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Bénabar
© Levillain Kovalsky


Quelqu’un comme vous
Sur une plage déserte, deux hommes qui ne se sont jamais rencontrés engagent la conversation. Mais, contrairement aux apparences, le hasard n'a pas sa place entre eux.
"Quelqu'un" s'adresse à "Quelqu'un d'autre"... Un homme d'affaires, un homme de main... Échange de politesses, de points de vue, de bons procédés, de coups... ? "Un échange, on croit savoir comment ça commence, on ne sait jamais comment ça finit", dit Fabrice Roger-Lacan, l'auteur. Jacques Weber et Bénabar, mis en scène par Isabelle Nanty, se livrent à une joute cynique. Deux monstres, deux forces tranquilles, deux mondes et un secret qui attend son heure...


Isabelle Nanty

Pour avoir coécrit plusieurs films avec lui, monté plusieurs de ses pièces comme Cravate Club et Irrésistible, elle connaît bien et apprécie l'auteur dont "l'écriture l'épate toujours". Isabelle Nanty se réjouit également de retrouver au Rond-Point où elle fit ses débuts, Jacques Weber, qui avait accueilli ses premières mises en scène au Théâtre de Nice, et que plus tard, elle dirigea dans deux pièces de Labiche. Bénabar, enfin, avec lequel elle a tourné un film et dont elle dit : "C'est quelqu'un qui joue, qui aime les mots, et pour qui l'a vu chanter, est un monstre de scène !" Pour autant, elle s'inquiète comme jamais. "Quand on joue, on reçoit beaucoup, on se régénère tous les jours, alors que lorsque l'on met en scène, on se vide complètement. Il est vrai que dans ce domaine, je ne suis pas une mercenaire, j'aime que le moment soit privilégié, qu'il soit choisi. J'espère que les conditions réunies autour de ce spectacle me conduiront à retrouver l'innocence, les origines de mon envie !" Se mettre en état de candeur est pour elle primordial pour aborder ce travail ainsi, pour éviter de devenir "trop technique", elle choisit d'espacer ses mises en scène. "Je pense qu'il faut se mettre un peu en état de candeur, d'innocence, je veux être dans cette joie-là." La conversation avec Isabelle Nanty s'éloigne rapidement du paraître et du convenu. On l'imaginait primesautière, elle se révèle sur l'humanité bien pessimiste, "Nihiliste", va-t-elle jusqu'à dire. "Je suis heureuse dans ma vie, j'ai la chance d'avoir une famille, un enfant, des amis que j'aime, mais je connais les limites de cette relative harmonie. Regardez, ce que les hommes ont mis des millénaires à bâtir, il n'aura fallu à notre société de consommation, à notre égoïsme, que cinquante ans pour le détruire. Et tout se passe comme si l'on se mettait en état d'ivresse pour n'en avoir plus conscience. Sans parler de l'appauvrissement intellectuel qui s'ensuit." Pourtant... "Il faut continuer à croire au rapprochement, au partage possible, le théâtre permet ça, comme le disait Jouvet : 'Il ne peut y avoir de représentation théâtrale, sans tendresse et mutuelle affection.'"


Bénabar

Auteur-compositeur-interprète récompensé par trois Victoires de la musique, Bénabar, s'il n'ignore rien de la scène, aborde pour la première fois le théâtre. "Isabelle, avec laquelle j'ai fait un film, m'a proposé ce projet. Le texte m'a plu immédiatement et le théâtre bien qu'effrayant pour un débutant, est un domaine magique, très excitant. C'est un fantasme, quelque chose que l'on ne recherche pas forcément, par manque d'audace peut-être... Il suppose en outre une grande implication et une énorme discipline sur une longue période." Face à une telle proposition, il jette cependant les dés. La pièce ? La joute avec un acteur de stature imposante, au sens propre comme au figuré ? "J'aime le ton de la pièce, profond sans toutefois le laisser paraître, ce ton souvent amusant, alors que le sous-texte n'est pas forcément joyeux. Il y a une véritable ambition dans ce texte, ainsi que de notre part à tous les trois, mais il y a également la volonté de divertir. Moi, bien que j'adore les spectacles intellectuels considérés par certains comme un peu barbants, je me sens très à l'aise dans cette joute oratoire entre deux personnages qui s'apprivoisent, se respectent et s'affrontent. Bien que l'on parle social et politique, il ne s'agit pas du tout d'une pièce militante. J'aime ce genre de chose. Quant au 'casting', c'est très ambitieux de ma part, mais, sans parler de mon talent supposé, je le comprends, ne serait-ce que par l'opposition de nos physiques qui peut signifier quelque chose." Il touche du bois, malgré l'apparente assurance, l'inquiétude le dispute à l'enthousiasme. "Une telle pièce, Jacques, Isabelle, le Rond-Point... Il ne faudrait pas que je sois le maillon faible ! Les acteurs sont interchangeables, alors il faut travailler, s'acharner et se dire que l'on est la bonne personne. Il faut avoir cette petite prétention !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 21/03/2011

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