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© François Pugnet


Anny Duperey
Pour la seconde fois, Michel Fagadau monte "Colombe" de Jean Anouilh. Anny Duperey et Sara Giraudeau s'y donnent la réplique. Une première.
Rufus, Grégori Baquet, Benjamin Bellecour, Jean-Paul Bordes, Fabienne Chaudat, Étienne Draber, Jean-Pierre Moulin, Jean-François Pargoud... Une belle équipe, une vraie famille... "Formidable !" La longue et jolie dame brune est ravie, elle ne le dirait pas, qu'à peine la porte franchie, le sourire qui l'accompagne la trahirait. "Ce n'était pas du tout parti pour nous réunir Sara et moi, mais les deux rôles nous conviennent si extraordinairement bien, que bon, l'idée est très jolie ! Cette pièce est brillante, jouissive, elle a du sens, de l'efficacité, de la drôlerie. Après 'Oscar et la dame rose' j'attendais ça, une pièce éminemment théâtrale qui vous apporte un petit pep supplémentaire faisant que l'on monte sur scène pour une chose plus grande que la vie !" Parti au service militaire, Julien, homme rigide épris d'absolu confie à sa mère, célèbre comédienne qu'il déteste, Colombe sa jeune épouse. Laquelle poussée par sa belle-mère, ne tarde pas à apprécier les plaisirs que lui offre un monde dont elle ne soupçonnait pas qu'il puisse être si divertissant.

"Écrire a toujours été
pour moi un contrepoint nécessaire au jeu,
car je donne là une image intime, très nue
de moi-même avec une grande sincérité"


Si l'on a souvent évoqué l'idée qu'Anouilh s'est largement inspiré de Sarah Bernhardt pour dessiner les traits de Madame Alexandra, Anny Duperey s'amuse, elle, à retourner vers son futur. "Mes références à moi seraient Mary Marquet avec laquelle j'ai tourné, et surtout, Elvire Popesco qui était comme ça, une vraie patronne autoritaire avec laquelle j'ai joué plus d'un an, et qui était vis-à-vis de moi exactement ce qu'est Madame Alexandra vis-à-vis de Colombe. Et voilà, quarante ans après je suis en train de regarder, d'observer ma fille et de me dire : c'est une comédienne ! Elle a beaucoup travaillé, sa personnalité n'est ni celle de Bernhard ni la mienne, mais représente un mélange original des deux, elle est unique, et je la trouve formidable ! Donc il se passe quelque chose de très émouvant, là." Parce qu'elle a toujours aimé ça, et qu'il s'agit d'une activité cousine ayant à voir avec les mots et les personnages, Anny Duperey écrit depuis son jeune âge romans et autobiographies. Est-ce si facile de passer régulièrement de l'art du paraître, inhérent au métier de comédien, à la solitude de l'écrivain ? "Écrire a toujours été primordial dans ma vie, un contrepoint au jeu nécessaire, car j'écris en donnant de moi-même une image intime, intérieure, très nue, avec une grande sincérité. Ce qui me permet d'avoir une image publique assez cohérente avec ce que je suis (j'aime ce mot, cohérence). Du coup, le paraître devient plus léger, les gens savent qu'il n'y a pas que ça. Toute jeune déjà, je me disais que j'aimerais que l'image publique que l'on est obligé d'avoir lorsque l'on est comédien ne soit pas trop éloignée de ma vérité."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 19/04/2010

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