mette en laisse !

C'est rigolo, mais au début je vous assure que ça ne m'emballait pas franchement de jouer avec un coq !" Le bonheur, elle le saisit, mais au fond de ce regard clair semble pourtant se cacher un regret, un rêve plutôt, le rêve d'une rigolote aux pieds bien posés sur terre, mais amputée malgré elle d'une partie d'elle-même... "Disons que oui, bien que ce soit terriblement jouissif d'entendre les gens rire, être acteur c'est aussi avoir envie d'aller vers l'autre côté de sa personne... Au cinéma, mon rêve serait d'arriver à Madame Rosa. Au théâtre... Ce serait 'Qui a peur de Virginia Woolf', car aujourd'hui je suis certaine que je peux le faire. Mais à avoir peut-être trop joué les gourdasses à la radio ou à la télé, je ne suis pas sûre qu'on vienne me chercher pour ça ! Quoi qu'on ne sait jamais... Un metteur en scène qui se dirait : 'Et si j'essayais de lui faire jouer autre chose ?...' Quoi qu'il en soit, je n'ai aucun regret, entre le Splendid, Varda, Oury, Tarkovski ou Molière, j'ai fait de beaux grands écarts !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/06/2012

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