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Bruno Perroud


Calamity Jane
au Théâtre de Paris
La légende a la peau dure qui n'en finit pas de passionner historiens, cinéastes, dessinateurs et gens de plume. Sous les traits de Clémentine Célarié l'aventurière prend aujourd'hui possession de la scène théâtrale aux côtés d'Yvan Le Bolloc'h. Alain Sachs orchestre cette épopée.

Et le metteur en scène n'est pas du genre à mégoter, lorsqu'il monte une pièce, il s'en donne les moyens et affronte avec un bel appétit tous les risques que cela suppose. Écrite il y a une vingtaine d'années par Jean-Noël Fenwick (Les Palmes de M. Schutz), Calamity Jane avait tout pour exciter
son imaginaire.


Clémentine Célarié
est Calamity Jane


Interpréter sur scène une aventurière, jouer les vieilles dames, les hommes, elle en avait envie depuis longtemps, mais l'emmerdeuse, comme elle se qualifie elle-même, ne trouvait pas chaussure à son pied. Lorsqu'enfin Alain Sachs, qui l'avait déjà mise en scène dans Madame Sans Gêne, arrive avec Calamity Jane, ça fait tilt. Pour le reste, elle lui fait une confiance totale. Lorsqu'il lui explique sa vision, elle jubile, pantalons et chapeau de cow-boy, flanquée d'une Winchester vraie de vraie, elle chevauchera son cheval, le visage buriné par l'air et le soleil. Un rôle ? Une véritable incarnation ! Elle qui adore "faire les choses à fond, entièrement et totalement", la voilà servie ! "C'est une idée géniale, ce cheval !

C'est mon partenaire principal, mon compagnon, comme le sont mon lit ou ma maison. Car Calamity Jane est une nomade, une femme éprise de liberté, qui veut vivre au milieu des chercheurs d'or, qui parle crûment, comme eux, et qui choisit de ne pas exposer certains aspects de sa féminité, synonyme de sexe dans les esprits, donc de faiblesse. Mais ce qui la rend d'autant plus passionnante, c'est qu'elle est double, homme d'un côté et femme de l'autre, amoureuse de Bill Hickok, mère d'une petite fille dont elle décidera, malgré la douleur qu'elle en éprouve, de se séparer, car elle représente aussi un handicap. Je voudrais dire aussi qu'il est très important pour moi d'incarner aujourd'hui cette femme libre qui représente, mais dans le respect des autres et l'honnêteté, le combat d'êtres humains pour leur liberté."

Tout à l'heure se tournera un clip pour lequel elle se prépare. "C'est très important, car les gens doivent voir à quel point nous sommes impliqués, nous sommes dans le vrai, ils doivent sentir la terre, l'espace, et que, bien qu'ayant tout d'un homme, je suis une femme. Yvan et moi n'avons jamais travaillé ensemble, mais ce qui m'a tout de suite plu, c'est qu'il est le personnage, comme je suis le mien. Il faut que dès le départ ce soit une évidence. Nous sommes douze, beaucoup de comédiens jouent plusieurs rôles, il y a des gueules, une énergie folle là-dedans, c'est quelque chose de flamboyant, voilà ce que j'ai envie de défendre !"


Yvan Le Bolloc'h
est Wild Bill Hickok et Buffalo Bill


Prêt pour le clip, souriant, le cow-boy a fière allure et dit lui aussi le plaisir qu'il a de retrouver Alain Sachs qui l'avait mis en scène dans Les Deux Canards de Tristan Bernard. Aujourd'hui, il s'apprête à jouer les cow-boys, un rêve d'enfant réalisé ? "Non, parce que moi, petit, c'était Géronimo qui me fascinait, j'étais du côté des Indiens qui se faisaient massacrer par ces bandes de cow-boys. En tout cas, je n'ai jamais eu l'occasion de porter un chapeau aussi large !" Tout comme sa partenaire, il n'était guère emballé par les propositions qu'il recevait... "

Je trouvais qu'on s'embêtait un peu et quand on vient s'installer pendant une heure trois quarts sur un siège, il est important qu'on ne sente pas le temps passer. Là, on peut dire qu'il y a du souffle ! C'est une histoire magnifique que celle de cette femme née au XIXe siècle qui, par son allant, ses prises de position, sa façon de vivre, aurait pu naître il y a vingt ans. Elle n'en a rien à foutre du qu'en-dira-t-on." L'histoire avant les rôles ? "C'est peut-être un peu naïf, mais je ne choisis pas une pièce en fonction du rôle que j'y aurai. Dans ce cas précis, me mettre au service d'une telle histoire, d'une telle héroïne, ça m'enthousiasme !

Calamity Jane est un personnage éminemment contemporain, le couple qu'elle forme avec Bill pourrait s'apparenter à celui de Bonnie and Clyde, mais là, ce sont des cow-boys qui passent leur temps à cheval." Des craintes ? "Il ne faudrait pas que les gens s'attendent à voir un western. Ils verront les étapes importantes de la vie d'une aventurière. Pour le reste, il faut avoir confiance. C'est au moment où au bord du vide on dit : 'Vas-y, pousse-moi.' Après, on vole, et voilà !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/02/2012

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