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© Manuelle Toussaint


La Brigade des tigresses
Elles pourraient, pour occuper leurs après-midi, prendre le thé en craquant pour les derniers modèles. Oui, s'il n'y avait plus drôle, plus coquin et plus excitant... D'autant que ce jour-là, à Neuilly, madame Mère débarque impromptu dans le salon de sa fille... Mises en scène par Éric Hénon, Marion Game, Virginie Ledieu, Laura Préjean et Anjaya s'en donnent à cœur joie autour d'un facétieux Yvon Carpier, "technicien/fantasme"en combinaison Lycra.
Gilles Gressard,
l'auteur

Trente ans de journalisme cinéma, une dizaine d'ouvrages, des émissions de télévision et deux Festivals de cinéma à son actif, ça s'appelle avoir fait le tour du sujet. L'envie le prend donc de tenter l'aventure théâtrale. "Pas une envie, mais un véritable besoin, comme pour toutes ces choses un peu folles que j'ai faites." Un peu folles, comme la manière d'aborder ce sujet un tantinet scabreux ? "L'idée m'est venue en 2006 après avoir lu un entrefilet disant qu'en Suède ces dames se réunissaient pour essayer des 'sex toys'. Alors, je me suis isolé trois mois dans le Verdon et me suis mis à écrire du matin au soir. Puis j'ai repensé à ce que disait Ray Cooney, un maître pour moi : 'Après avoir écrit une pièce, je rassemble quelques amis acteurs et on va faire une lecture dans un trou perdu de la province anglaise pour tester les réactions du public.' Je me suis inspiré de ça, j'ai invité des actrices, des bourgeoises, des intellectuelles, et je leur ai dit : 'N'hésitez pas à m'en mettre plein la gueule, les compliments, je m'en moque pour l'instant.' Elles ont fini par me prendre au mot. Moi j'ai noté, digéré, et retravaillé, d'autant qu'entre-temps, bien des tabous dans ce domaine étaient tombés ! Ensuite, j'ai eu la chance folle qu'une équipe formidable accepte de me suivre dans cette aventure. Quel bonheur, mais quel bonheur !"

Marion Game,
la mère

Présente sur M6, dans la série Scènes de ménages, la comédienne remporte depuis longtemps l'adhésion totale du public. Le "classique boulevardier avec entrées, sorties, et amant sous le matelas", elle l'a partagé sur scène avec les plus grosses pointures, Doris, Galabru... Alors que fait-elle au milieu de ces tigresses qui déclenchent son enthousiasme ? "Je suis une femme de 60 ans affublée d'un mari qui ne la regarde plus. D'où certaines frustrations qu'elle vit avec humour, et qui la poussent à aller chercher un peu de piment ailleurs. Son arrivée inopinée dans le salon de sa fille va mettre le feu aux poudres !" Quelles raisons l'ont-elles poussée à accepter cette aventure ? "Il est vrai que pour moi le théâtre - comme disait Réjane - c'est simple, c'est : 'Si je te parle, tu me réponds.' Dans les phrases de Gilles il y a des virgules, des guillemets, c'est littéraire, ça dépasse le langage parlé banal, ça me paraissait presque un peu snob ! L'écriture est fine et intelligente, sans parler de l'humour. Il faut tricoter les mots, trouver la bonne musique, le bon ton, un peu comme chez Audiard. Quand on y est parvenu, c'est le bonheur ! Ce qui est extraordinaire aussi, c'est qu'avec un sujet assez olé olé, on reste dans l'élégance, ça n'est jamais gras ni vulgaire. On dit des choses énormes, il faut l'avouer, mais sans jamais tomber dans le banal. C'est subtil, joyeux, sans parler de l'aspect exceptionnellement humain qui nous réunit tous. Tenez, là voyez, il me tarde d'arriver à ce soir pour rejoindre le théâtre !"


Virginie Ledieu,
Clémence, infirmière, bio et naïve

Fille de Marion Game dans la vie, sa carrière de comédienne, partagée entre les planches, le cinéma et la télévision, ne connaît pas de temps morts. Elle aussi ne cache pas le plaisir qu'elle éprouve à faire partie de cette Brigade de tigresses. "Très sincèrement, j'avais un peu la trouille au départ, dans la mesure où l'on aurait pu penser que c'est convenu, où l'on aurait pu faire le rapprochement avec les 'Pénélopes', par exemple. Mais ça n'est pas du tout le cas. On est ici dans un univers onirique, presque surréaliste. Mon personnage est un peu en dehors de l'action, bio, zen, légèrement à côté de la plaque, alors, pour l'étoffer, j'ai cherché à le rendre énergique quand même !" Mais attention, elle a beau être bio, s'il y a de l'encens dans la chambre, bon, vous voyez... Elle aime le cul. Ajoute-t-elle dans un éclat de rire. "C'est une pièce difficile à jouer dans la mesure où au niveau de la dramaturgie, ce n'est pas une construction classique. Mais c'est absolument formidable, après les premières représentations de voir combien le public est preneur ! Les gens sont ravis et nous heureux."
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/03/2011

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