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D.R.


La Vie Parisienne
Adaptée et mise en scène
par Alain Sachs, "La Vie parisienne" abandonne la scène lyrique pour retrouver les couleurs que lui avait données Offenbach, celles d'une comédie joyeuse interprétée au théâtre, par des acteurs.
La belle idée d'Alain Sachs

"Mais c'est bien sûr", se dit-il !...

Bavardant au milieu des costumes qui n'attendent que leur entrée en scène, les joyeux tubes de La Vie parisienne accompagnent au loin notre conversation. "Vous les entendez ? Ils sont en train de se chauffer la voix, tout seuls, comme ça, ils sont formidables ! Et la plus jeune n'a que 20 ans !" Tout à la joie de monter Offenbach au théâtre, cet homme profondément sympathique et simple aime raconter comment naquit son projet. L'idée lui en vint en regardant un de ces soirs où le sommeil se moque des moutons que l'on s'emploie à mettre en rang par deux, un documentaire sur la compagnie Renaud-Barrault. "Ce sont les derniers à avoir remis, dans les années 60, Offenbach là où il fallait. Ils jouaient avec Pierre Bertin, Jean Parédès et tous ces comédiens magnifiques ! En les voyant je me disais qu'il faudrait à nouveau rendre Offenbach au théâtre. Mais comment faire avec des comédiens, des chanteurs, des danseurs et des musiciens ? Je me suis souvenu alors que j'avais vu à Londres 'Sunset Boulevard' interprété par des chanteurs-musiciens..." Extraordinaire ! Mais on ne pourrait jamais faire ça en France se dit par devers lui Alain Sachs. Et voilà que les regrettés Renaud-Barrault qui ne reculaient devant rien, lui prouvent le contraire.

Les auditions commencent. C'est pour quoi ? "Juste pour savoir si vous existez en France..."

Et si je trouvais en France des comédiens qui soient aussi chanteurs et musiciens ? Alain Sachs prend sa décision, il les trouvera. "Nous avons commencé à faire des auditions sans dire pour quel spectacle. Nous avions des coups de fil du genre : 'Je suis violoniste. Combien d'années de violon ? Cinq ans. Ce n'est pas assez car nous avons besoin d'un soliste.'" Arrive enfin le jour où fort de ses treize oiseaux rares, danseurs de surcroît, le metteur en scène propose son idée au Théâtre Antoine qui l'accepte. "Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont fait ! Ils ont dû répéter quatre fois : la comédie, la musique, le chant et la danse, car l'une des particularités de ce spectacle c'est qu'ils font tout. L'autre étant le procédé moderne de mise en scène : les comédiens viennent passer une audition qui n'aura pas lieu mais le régisseur leur remet la partition. Ils la découvrent, s'enflamment entraînant derrière eux costumière et régisseur, totalement séduits." Le ton est donné, du seul enthousiasme de ces jeunes artistes naîtra La Vie parisienne. Le parti pris risqué d'Alain Sachs, la modernité, se retrouve sur une affiche provocatrice et drôle, et semble au regard des premières représentations avoir conquis le public. Car La Vie parisienne c'est aussi une histoire dont on ne perd ici pas une miette. "C'est un hymne à la vie, à l'amour, à la bouffe, au plaisir... C'est un paradis perdu !"


Petit portrait de Sarah Tullamore, la baronne

Des jambes qui n'en finissent pas, des phrases ponctuées d'éclats de rire et un ravissant accent so british, telle apparaît cette jeune Anglaise qui avait déjà mis dans sa poche critique et public avec son Estelle Bright, comédie musicale de son cru, à un personnage, aussi drôle que gaie. Trop grande, elle voit vite s'envoler son rêve de petite fille : devenir danseuse étoile. Se lamenter ? Pas le genre de cette jeune et volontaire demoiselle d'autant que "J'avais un truc naturel pour le chant et j'adorais ça, alors j'ai fait une formation de chant classique et j'ai appris la flûte traversière. J'ai commencé à enregistrer pour la BBC et à faire des concerts avec la chorale de mon collège dès 11 ans. À 18 ans, je savais ce que c'était la rigueur; j'avais déjà un sacré bagage ! Puis, pour satisfaire mes parents je suis allée à la fac et j'ai fait des études linguistiques." S'excusant de s'étendre sur "son parcours bizarre", elle rit, raconte sa vie au Japon où elle était partie, son arrivée à Paris où elle suit son amoureux... "Et voilà ! C'était le hasard, mais j'y suis restée." Elle n'arrête pas, monte deux groupes de jazz, fait des claquettes, joue la comédie... "Mais là, je suis tellement heureuse d'être sur la scène d'un grand théâtre parisien avec des artistes formidables qui n'ont pas la grosse tête alors que certains ont reçu des Molière ! Moi j'aime ça, car ce qui compte avant tout, c'est le travail !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 21/02/2010

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