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© G.?Speller


Fanny Cottençon
“Plus le chemin est étroit, plus on peut grandir et être libre”
Parce qu'elle trouve l'écriture de Florian Zeller très intéressante pour un acteur, Fanny Cottençon interprète "La Vérité", une brillante comédie sur le mensonge, aux côtés de Pierre Arditi, Patrice Kerbrat et Christiane Millet.
Comment vivre l'adultère lorsque de surcroît votre maîtresse n'est autre que l'épouse de votre meilleur ami ? En appelant tout simplement à la rescousse un cinquième larron : le mensonge. On le sait, la vérité n'est pas toujours bonne à dire. Ce thème cher aux plus grands auteurs de théâtre, Florian Zeller le pousse à son paroxysme. Si le regard peut sembler sombre, la pièce n'en est pas moins joyeuse. Fanny Cottençon est la maîtresse de ce menteur invétéré incarné par Pierre Arditi. Occasion de la rencontrer pour parler de La Vérité, du théâtre, et de ses aspirations. Dire qu'elle est jolie n'est pas un mensonge. Dire encore qu'elle ne mâche pas ses mots, qu'elle défend, elle, la vérité, en veillant toutefois à ce qu'elle ne blesse pas.

Les mots, la musique d'un texte, son sens, Fanny Cottençon les savoure depuis son plus jeune âge, au point que les lectures publiques qu'elle fait, ici et là, sont pour elle une véritable gourmandise. Le théâtre ? Un pur bonheur pour elle, qui soigne encore sa timidité. "C'est un métier de challenges, mais il est beaucoup plus facile de s'exprimer avec les mots des autres. Je trouve que l'on n'est jamais aussi présent dans la vie que sur scène. On est à l'abri d'un personnage et, pourtant, on est là. C'est curieux n'est-ce pas ?" "Et puis, vous vous rendez compte, plaisante-t-elle, tout le monde se tait pour vous écouter !"

À l'heure des répétitions, le trac est là. "À ce stade, on ne sait pas encore tout à fait où l'on va, ce n'est que lorsque le chemin vous traverse le corps, que l'on sait. Au théâtre, plus le chemin est étroit, plus on peut grandir et être libre. Quand les voies sont tracées, le trac change de visage et laisse place au Grand Rendez-vous du soir qui vous poursuit toute la journée jusqu'à l'arrivée sur scène. C'est agréable et rassurant ce rendez-vous, mais il représente une vie un peu monastique et quelle énergie, il suppose ! Pierre, qui est une force de la nature, vous dirait sans doute autre chose, chaque comédien vit ça à sa manière... Antonin Artaud disait 'Les acteurs de théâtre, ce sont des athlètes du sentiment.' Eh bien, c'est ça ! Moins que les chanteurs d'opéra, mais quand même !" Comment aborder La Vérité ? "Le théâtre français est souvent bavard, Florian, lui, ne l'est pas, il a une musique très particulière, en creux, mais en même temps très efficace ! Cette musique, il faut la suivre, c'est très intéressant à travailler. Là, c'est aussi difficile que drôle." Pour avoir magnifiquement interprété Rakel dans Après la répétition de Bergman, elle se sent mûre pour d'autres univers et rêve de jouer la mère de La Mouette, ou Blanche d'Un tramway nommé désir. "J'arrive à un âge où je peux jouer des personnages comme ça, un peu cassés. Et j'aimerais beaucoup le faire avec de grands metteurs en scène, de ceux qui ont un vrai point de vue, à l'instar de Patrice Kerbrat."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 08/05/2011

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