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D.R.


Samuel Labarthe
joue “Pensées secrètes”, avec Isabelle Carré
Entre humour, joutes intellectuelles et observation cynique d'une relation amoureuse, David Lodge parvient à signer une comédie romantique légère merveilleusement servie.
Traduite et adaptée par Gérald Sibleyras, cette création donne à Samuel Labarthe l'occasion de se glisser dans la peau de Ralph Messenger, spécialiste en sciences cognitives, séducteur, jouisseur et cynique. S'il en a certes le charme profond et l'aisance, toute ressemblance entre le comédien et son personnage s'arrête là. Un rôle pour lui moins évident qu'il n'y paraît, à travers lequel il affronte et séduit Helen, venue sur le campus pour donner des cours de littérature après le décès de son mari.

Helen croit en l'immortalité de l'âme, ne supporte pas l'idée qu'un jour la conscience puisse être reproduite dans un robot et confie ses pensées secrètes à son ordinateur, alors que... "Messenger est un scientifique qui ne voit dans la conscience qu'un branchement cérébral cessant de fonctionner avec la mort, et confie ses observations à un dictaphone. La relation amoureuse est aussi pour lui un champ d'observation qu'il livre également très crûment à son enregistreur.

C'est un personnage médiatique recherché pour son charisme et sa capacité à vulgariser le domaine ardu de l'intelligence artificielle. Mais c'est aussi un épicurien, un homme à femmes, un véritable prédateur qu'au départ, je trouvais très antipathique ! Je me suis efforcé de l'apprivoiser en cherchant ses côtés touchants et je me disais qu'avec le travail tout finirait par se décanter, mais il m'a résisté un petit moment !"

"Choisir un rôle est un défi autant qu'une responsabilité"

Huit jours après la première, l'auteur en personne était dans la salle pour applaudir cette création. Samuel Labarthe y exploite merveilleusement les profondeurs d'une âme de Dom Juan plus complexe et fragile qu'elle n'en a l'air, en savourant manifestement l'humour britannique dont il se dit friand.

À peine rassuré face au succès qui s'annonce déjà, il sourit, "C'est ma nature, vous savez, je pense qu'il n'y a pas de création possible sans la notion de doute. Si j'ai la chance aujourd'hui de pouvoir refuser ce qui ne me plaît pas, il n'en demeure pas moins que choisir un rôle est un défi, autant qu'une responsabilité face aux personnes avec lesquelles on partage l'affiche. Mais je crois que tous ensemble nous avons fait du bon travail. Christophe Lidon, avec lequel j'avais déjà travaillé pour 'Soie' d'Alessandro Barrico, a réussi par sa mise en scène à faire un objet théâtral original et j'ai trouvé avec Isabelle une belle complicité. C'est quelqu'un d'adorable dans le travail, d'énergique, de positif."

De son métier de comédien Samuel Labarthe exploite toutes les facettes : lectures publiques, voix françaises, notamment celle de George Clooney, cinéma, télévision et théâtre. "Je n'aime pas ce qui est compartimenté, tout ce qui peut faire travailler nos neurones et nous apprendre à être plus malléable, plus réactif, à trouver plus vite la note juste, est intéressant." Ne manque-t-il pas le chant à cet éventail ? "C'est vrai, d'ailleurs j'aimerais un jour faire une comédie musicale... Mais une belle !"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 22/04/2012

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