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© Moira Seaton


Pierre Richard
au théâtre de la Pépinière-Opéra
De leur ouvrage "Franchise postale" paru au Cherche Midi, Pierre Richard et Christophe Duthuron font un spectacle où se côtoient drôlerie, gravité et férocité. L'un joue, l'autre met en scène.
La mélancolie, le vedettariat, la politique, le cinéma, la grosse tête... Treize thèmes sur lesquels Pierre Richard avait envie de s'exprimer, abordés sous forme de fausses lettres d'admirateurs auxquelles il répond. Occasion pour lui d'évoquer de vrais souvenirs. Comment est née l'idée de ces lettres ? "En fait, on ne pensait ni à un livre, ni à un spectacle. Mais j'ai un réservoir de personnes, de situations ou de petites frustrations que j'ai connues. Je racontais ça à Christophe avec le regard amusé que j'ai sur toute chose et ça le faisait rire. Alors, on s'est mis à écrire, sous sa plume ça devenait encore plus drôle. Finalement, c'était comme une partie de ping-pong qui a duré quelques mois. Lorsqu'elle a été terminée on s'est dit : 'Qu'est-ce qu'on fait des raquettes et de la table ?' Dans la vie je n'ai jamais d'objectif. Anticiper c'est un peu comme si on m'offrait mes cadeaux de Noël déjà ouverts en m'ôtant la joie de défaire la ficelle et d'enlever le papier !"

"Je ne suis pas angoissé,
je suis un pessimiste joyeux"

Sur scène, Pierre Richard, accompagné en alternance d'un de ses deux fils musiciens, déroule avec une énergie formidable le fil cocasse de ses réflexions, entraînant sans effort le public au pays du rire et de la joie. Encore tout au bonheur de la représentation de la veille il admet : "Il faut bien dire que je fais ça pour mon plaisir, et que depuis un certain temps je n'ai plus l'impression d'aller au combat. J'ai signé l'armistice. Tout ce qui m'arrive maintenant n'est que du bonheur ! Mais je vous assure qu'à la fin j'ai plus chaud que si j'avais fait une heure et demie de tennis !" En pleine forme et heureux Pierre Richard possède une indéniable qualité, "je reconnais le bonheur quand il est là et non lorsqu'il s'en va. Je le savoure au présent, ce qui fait que je me lève heureux en me disant : 'Que c'est bien la vie !' Hier soir, j'étais au trente-sixième dessus, l'euphorie me gagnait au cours du spectacle. Le théâtre vous apporte une réponse directe à ce que vous faites. On n'a pas ça au cinéma." Ce "paresseux qui travaille beaucoup", aime donner, dit-il en souriant, un peu de nourriture à sa paresse dès qu'il le peut. "Elle se plaint lorsque je me suis détourné d'elle trop longtemps et me dit : 'Occupe-toi de moi, allons faire le lézard.'" Alors il s'exécute, prend sa paresse par la main et l'emmène en voyage, ensemble ils font des rencontres de hasard, ils aiment prendre le temps d'écouter les gens, mais pour ça, il ne faut pas avoir d'emploi du temps. Le cinéma parfois le permet, ainsi ce film qu'il vient de tourner avec Guy Bedos, Claude Rich, Jane Fonda, Géraldine Chaplin : Et si on vivait tous ensemble ? "En attendant le plan, assis au bord du trottoir on se disait : 'Qu'est-ce qu'on est bien ensemble !'" Pierre Richard ? "On dit que les clowns sont tristes, les comiques angoissés, moi ? Je ne suis pas angoissé, je suis un pessimiste joyeux."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 08/12/2010

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