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Davy Sardou
© Bruno Perroud


Léocadia de Jean Anouilh
Amanda, jeune modiste arrive malgré elle chez la duchesse d'Andinet-d'Andaine pour y occuper un emploi dont elle ignore tout et qui lui réservera bien des surprises ! Au bras de personnages écorchés par la vie, la fantaisie conduit le bal et Geneviève Casile, entourée d'une jolie distribution, mène la danse.
Thierry Harcourt
met en scène


Entre Londres, où il vit, New York, la France et la Bulgarie, il joue ou met en scène pièces de théâtre et spectacles musicaux. Au milieu d'un agenda qui ne laisse aucune place aux temps morts s'inscrit donc Léocadia. "Les Bulgares m'avaient demandé de monter Le Bal des voleurs. Quelle merveille ! Du coup, revenu en France je me suis acheté les œuvres complètes ! Il y a dans Léocadia une sorte de magie qui raconte le théâtre même. Lorsque la duchesse engage tous ces gens pour recréer un monde, elle organise une véritable mise en scène pour faire comprendre à son neveu que tous ces masques vont, plutôt que de le perdre, l'aider à se retrouver. On est là dans la féerie de la vie et c'est ce qui m'a immédiatement inspiré." Après avoir travaillé sur le décor et les costumes, Thierry Harcourt va aborder les répétitions. Tout en ne tarissant pas d'éloges sur ses interprètes, il explique : "J'ai des idées assez précises, j'aime que les choses soient très réglées, mais mon travail est un travail d'équipe, sinon ce n'est pas intéressant. Pour Léocadia, il me vient des images d'Alice au pays des merveilles, ou des séquences de rêve d'Un Américain à Paris. Mais il y a aussi chez Anouilh quelque chose d'assez noir qu'il est inutile de souligner à travers la mise en scène car c'est déjà dans le texte. Ensuite... Il faut laisser la porte ouverte à l'imaginaire du public. Notre travail ne consiste pas à imposer, à expliquer. Lorsque la pièce, comme c'est le cas ici, est de la véritable orfèvrerie, il faut la suivre. C'est cette rigueur-là qui donne une liberté absolue ! Ce que je souhaite toujours c'est que les pièces puissent se jouer cinq ans d'affilée et que les acteurs y trouvent jusqu'au bout la même fraîcheur, le même plaisir."


Geneviève Casile
est la Duchesse


Elle avait, en 1996, joué Colombe aux côtés de Jacques Dufilho et se souvient avoir vu Léocadia avec Edwige Feuillère, Lambert Wilson, Sabine Haudepin. À l'approche des répétitions, elle se réjouit déjà à l'idée d'interpréter cette duchesse. "C'est un personnage extrêmement amusant car, à partir du moment où nous sommes dans l'extravagance, beaucoup de choses sont permises. À condition toutefois de ne pas dépasser les limites, au risque de tomber dans la caricature !" Précisément, cette tentation fait-elle de la duchesse un personnage délicat à aborder ? "L'affaire n'est pas si facile, c'est vrai, mais les situations sont si cocasses et la poésie qui s'en dégage sont telles, que la pièce est particulièrement... juteuse, si je puis dire et que j'ai très, très envie de la jouer." Pour tenter de guérir son neveu d'un chagrin d'amour la comtesse fait revivre dans le parc de son château les lieux qu'il fréquentait avec Léocadia avant qu'elle ne décède accidentellement. "C'est totalement extravagant ! Rien que le nom déjà est rigolo : D'Andinet-d'Andenne ! Et tout ce monde qui l'entoure : son mari décédé auquel pourtant elle s'adresse sans arrêt par distraction, Hector, son cousin, n'est pas mal non plus ! Et ce garçon sans arrêt à deux doigts du suicide, éperdument fou du souvenir de cette femme qu'il a idéalisée... Puis, la jeune Amanda, censée le ramener à la vie. Un très beau personnage Amanda, à l'opposé de tous les autres car il est dans le concret." Anouilh a une qualité essentielle pour un auteur : celle de penser, en écrivant, que des acteurs vont dire ses textes... "Ah oui, oui ! Il savait les servir c'est indéniable, on le sent à travers la lecture. Il avait aussi le sens de la technique pour mettre en valeur une pièce, et ses personnages jusqu'au plus petit rôle, sont parfaitement construits. Nous n'en sommes qu'aux préparatifs et je peux déjà dire que je suis ravie de ce personnage dont la palette est très appétissante ! La pièce a tout pour plaire et cette équipe aussi !" "Maintenant", ajoute-t-elle en riant, "il ne reste plus qu'à se mettre au travail et à voir le résultat !".


