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D.R.


Francis Perrin retrouve Jean Anouilh
à la Comédie des Champs-Élysées
Il avait un peu pris ses distances avec le théâtre, mais voilà, comment résister à l'appel de Léon, héros du "Nombril", ultime pièce de Jean Anouilh ?
Il arrive tout sourires, visiblement heureux, et le retrouver le temps d'une conversation est toujours un plaisir. Du classique au contemporain, qu'il joue, qu'il monte une pièce, rédige un ouvrage, dirige un théâtre ou un festival, il a tant donné à ce monde-là épousé dès l'enfance, que l'envie de changer le tire par la manche et l'entraîne du côté des caméras où la palette d'emplois qui lui est proposée est aussi alléchante. Cinéma ou télévision, il change de tête, de costume et d'époque avec autant de gourmandise que d'agilité. "Mais c'est ça le comédien ! Se transformer en paysan normand du XIXe ou en commissaire venu interroger Bernadette Soubirou en 1855 avec une tête à la Napoléon III... Je m'amuse !" Et pour s'amuser davantage encore ce passionné d'histoire vient d'achever un livre de plus, Le Bouffon des rois, édité chez Plon. "C'est la vie de Triboulet, bouffon de François 1er, que j'ai beaucoup romancée. Je me suis régalé à traiter ce personnage dont parlait Victor Hugo dans Le roi s'amuse et Verdi dans Rigoletto. Mais en faisant mes recherches j'ai découvert avec horreur que non seulement il avait été le bouffon de François 1er pendant vingt et un ans, mais, ce que j'ignorais, pendant quinze ans celui de Louis XII, le seul roi à avoir baissé les impôts ! Vous vous rendez compte !" Le rire fuse, l'œil pétille, on se rend compte en effet de la somme de travail que déploie, tout en s'amusant, Francis Perrin l'infatigable.

"Je me suis dit : 'Si tu n'acceptes pas un tel rôle, c'est que tu es un gros imbécile'"

Le théâtre n'entend pas pour autant le laisser s'amuser ailleurs trop longtemps. Anouilh et Michel Fagadau viendront à bout de sa résistance. "Je vais vous dire une chose : moi, je crois beaucoup aux signes. Pour mon dernier spectacle en tant que directeur du théâtre Montansier j'avais monté Ne réveillez pas madame. Anouilh est un des plus grands auteurs de théâtre, il suffit de voir les caractères, les personnages... Comme dans Molière, il y en a pour tout le monde ! Alors lorsque Michel Fagadau m'a dit qu'il s'agissait du Nombril, je me suis dit : 'Oh, la, la, un rôle comme ça tu ne peux pas passer à côté !' Deuxième signe : je tombe dans ma bibliothèque sur l'exemplaire original de la pièce, dédicacé par Jean Anouilh à Bernard Blier avec lequel j'étais très lié, et qui avait créé la pièce il y a trente ans. Je l'avais vue six ou sept fois ! Enfin, la Comédie des Champs-Élysées est un théâtre que j'adore et qui me porte chance. Ça fait quarante-quatre ans que je marche comme ça, avec le cœur, avec mes envies, mes pulsions et mes petits signes qui me disent : 'On t'envoie ça, il faut le faire et si tu ne prends pas c'est que t'es un gros imbécile !'" Dans Le Nombril Anouilh, par le biais de Léon, fait un constat lucide sur sa vie, les femmes l'amour, la médecine et le théâtre. "C'est une pièce testament étincelante, drôle, et ça tape dur ! C'est un rôle en or ! "
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 21/02/2011

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