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© Bernard Richebé


Francis Nani
en son Palais-Royal
Il est sa fierté, la source de ses angoisses parfois, mais toujours son immense bonheur, ce beau théâtre qui depuis vingt ans est le sien et sur lequel il veille avec amour.
"Mon bureau est en travaux, mais nous serons tranquilles au foyer." Le calme et la beauté des lieux semblent ralentir ici le rythme du temps. Bonheur absolu. L'amour de Francis Nani pour son théâtre, pour LE théâtre est si palpable... Sans relâche, il travaille à lui conserver son prestige, car il en a tant et tant vu depuis sa naissance au siècle des Lumières... "C'est ma maison, ma danseuse, mais ça coûte beaucoup plus cher ! Être directeur de théâtre ne veut pas dire gagner de l'argent, mais seulement essayer de ne pas en perdre. C'est un sacerdoce et nous l'acceptons par amour." Au début de cette histoire étaient trois mousquetaires âgés de 20 ans, Francis Nani, Christian Azzopardi et Francis Lemonnier. Amis et comédiens de formation classique, ils ont la passion et le sens des affaires, achètent Le Coupe Chou, un petit restaurant, l'un au four, les autres au moulin dès minuit sonné. Comédiens et célébrités s'y retrouvent, la réputation franchit les frontières, l'argent entre. Francis Nani poursuit parallèlement une belle carrière de comédien. Les années passent, deux théâtres, Les Variétés et le Palais-Royal, sont à vendre, ils achètent puis revendent le premier à leur ami Belmondo. En 1998, Francis Lemonnier disparaît, victime d'un cancer, Christian Azzopardi s'investit surtout au Coupe Chou dont on fête les 50 ans, Francis Nani veille sur le Palais-Royal.

"Je voudrais vivre aussi vieux que Jeanne Calmant et mourir ici"


"J'ai 75 ans, et je passe dix heures par jour ici, je voudrais vivre aussi vieux que Jeanne Calmant et mourir dans mon théâtre ! Ma plus grande joie est de voir les gens debout, heureux, applaudir un spectacle comme en ce moment 'Le Technicien'. À mon âge, je n'ai plus besoin d'argent, alors, dès qu'un gros succès me le permet, j'investis dans des travaux : les peintures, la façade restaurée par de vrais artistes, des toilettes neuves, l'électricité, tout est refait. J'ai même changé les fauteuils car le confort est essentiel." À partir de quand peut-on parler de succès aujourd'hui ? "Tenir une saison. Ici, il y a 700 places et pour amortir une pièce il faut cent représentations. Heureusement que les théâtres privés alimentent un fonds de soutien en reversant quelque chose sur chaque place vendue pour pallier un échec ! En vingt ans, j'ai eu trois ou quatre bides et six ou sept très gros succès. Avec les autres pièces, je n'ai ni gagné ni perdu. Mais dites bien qu'il y a des tas de petites salles sans licence ni sécurité où les jeunes comédiens ne sont pas payés et ça, c'est honteux ! Comédien c'est un métier ! D'ailleurs à partir de septembre, j'ai décidé de prêter ma salle les jours de relâche à de jeunes compagnies, après audition. Ce sera porte ouverte." Cette dévotion, les risques qu'il n'a cessé de prendre, lui valent en 2007 d'être fait commandeur dans l'ordre des Arts et Lettres. "Madame Albanel était venue ici, la salle était pleine, j'étais très honoré et heureux !"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 07/03/2011

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