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© F. Caillon


Ciao Amore
On a oublié qu’il nous reste encore des morceaux de châteaux de sable dans la tête…” Christophe Alévêque
Coup de théâtre chez Pascale et José. Pris dans la tourmente de la vie moderne où l'ambition personnelle et l'individualisme règnent en maître renvoyant l'Amour à ses vieilles lunes, ils retrouvent soudain leurs esprits...

À la faveur d'une soirée mouvementée, ils nous entraînent au cœur des pourquoi ? des comment ? des et si ? qui sont les leurs, les nôtres aussi. Doit-on rire ou pleurer ? Les deux sans doute, l'essentiel étant de savoir se souvenir de ce rêve qu'enfant nous faisions : "Quand je serai grand..." Cruels, sincères et drôles, Serena Reinaldi et Christophe Alévêque nous y invitent sans ménagement.
Christophe Alévêque
Pour faire mille choses comme humoriste, musicien, auteur et comédien, pour avoir su séduire ou titiller le public, les téléspectateurs, les auditeurs, il n'avait pourtant jamais joué en duo. Qui plus est, une comédie sentimentale. "Moi, je vois ça davantage comme une comédie sincère. Bien sûr, nous parlons d'amour, de sentiments, mais avec notre propre sincérité. L'amour c'est aussi la méchanceté, la cruauté, la haine, l'indifférence ou la violence. Et ce qui est intéressant ici c'est de se mettre 'à poil' sur scène, on ne peut pas tricher." Mis en confiance par le travail de Philippe Sohier fidèle metteur en scène de ses spectacles, ainsi que par Serena, lui, le grand pudique, se jette à l'eau. "Certaines scènes ne sont pas évidentes ! Il faut y aller comme on dit ! Mais Serena m'a donné l'envie de le faire, parce que c'est une excellente comédienne et que nous avons beaucoup de points communs. J'ai une totale confiance en elle. Bien que la pièce de Jérôme Lhotsky ne soit pas engagée, le cadre social y est important et pose la question : 'Comment s'aimer aujourd'hui face à la violence, à la vulgarité, à la perte de sens de la société ? Comment peut-on vivre et rêver dans ce merdier ?'"


Serena Reinaldi

Grande fille ravissante et gaie, laquelle possède également plusieurs cordes à son arc. Diplômée du Conservatoire des arts dramatiques de Bologne, elle chante le jazz, fait le clown, s'initie à la commedia dell'arte et s'investit dans diverses actions humanitaires. Venue à Paris dans le cadre de ses études de lettres, elle y passe sa maîtrise avant de se consacrer à la comédie. Nous l'avons vue récemment au théâtre dans Les Demoiselles d'Avignon aux côtés de Catherine Allégret et dans Gueule de mariée.

Serena Reinaldi : Le merdier... C'est justement l'une de mes répliques ! Emportés malgré eux dans ce quotidien où il faut aller vite, gagner, produire, ils ont beau être ensemble, ils se sont oubliés. C'est très actuel malheureusement.
Christophe Alévêque : Dans une société où le CAC 40 a pris le pas sur le reste, on a un peu oublié l'indice du bonheur ! Entre son épanouissement personnel, social, et celui de son couple, le personnage féminin cherche aussi une réponse à travers l'homme qu'elle aime, qu'elle aimait... Elle ne sait plus trop.
S. R. : Ce qu'il nous tient à cœur de montrer, c'est aussi la manière dont la femme, depuis 1968, se positionne face à l'envie de s'épanouir dans son travail, entraînant chez l'homme une perte de virilité puisqu'il n'a plus systématiquement l'obligation de garantir le bonheur de sa famille. Résultat : l'homme est perdu, mais la femme aussi. Quelle place reste-t-il aujourd'hui pour l'amour, dans la vie d'un être humain ? On a honte de nos sentiments, on n'ose plus dire "je t'aime" même à un ami, parce que ça fait cucul, alors que l'amour est le moteur le plus magnifique qui soit ! Le message est banal mais fondamental.
C. A. : Entre sentiments communs, individualisme et les angoisses qui nous entourent, ça devient compliqué. Il faut veiller à ne pas prendre le partenaire pour une bouée de sauvetage. Et puis, on n'a plus le temps de rêver, pourtant, je pense qu'on devrait chaque jour se dire : de quoi ai-je envie de rêver ? De quoi est-ce que je rêvais avant ? On a oublié qu'il nous reste encore des morceaux de châteaux de sable dans la tête...
S. R. :
Mais attention, c'est une comédie ! Une comédie qui dans la grande tradition italienne bascule rapidement entre la tension dramatique et le rire. Christophe et moi aimons l'idée que les gens arrivent au théâtre avec une valise vide, et repartent avec leur petite valise pleine de questions.
C. A. :
On n'est pas là pour apporter des réponses car nous ne sommes que des pitres - je veux dire des comédiens -, mais pour que les questions soient entendues ! Jusqu'à présent, on a joué en Bourgogne et en Suisse, et le public a suivi, nous avons touché exactement là où nous le voulions.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 04/06/2010

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