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Thierry Desroses
© Bruno Perroud


Sunderland
Animée d'une rage de vivre et d'une volonté à toute épreuve, Sally est prête à tout pour éviter à la jeune sœur un peu bizarre dont elle a la garde, le retour au Centre pour inadaptés.
Sunderland... Sa pluie, sa grippe aviaire, ses chômeurs et les défaites de son équipe de foot. Du Zola ? Que non ! Français, l'auteur Clément Koch, situe sa pièce dans une petite ville du nord de l'Angleterre. Pays qu'il connaît bien pour y avoir suivi des études, et travaillé. Il y a dans ce spectacle quelque chose de jubilatoire. Pièce, comédiens, mise en scène sont excellents et parfaitement à l'unisson. L'Angleterre évoquée ici n'est pas, on l'aura compris, celle de James Ivory, mais plutôt celle de Ken Loach et du regard bienveillant dénué de pathos qu'il pose sur les plus démunis mis au ban de nos sociétés. À l'instar du cinéaste, Stéphane Hillel parvient à obtenir de ses comédiens un naturel confondant dans une partition pourtant scabreuse. L'enthousiasme qu'ils partagent tous pour le cinéma de Ken Loach ou le Billy Elliot de Stephen Daldry n'est sans doute pas étranger à une telle réussite.


Stéphane Hillel

met en scène

Parmi le nombre de pièces qu'il reçoit, il a sans hésiter une seconde choisi de monter Sunderland. Pourquoi ? "C'était il y a trois ans. Cette pièce m'a tellement embarqué d'emblée, que je l'ai lue d'une traite et j'ai accepté de la monter au Petit Théâtre de Paris. La maturation a été assez longue car je suis plutôt lent comme metteur en scène, j'aime avoir le temps de m'immerger dans les choses." De lourdes charges incombent, on le sait, à Stéphane Hillel à la fois directeur des Théâtres de Paris, acteur et metteur en scène, dont on connaît l'exigence. "Il était essentiel pour moi de réunir une équipe qui fonctionne parfaitement. J'ai fait beaucoup d'essais, quand ça allait d'un côté, ça n'allait plus de l'autre. Et tout d'un coup, les choses se sont mises en place avec la présence d'Élodie et de Constance. J'avais trouvé la chose essentielle : mon petit couple de copines, l'axe central de la pièce ! Du coup, j'ai revu le reste de ma distribution et j'ai fini par trouver ce que je cherchais. Ensuite, il fallait parvenir à ce fonctionnement anglo-saxon, si différent du nôtre et la passion qu'Élodie, Constance et moi vouons au cinéma de Ken Loach nous a aidés. Ma démarche auprès des comédiens a consisté à leur faire oublier notre esprit cartésien en leur supprimant peu à peu les marches psychologiques dont ils avaient besoin pour parvenir à passer dans la seconde de l'émotion au rire ou à la colère tout en évitant le moindre excès." Quant à la mise en scène extrêmement soignée et réfléchie, laissons au public le soin de la découvrir, mais en deux mots : "Ma démarche a été un peu cinématographique, l'idée étant d'attirer le spectateur comme s'il était derrière le trou de la serrure, avant d'entrer dans la famille."

Élodie Navarre

Sally, prête à tout y compris devenir mère porteuse

"À la lecture j'ai pensé qu'il s'agissait de l'adaptation d'une pièce anglaise, tant je retrouvais là tout ce que j'aime. Une histoire prenante et des personnages complètement décalés. Il m'était impossible de passer à côté ! Sally est le genre de personnage qui me bouleverse, elle s'en sort avec la rage du désespoir et j'aime jouer la rage, d'autant qu'elle est ici accompagnée de personnages plus légers et drôles qui évitent à la pièce d'être lourde. Stéphane voulait raconter cette histoire comme on tourne un film et lorsqu'il m'a dit que Constance Dollé jouerait ma meilleure amie, je me suis dit qu'avec une comédienne de cet acabit je ne pouvais pas me tromper ! Effectivement, lorsque nous sommes entrés en lecture, que chacun est arrivé, tout a immédiatement fonctionné." Comment maintenir l'équilibre du début à la fin sans tomber dans le mélo ? Comment parvenir à tant de naturel dans des situations parfois scabreuses ? "Nous avons beaucoup travaillé pour parvenir à jouer l'immédiateté sans jamais entrer dans la psychologie des personnages, comme nous, Français, aurions tendance à le faire. Même les pires choses nous les disons spontanément, en ne réalisant qu'après les conséquences de nos actes. Sally est dans la merde et ne pense qu'à s'en sortir, elle est dans l'urgence et avance sans réfléchir. Ce sont les spectateurs qui réfléchissent pour elle et se demandent dans quoi elle s'embarque ! Il s'agit de mêler désespoir et dignité, rage et solidarité entre les personnages, sans aucun temps pour la réflexion. Mes références c'est Transpotting, Billy Elliot, les
Full Monty, alors avec Sunderland, je suis là où j'ai toujours rêvé d'être. Quelle chance !"

Thierry Desroses

Gordon, un avocat homosexuel en mal de paternité

Le plaisir d'être là dans ce théâtre qu'il adore et dans lequel il avait joué pour la toute première fois, se lit sur son visage... "C'était dans la grande salle, Le Pont des Soupirs, un opéra bouffe mis en scène par Jean-Michel Ribes." Car oui, il sait aussi chanter et danser Thierry Desroses ! "À l'époque, oui, simplement disons que depuis vingt ans je me suis concentré sur la comédie. Mais à l'occasion, je saurais pousser la chansonnette et bouger un peu !" Avocat dans Sunderland, il partage sa vie avec Paul (Vincent Németh). Tous deux rêvent d'élever un enfant et ont sélectionné Sally pour être leur mère porteuse. "Bien que notre partition soit plus restreinte, ce n'est que du bonheur. Tous les personnages sont remarquablement bien écrits et contrairement à ce que l'on pourrait penser au départ, c'est une pièce très optimiste et généreuse. Ça n'est pas évident de croquer le quotidien de tels personnages !" Des personnages plus vrais que nature et en parfaite osmose que nous avons rapidement la sensation de connaître. "Tout ça tient beaucoup au travail de Stéphane qui a voulu traiter la pièce de la façon la plus naturaliste possible, bien que l'on sache que nous sommes au théâtre et que le jeu théâtral n'est pas la vie. Nous avons beaucoup travaillé pour parvenir à ce naturalisme et le garder de bout en bout. Après quatre ans d'absence sur les planches, car j'ai beaucoup tourné, je suis enchanté d'y revenir dans des conditions comme celles-ci !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 04/01/2012

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