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©William Goeta


Alex Lutz
Habitué des petites salles comme Le Point Virgule, qu'il adore et égratigne au passage avec affection, ce jeune homme se décide enfin à voir plus large. Bien lui en a pris.
Un public nouveau rejoint ici le clan des adeptes pour applaudir sans réserve la savoureuse galerie de portraits qu'il nous a concoctée. Ni méchanceté ni vulgarité dans le trait, mais un regard aussi aiguisé qu'amusé sur lui-même et le genre humain. Consécration ? Tss, tss... Alex Lutz a les pieds bien trop sur terre et la tête trop bien faite pour plonger les yeux fermés dans ce bain-là. "Oui, ils sont contents, mais je pense que le lieu a son importance autant que nous. Il y a ici un fonds de public aimant et attentif. C'est vrai que j'ai un début de 'notoriétouillette', mais l'idée de la notoriété n'est plus la même aujourd'hui que dans les années 80. La présence dans le petit cercle médiatique, d'une personnalité, n'implique pas forcément que le commun des mortels la connaisse. Il y a là un décalage et une vraie question à se poser ! Je m'en aperçois d'autant plus que je reste toujours très proche de personnes qui ne font pas ce métier et n'appartiennent pas au cercle parisien. Dieu sait pourtant si je me sens parisien maintenant, mais il faut être très vigilant et ne pas tomber dans le panneau dès que ça marche un peu."

"On devrait donner des cours d''autodidactie' à l'école !"

Originaire de Strasbourg, sans avoir suivi le moindre cours, il fait ses premières armes dans la compagnie de Pascale Splengler comme assistant à la mise en scène sur des pièces de Brecht, Jean-Luc Lagarce ou Heiner Müller, avant de monter sa propre compagnie, d'écrire, de mettre en scène et de jouer. "Je ne suis pas sectaire, je suis un énorme travailleur et je sais qu'il faut aussi provoquer les choses. Je me suis vite aperçu de toutes les possibilités qu'offre le théâtre. Ce métier m'a accueilli dès l'âge de 17 ans, grâce à une erreur d'orientation si je puis dire, car j'étais surtout doué pour les arts plastiques. Puis les choses se sont enchaînées, avec de tout petits salaires souvent, mais ça n'était pas grave, j'étais heureux." Au fil des rencontres le voici répétiteur sur un long-métrage. "Il y a une chose dont je parle très rarement, mais que je voudrais dire parce que j'aime cet homme et je lui dois beaucoup. C'est là que j'ai rencontré Bernard Verley qui m'a proposé de venir à Paris faire la même chose sur la série 'Malone'. Une série policière n'était pas forcément mon rêve et je ne me destinais pas à une carrière de coach-répétiteur, mais c'était quatre mois de travail, avec l'occasion de regarder les autres et d'apprendre autre chose." Sur son chemin : Sylvie Joly, Pierre Palmade, des grands dont il éveille l'intérêt et avec lesquels il travaille, avant d'écrire et de mettre en scène son propre spectacle. Autodidacte heureux, Alex Lutz ne ressemble à personne d'autre, son spectacle à aucun autre. "On devrait donner des cours d''autodidactie' dans les écoles !" Son équilibre ? "Ma femme et mon petit garçon. Très vite, dans ce métier aliénant, je me suis aussi rendu compte qu'il fallait se garder une chambre à soi. J'ai mes crayons et mes pinceaux !"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 03/04/2011

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