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© Pascal Perennec


Pierre Jacquemont
“Fantasmes de demoiselles”au Théâtre 14
Le directeur du théâtre et cinéma "Les 3 Pierrots" à Saint-Cloud, que l'on a pu voir l'année dernière dans "Lettres à Lou" de Guillaume Apollinaire, et qui se définit comme un "allumé" du théâtre musical depuis son expérience des Musicomédiens à La Potinière, présente son nouveau "music-hall imaginaire" composé à partir des poèmes de René de Obaldia.
Pour quelles raisons l'écriture de René de Obaldia vous touche-t-elle particulièrement ?

J'ai découvert cet auteur enfant et je suis très sensible à sa manière de plaisanter alors qu'il reste en permanence au bord du désespoir. J'aime aussi les références historiques, religieuses et philosophiques avec lesquelles il joue. Enfin, sa langue a une vertu d'incarnation : elle est faite pour être dite, proclamée. Vous dites une Innocentine sur scène et le texte a une évidence immédiate. J'avais monté ses Innocentines en les distribuant entre deux garçons et deux filles pour créer des joutes verbales, des rivalités, des situations de tendresse, de bagarre... C'était un voyage initiatique comme il n'y avait pas de situation dramatique à proprement parler : l'avancée dans la nuit créait la tension.

Comment avez-vous adapté les Fantasmes de demoiselles pour la scène ?

C'est le même pari : créer une tension dramatique avec des poèmes qui n'ont pas de lien apparent entre eux si ce n'est la quête d'un homme idéal, du prince charmant, la frustration qui en découle, le rêve qui envahit le réel, l'absurde de cette quête... J'ai donc imaginé que l'action se situerait dans un bureau, espace de refoulement, et que les deux femmes et les deux hommes s'évaderaient dans leurs fantasmes tout en étant sans cesse rappelés à la réalité. Ils font un voyage initiatique à travers la nuit. Comme nous sommes dans un music-hall imaginaire, j'ai imaginé un happy end, mais personne n'est obligé d'y croire car la solitude est sur terre plus répandue...

Dans quel univers visuel et sonore la troupe évoluera-t-elle ?

Pour la scénographie, Michel Lebois a imaginé à ma demande des bureaux qui vont rouler, se retourner, s'allumer. Les murs s'ouvriront pour faire apparaître des visions. Pour la musique, Lionel Privat a imaginé des chansons aux mélodies simples mais aux arrangements subtils, ce qui rejoint la dualité de l'écriture d'Obaldia : une forme apparemment enfantine mais en réalité très savante. Les musiques et les bruitages seront réalisés en direct par notre pianiste et notre accordéoniste.

Un mot sur vos partenaires ?

Manon Landowski fut merveilleuse dans les Innocentines : j'aime sa grâce de danseuse classique, son invention, son caractère ardent, sa voix très émouvante. Isabelle Ferron a la folie et le tonus comique que requiert Obaldia. Quant à Laurent Conoir, je suis depuis longtemps amusé par sa fantaisie et sa gourmandise. J'espère que Pierre Jacquemont sera à la hauteur de ses partenaires !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 19/09/2011

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