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© Bruno Perroud


Thierry Lhermitte
au théâtre de la Madeleine
Aux côtés de Valérie Karsenti et François Feroleto dont il souligne le talent, il interprète Grand écart de l'Américain Stephen Belber, dans une mise en scène signée Benoît Lavigne.
Happé et gâté par le cinéma, il en oublia les planches durant de longues années. En 2007, surprise ! Quelle mouche le pique ? Quel désir le pousse ? Il prend tous les risques et joue aux côtés de Sylvie Testut Biographie sans Antoinette de Max Frisch, mis en scène par Hans Peter Cloos... Sacré défi ! "Oh la, la ! Vous ne pouvez pas imaginer comme ça a été difficile ! Mais l'année suivante nous sommes partis en tournée, et là, c'est devenu un grand plaisir car le recul permet de redécouvrir la pièce et de mieux savoir ce qu'on joue. On parvient à dominer l'histoire qu'on raconte, on sait où elle nous conduit. Honnêtement, lorsqu'on démarre une pièce que l'on n'a jamais jouée, on a en tête la scène qui vient, puis la suivante, puis la suivante encore. Moi, en tout cas, je ne vois pas d'emblée le bout du chemin."

"Sous le texte il y a le sens, au bout duquel il faut aller pour bien jouer "


Des affres de l'acteur nouveau il reprend pourtant cette année une dose, sous la direction de Benoît Lavigne. L'histoire est celle de la rencontre entre un ex-danseur, chorégraphe, devenu professeur de danse, et un couple venu l'interviewer. Mais ceci n'est que la surface de cette comédie, laquelle prendra des chemins inattendus. "J'avais beaucoup apprécié l'année dernière le travail de Benoît Lavigne sur Baby Doll. C'est une chance qu'il m'ait proposé cette pièce, je l'ai tout de suite adorée. Elle est émouvante, originale, très amusante, comme le personnage que j'incarne qui se découvre une véritable passion pour l'enseignement lorsque qu'il ne peut plus danser. Il est convaincu que c'est par la rigueur et le travail que l'on atteint la liberté." Toute passion ayant un coût, les choses ne sont cependant pas si simples. Qui perd gagne, qui gagne perd aussi. Et l'auteur de s'interroger sur la famille. Quelle famille ? "Les artistes sont souvent passionnés par leur métier et n'accordent pas beaucoup de temps à leur famille. Leur famille est plutôt celle qu'ils se créent à travers leur travail." Un rôle qu'il endosse en se souvenant de la passion qui animait son professeur Tsilla Chelton. Pour le reste, la densité du texte à apprendre n'est pas la principale difficulté. "La difficulté est la même pour tous les rôles, ce n'est pas tant la mémoire que celle de bien jouer, car sous le texte il y a le sens, au bout duquel il faut aller pour y parvenir. Jouer, expérimenter, c'est là le rôle des répétitions qui sont fatigantes mais que j'aime beaucoup." Concentré et heureux "de savoir un peu mieux faire son métier qu'avant", il évoque en souriant la période durant laquelle avec ses ex-copains de lycée, tous devenus célèbres, il joue dans l'inconscience totale, la comédie. Le hasard a donc bien fait les choses en conduisant sur les planches l'adolescent qui ne songeait pourtant pas au théâtre ? "Bien ou pas, je n'en sais rien, mais il les a faites !", conclut-il en riant.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 28/11/2010

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