Noémie Elbaz
est Amanda

"Oh oui c'est un très joli cadeau ! Davy et moi avions très envie de nous retrouver sur scène et de travailler à nouveau avec Thierry dont j'aime l'exigence et le plaisir qu'il apporte toujours dans le travail. Nous avions fait Arsenic et vieilles dentelles avec lui. Et puis, les frères Guillet du Théâtre 14 qui sont un peu mes oncles de cœur, font partie de la distribution. C'est à eux que revient l'idée de Léocadia pour le centenaire d'Anouilh. L'équipe au complet est formidable et... cerise sur le gâteau : Geneviève Casile que j'admire depuis que l'envie de faire ce métier m'a saisie !" Du texte qu'elle est en train d'apprendre, Noémie apprécie la perfection, autant que la modernité. De son personnage qui tranche sur les autres, elle aime l'authenticité, la fraîcheur, et voit déjà ce qu'elle va lui apporter. "Amanda, c'est un peu Alice tombée dans le trou du lapin, je l'adore ! Elle vient d'un monde bien réel pour débarquer, il faut bien le dire, chez des toqués sur lesquels elle pose un regard très intéressant ! Ce que j'aime aussi c'est qu'elle s'exprime bien. Son langage, pour moi qui fais de la danse, est un peu une chorégraphie que l'on ne peut pas travailler si l'on ne sait pas par où ça passe. J'ai mon idée sur ce personnage avec lequel je me sens des affinités, mais je sais que Thierry m'emmènera certainement plus loin. Ce qui est fantastique chez Anouilh c'est que l'on voyage toujours entre la cruauté et la poésie ! Pour moi qui, à 13 ans, voulais jouer la reine dans Ruy Blas, après l'avoir vu monté par Georges Wilson, Amanda fait partie de ces rôles dont j'aurais pu rêver !"


Davy Sardou
est le prince Troubiscoï

Voilà un prince qui se fait désirer ! Mais quel joli rôle, non ? "C'est vrai", dit-il en riant, "Lorsque j'ai lu la pièce pour la première fois, je me disais : mais quand arrive-t-il ce prince ? Puis j'ai passé tout ce que j'avais à dire au Stabylo pour l'apprendre, et là j'ai eu un vertige, je me suis demandé si j'allais y arriver tellement c'était long ! J'ai pourtant déjà appris des textes de Strinberg et de Tchekhov ! Mais ce long monologue désenchanté au troisième acte est un vrai bonheur. J'aime ces personnages-là. Je trouve le prince touchant, quoi de plus beau en effet d'imaginer qu'un amour de trois jours puisse être l'amour de toute une vie ? Le prince Troubiscoï (Anouilh a vraiment l'art de trouver des noms amusants !) vit éperdument dans son souvenir et ne supporte pas que quelqu'un s'en approche. Ce qui explique l'agressivité qu'il nourrit à l'égard d'Amanda." La duchesse n'a pourtant pas hésité à s'emparer de ce souvenir en maintenant le jeune prince dans un monde imaginaire ! "Oui, mais il considère que sa tante est charmante et un peu folle. Elle n'a pas eu d'enfant et le traite comme son fils, alors il se prête au jeu, d'autant que l'idée même qu'il risque un jour d'oublier cet amour l'obsède. Tout ce jeu théâtralisé autour de lui l'aide à entretenir son souvenir. Un certain nombre de choses me parlent vraiment chez ce prince, même si je sais qu'arrivé aux répétitions, je pourrai rencontrer des obstacles. Tout ça a pour moi un côté très motivant car la pièce est magnifique, et je préfère en tant que comédien être face à quelque chose qui me bouscule, plutôt que de me dire : oui, je peux le faire sans problème."
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 05/09/2010

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