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D.R.


Daniel Russo
Nommé aux Molière du comédien l'an passé pour "Les Autres" de Jean-Claude Grumberg, il revient sur les planches aux côtés de Samuel Le Bihan et Thierry Frémont dans "Hollywood" de Ron Hutchinson.
Fier de cette nomination partagée entre autres avec Laurent Terzieff et Robert Hirsch, lesquels ont toujours suscité chez lui admiration et respect, il retrouve son ami Daniel Colas, metteur en scène de la pièce dans laquelle il interprète le producteur David Selznick. L'excitation de Daniel Russo est flagrante et communicative, face à l'aventure rocambolesque ayant présidé au tournage du film Autant en emporte le vent. L'un des plus gros succès cinématographiques de tous les temps n'est dû qu'à l'entêtement du producteur pris de passion pour un personnage de roman dont on ne donnait pas cher.

"Entre changements de réalisateurs, de scénaristes, de comédiens, les péripéties qui jalonnent le tournage du film sont impensables aujourd'hui tant elles représentent une perte d'argent considérable. Selznick n'ayant toujours pas trouvé sa Scarlett malgré les noms prestigieux qui auditionnaient, c'est une doublure qui a tourné pour l'incendie d'Atlanta. Victor Flemming a été, lui, sommé d'abandonner le tournage du Magicien d'Oz pour remplacer George Cukor, et c'est en fin de compte à Ben Hecht, scénariste très prisé, qui n'avait pas dépassé la première page du roman tant il le trouvait ridicule, que l'on imposa d'écrire le scénario !"

La pièce raconte ainsi cette semaine folle vouée à l'écriture. 1939 : enfermés dans une salle, trois grands noms du cinéma hollywoodien vont, malgré leurs divergences, tirer de ces 1 300 pages un scénario en l'espace de cinq jours. Selznick et Flemming racontant et mimant point par point l'histoire à Ben Hecht qui n'y comprend rien, mais doit écrire chaque scène dans la foulée. À noter par-dessus le marché que Flemming et Ben Hecht se détestent !

"J'ai reçu un vrai choc en lisant la pièce et en même temps elle m'a fait rire"


"Voilà un producteur qui sans accepter le moindre compromis décide de faire le film qu'il a envie de faire. Ben Hecht considérait ce roman comme un hymne au racisme et refusait d'écrire qu'une Blanche gifle une Noire, ce qui apparaîtra à l'écran pour la première fois ! Cette pièce est d'une richesse inouïe, elle traite de l'intégration des juifs qui, comme les Noirs, n'avaient pas accès aux clubs. Les Goldwin Mayer, les Cukor et autres, malgré leur toute-puissance, ne seraient jamais des Américains.

Elle met aussi en évidence ces problèmes éternels de l'identité et du sol plus que jamais d'actualité. J'ai reçu un vrai choc en la lisant, et en même temps la confrontation complètement burlesque de ces trois géants du cinéma m'a vraiment fait rire. Alors oui, les rôles sont difficiles, fatigants, mais il n'était pas question que je passe à côté de Selznick ! Quand vous pensez que Ben Hecht avait refusé d'apparaître au générique, que Flemming avait exigé d'être payé au forfait parce qu'il prétendait 'reconnaître un bide à l'avance' et que toute cette histoire a donné un film nommé treize fois aux oscars et remportant huit de ces trophées, c'est fou, non ?"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 09/10/2011

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