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Delphine Rich
© Starface : Toussain


L’Intrus
à la Comédie des Champs-Élysées
Au terme de sa vie, choyé par sa fille, un spécialiste du cerveau est harcelé par les propositions diaboliques et les facéties d'un curieux intrus. Inspirée par "Faust", la nouvelle pièce d'Antoine Rault se penche avec tendresse et drôlerie, sur les préoccupations existentielles qui nous taraudent.

Christophe Lidon
Le metteur en scène

Du classique au contemporain, du drame à la comédie, il enchaîne non seulement les mises en scène, mais également succès et louanges, tout en restant parfaitement discret. Ajoutons à cela sa propre compagnie, ainsi que la direction de l'Action Théâtrale de Champigny ! Derrière l'intelligence du regard se devine une extrême volonté, le sentiment qu'il a de la valeur du travail, l'amour et le profond respect qu'il voue au théâtre, aux auteurs, aux comédiens, à son équipe artistique qu'il ne manque jamais de mentionner. Après Le Diable rouge, L'Intrus lui donne l'occasion de retrouver à la fois Claude Rich et Antoine Rault. À la lecture de cette pièce passionnante, la difficulté qu'il pourrait y avoir à la mettre en scène est perceptible.

"Vous savez, je pars toujours du principe que les spectateurs ont suffisamment d'imaginaire pour se projeter dans des partis pris de théâtre, l'important étant de leur donner les bons codes. En effet, nous ne sommes pas ici dans un univers réaliste, mais dans la tête d'un grand scientifique qui malgré toutes ses recherches et son intelligence n'a pas réussi à trouver la clé du bonheur. Rêve-t-il alors qu'on vient lui proposer de revisiter sa vie ? J'aime cette pièce parce qu'elle a une telle puissance qu'elle me permet d'avoir les mêmes élans que si je montais un opéra. C'est un peu de cela qu'il est question puisque l'on aborde le thème de Faust." Elle va même au-delà ! "Elle va plus loin, oui, puisqu'il s'agit d'un Faust contemporain.

Le pacte est ici presque psychanalytique dans la mesure où l'on ne parle pas du diable, mais d'un intrus, comme un double aperçu dans le miroir. Qui est-il ? Le simple fait de se regarder dans un miroir va ici déclencher l'introspection. Et n'est-ce pas justement la place exacte du théâtre ?" Hormis le délicat travail des acteurs, comment suggérer cette idée d'introspection ? "Nous sommes partis de l'idée d'une architecture mentale suivant l'esprit foisonnant d'un chercheur scientifique. Il y aura beaucoup de représentations de portes, d'escaliers, autant de choses qui indiquent le passage et qui vont permettre au spectateur de déambuler dans un ailleurs... Mais j'aimerais que ma mise en scène n'apporte pas de réponse aux questions que le spectateur se posera, qu'elle lui permette de se positionner selon ses convictions. Quant au travail avec les acteurs, il est encore un peu tôt pour en parler puisque nous n'avons pas encore commencé les répétitions. Bien que nous ayons réfléchi sur les principes, ce n'est qu'à ce moment-là que nous avancerons dans nos recherches. Une chose est certaine : c'est qu'il s'agit pour nous tous (Jean-Claude Bouillon et Chloé Berthier font partie de la distribution) d'un très beau projet !"

Delphine Rich
La fille, la maîtresse, l'épouse

Gracieuse, jolie, elle s'installe et se demande ce qu'elle va bien pouvoir dire alors que le travail avec les autres n'a pas encore commencé. Elle rayonne pourtant du plaisir qu'Antoine Rault lui a fait en écrivant pour elle ces personnages. "Cette pièce me donne l'occasion d'aborder plusieurs rôles à la fois, et j'adore ça ! Elle m'offre également celle de jouer pour la première fois sur scène avec mon père, ce qui est un vrai bonheur."

La pièce ? "Le moins que l'on puisse dire, sans jeu de mots, c'est qu'elle est riche ! C'est une réflexion sur la vie et la mort traitée de manière légère. Il s'agit d'un homme qui va mourir et qui voit resurgir les personnes qui ont été importantes dans sa vie. Je joue sa fille, sa maîtresse et son épouse." Entre rêve et réalité, trois rôles aux antipodes les uns des autres ! "La fille a voué sa vie à son père au détriment de la sienne, elle est auprès de lui et appartient au présent.

La maîtresse est morte à 58 ans, elle est son remords car il s'est mal comporté avec elle. C'est une foldingue qui déboule comme un coup de canon. Je n'ai jamais joué un rôle aussi éloigné de moi et ça m'amuse beaucoup ! Quant à l'épouse - je vais devoir jouer l'épouse de mon propre père ! -, il réalise tout ce qu'elle lui a apporté et dont il n'était pas conscient. C'est une femme positive qui a su composer avec la réalité. En fait, la réalité se mêle constamment au passé resurgissant. Ça va être pour nous un vrai challenge et nous avons hâte de commencer les répétitions !"

Nicolas Vaude
l'intrus et l'esprit d'Henri, jeune

Le comédien se trouve là face à un rôle peu banal et difficile, pour lequel il va devoir faire appel à toute sa subtilité. À l'heure de l'apprentissage du texte, la peur le dispute à l'enthousiasme. "Je suis littéralement happé par l'histoire ! Cette pièce présente des profondeurs insoupçonnées à travers ses différents niveaux, ainsi que des moments magnifiques. Elle est très difficile à résumer, difficile à jouer, et ce qui m'intéresse avant tout c'est de servir l'auteur, de rendre justice à sa pensée."

Qui est l'intrus ? Rien ne semble imposé, à chacun d'apporter sa réponse, quelle serait la vôtre à ce stade du travail ? "Je suis fasciné par l'histoire qu'Antoine a fomentée. C'est vraiment très fort. L'intrus est-il le diable, ou la petite voix qui nous pousse à faire ou ne pas faire les choses, nous approuve ou nous fait des reproches ? Est-ce une sorte de Giminy Cricket, un visiteur surnaturel ? Il ne faut pas perdre de vue que tout se passe dans la tête d'Henri qui est malade mais reste le maître du temps. En revivant ce qu'il a vécu, il déroule un temps nouveau et tout d'un coup se trouve face à quelque chose qu'il n'a pas vécu...

On se demande qui existe, qui n'existe pas, ça me fait penser à Shakespeare, au fou et au roi Lear partis sur la lande... C'est une comédie, drôle, un peu rosse parfois, qui traite de sujets universels. C'est véritablement une pièce d'acteurs. Entre présent et passé Claude Rich et moi changeons nos rôles et nos âges à trois reprises, ça va être passionnant à jouer ! Je suis vraiment heureux et j'ai très, très peur !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/10/2011

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