Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

Olivier Marchal
© Mirco Magliocca


“Pluie d’enfer”
Gros succès à New York, la pièce de Keith Huff arrive à Paris adaptée par Alexia Perimony, et Benoît Lavigne qui en signe également la mise en scène. Bruno Wolkowitch et Olivier Marchal reprennent les rôles de Daniel Craig et Hugh Jackman.
Olivier Marchal
Ils avaient pourtant bien décidé que l'on ne les y reprendrait plus à jouer les flics, que c'en était terminé, qu'ils avaient tout donné. Seulement voilà, cette histoire très sombre d'amitié et de descente aux enfers, ce polar fulgurant peu habituel au théâtre, ça vous prend au collet. Lecture faite, Olivier Marchal, l'ancien flic de la brigade criminelle, auteur et interprète de petits joyaux du genre, dit banco ! "La pièce est vraiment belle, noire et bouleversante. Elle met en scène deux flics amis dans la vie, qui, par un concours de circonstances, se retrouvent dans une spirale infernale. J'avais envie d'y aller, mais avec quelqu'un que je connais bien et que j'apprécie humainement. Il se trouve que mon copain Bruno et moi avions depuis longtemps envie de jouer ensemble." Entre tournage, montage de son prochain film (consacré au gang des Lyonnais) et vie de famille, Olivier Marchal est sur le pont dix-huit heures par jour. Il n'était donc pas question pour lui de s'engager à la légère dans une aventure supplémentaire. "Ce qui m'a touché dans ce personnage, c'est qu'il a reçu toute la violence à laquelle il assiste en permanence. Il a pris et gardé en lui des années de violence et de chagrin. Tout ça, ce n'est même pas que ça sent, c'est que ça pue tellement le réalisme ! C'est le premier texte, avec ceux d'Ellroy, de Joseph Wambaugh, et de Connelly, qui me parle vraiment de la réalité de ce métier. C'est aussi pour moi l'occasion de prolonger un peu sur les planches ce que j'ai essayé de montrer dans mes films." L'abandon de sa propre personne, l'oubli de ce que sont une vie normale et la société, les nuits sans femmes et sans amour parce qu'on n'est plus capable de partager quoi que ce soit, que l'on ne trouve d'apaisement que dans l'alcool, il a connu, donné et raconté. Alors... Tourner définitivement le dos aux flics et aux voyous avec un véritable exercice de style, un énorme pari, puis réaliser un film de cape et d'épée avant de passer à une histoire d'amour... De quoi oublier la fatigue et "La hantise du jour où je pourrais me casser la gueule". Quant à retrouver les classiques : "Ah je rêve de jouer Don César de Bazan dans 'Ruy Blas', même si je commence à être un peu vieux pour ça !" Un bon Boulevard ? "J'adorerais ça !"

Benoît Lavigne

Grand écart, sa dernière mise en scène, a recueilli les faveurs du public. En 2009, Baby Doll ne comptait pas moins de sept nominations aux Molière, "Une belle aventure partagée avec Xavier Gallais, un ami de longue date, et un coup de foudre absolu pour Mélanie Thierry !" Ce qui le touche chez un comédien ? "Sa vérité, sa folie. J'aime les acteurs qui ont un corps, un engagement physique, une sincérité et une humilité dans le travail..." Il évoque Laurent Terzieff pour lequel il avait une véritable vénération, "Cet immense homme de théâtre, son engagement, son exigence et sa simplicité." Lui aussi travaillait souvent sur ce théâtre anglo-saxon qu'aime Benoît Lavigne. Cette nouvelle pièce ? Alexia Perimony qui l'avait vue à New York, la lui fait lire, il accroche, le reste ne traîne pas. Les droits repris, ils traduisent et adaptent le texte, la direction de La Pépinière est emballée, le projet se monte. "La pièce est excitante pour moi parce qu'elle est assez compliquée entre des moments d'adresse au public, de l'action, des flash-back... C'est un puzzle diabolique remarquablement écrit et construit, avec deux rôles intenses et sublimes. Le travail va être passionnant et très enrichissant avec de tels acteurs !" Bien que ça n'ait, en rien, à voir avec Grand écart ou Baby Doll, peut-on d'une pièce à l'autre, retrouver certaines thématiques ? "Oui, il y en a forcément que j'aime creuser, comme le désir, la solitude ou la mort. Et puis, comme souvent avec les pièces américaines le fait de pouvoir rire et pleurer à la fois. Il y a toujours quelque chose de très charnel, de sanguin, de physique, dans les spectacles que je monte." S'il fut un temps - très court - comédien, Benoît Lavigne est attiré par la mise en scène, et décide avec Fabrice de La Villehervé de monter une compagnie : Les Saltimbanques. "Passer des auditions, attendre le désir des autres, non. Je préfère essayer de concrétiser mes projets, et puis, sincèrement, je n'étais pas un grand acteur. L'art dramatique a gagné, je crois à ce que je passe de l'autre côté !", dit-il en riant !
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 18/02/2011

-
Haut