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© Bruno Perroud


Jean-Luc Moreau
Le texte en majesté
La reprise au Théâtre de l'Œuvre de "L'Illusion conjugale" d'Éric Assous, qu'il interprète aux côtés d'Isabelle Gélinas et José Paul, nous offre l'occasion de rencontrer Jean-Luc Moreau qui assure également la mise en scène de ce bijou théâtral.
Lire... Écouter ce que disent les mots de l'auteur, telle est l'essence de son travail d'artiste. "Je ne suis pas un artiste, mais un artisan qui pratique le mieux possible son métier de passeur. Le seul artiste qui soit est l'auteur qui met à disposition du metteur en scène, de l'acteur - dont l'art plus ou moins habile est celui du singe - des mots difficilement, mais parfaitement assemblés, générant de la sorte une magie mystérieuse capable de provoquer des émotions. Je n'admire pas une mise en scène en tant que création, au sens où je suis admiratif par exemple d'une phrase de Marcel Proust." Un état des lieux... Ainsi débute, tranchante, par la voix d'Isabelle Gélinas, la pièce dont l'intrigue met en scène un couple et son ami embarqués dans un curieux jeu de la sincérité, habillé de suspense. Il eût été facile pour un metteur en scène plus enclin à l'esbroufe d'étouffer le texte sous les velours d'un salon bourgeois. Pour Jean-Luc Moreau il en va autrement. Dans un beau décor immaculé, trois acteurs excellents s'affrontent et se déplacent dans une précision chorégraphique. En cela réside aussi l'intelligence d'une mise en scène : savoir s'effacer derrière un auteur, laissant à la porte son ego.

"Avoir le courage d'être dans l'erreur, d'être faible, est le foyer d'une force considérable"

"Il n'y a en moi ni vision ni principes, seuls les mots me guident. Pour avoir monté les deux, je sais qu'il est aussi difficile de régler une comédie qu'un drame. Aujourd'hui, le théâtre que j'ai envie de défendre est celui qui a du fond, de l'humanité, de la chair, et divertit les gens ; comme celui d'Éric Assous qui est un frère pour moi." Désormais recherché pour son travail et apprécié du public est-il plus libre ? "J'ai parfois le sentiment que ce que je peux penser commence à prendre du poids parce que ma parole est libre. J'ai appris qu'avoir le courage d'être dans l'erreur, de se tromper, d'être faible et d'accepter de ne pas toujours réussir est le foyer d'une force considérable. Mais c'est une façon de penser que notre société fuit !" Six succès parisiens mis en scène par ses soins, au même moment, cela veut dire travailler comme un fou, mais aussi déceptions, jalousies ? "Je vous assure que je n'ai aucun goût pour le monopole, c'est un hasard. Je n'ai pas non plus la notion d'hyper travail parce que je ne suis concentré que sur une chose à la fois, ce qui me donne l'impression de n'en avoir qu'une à faire. Et puis, j'ai une assistante géniale ! Il y a aussi beaucoup de rêverie dans ce que l'on fait, c'est aussi du travail, la rêverie... Pour le reste, les coups tordus, il y en a bien sûr, comme dans les pièces de Shakespeare, j'ai peut-être trahi moi-même quelquefois ? Mais je n'ai aucun ego et suis très avide d'amitiés sincères. Ce que je sais c'est que tous, nous essayons de faire notre métier le mieux possible."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 27/06/2011

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