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© François BerthierR.


Le Voyage de Victor
De cet étrange voyage... troublants et mystérieux petits arrangements avec la mémoire, Nicolas Bedos signe texte, mise en scène, et musique. Sur scène, Macha Méril et Guy, son père.
La pièce
Le temps passe qui n'efface pas les souffrances mais s'en empare pour les parer de couleurs plus subtiles et leur apprendre le beau mot de liberté... Les jours, les uns derrière les autres tricotent des histoires qui ne gomment pas les chagrins, mais vous disent un matin : cesse de ruminer, joue, invente ! Et Nicolas Bedos d'imaginer une variation sur "un profond chagrin personnel", de jongler entre plume et piano, en appelant pour la troisième fois à ses talents incontestables de dramaturge dont les pièces ont déjà été à deux reprises nommées aux Molière : victime d'un accident de voiture, amnésique, un homme en smoking mauve d'un autre temps, erre dans son appartement sous l'œil interrogateur d'une femme mystérieuse désireuse de lui faire recouvrer la mémoire. Qui sont-ils ? Que cherchent-ils ? Au fil des tableaux, cette comédie légère, absurde, romantique se termine en "véritable polar".

Nicolas Bedos
Il n'a pas 30 ans, deux pièces déjà programmées pour 2010 dont une avec Mélanie Laurent et Jérôme Kircher, alors qu'il écrit parallèlement deux films pour la réalisatrice Josée Dayan dont l'un s'est tourné l'été dernier. De ce charisme qui lui colle à la peau et dont il joua, abusa dans une autre vie, il dit : "Ça fait partie des choses qui m'ont fait perdre du temps !" Surdoué à l'adolescence difficile, il est depuis quelques années "en phase de restructuration" et joue franc jeu avec vous. Une contrariété, il rouspète, tourne, finit par s'asseoir et sourit : "Je vous écoute. Ça ne vous ennuie pas si je fume ?" Comme les précédentes, sa troisième pièce met en scène des personnages d'âge mûr. Il est rare qu'un jeune auteur se penche ainsi sur les générations précédentes. "Deux états m'intéressent dans la vie : l'enfance, sa liberté de dire non, et la vieillesse à partir de laquelle on retrouve ce besoin de rébellion sans crainte d'oser refuser ou de dire une vacherie... Parce qu'on n'est plus forcément dans la séduction. On dirait qu'il y a quelque chose de suicidaire là-dedans. Mais je ne fais pas de généralités sur les saisons de la vie !" Les faits et paroles de ses personnages sont davantage issus de sa mémoire, de son sens de l'observation, que de l'inspiration, dit-il. "Une notion assez floue pour moi." Si le père interprète pour la seconde fois une pièce du fils c'est avant tout parce que "Je ne peux rien lui refuser et vice versa. Et puis, vous savez... Puisqu'il le dit tout le temps, je peux le dire aussi, il a beau être en forme, très drôle, très vif, il va mourir un jour et nous avons envie de profiter l'un de l'autre, de parler interminablement de cette histoire qui véhicule des tas de choses. Mais attention ! Je ne convoque pas les gens au théâtre pour voir deux tarés se triturer le nombril ! C'est du théâtre et j'ai envie de montrer une nouvelle facette de l'acteur. J'ai l'ambition avec cette pièce de lui faire aborder un jeu assez dépouillé, des regards fragiles et
bouleversants que je lui connais."

Macha Méril
Entre émissions de radio, théâtre et écriture (sa première pièce, Ricochets, sort chez Acte Sud-Papiers, elle ne cache pas sa fierté), Macha Méril fait, elle aussi, montre d'une grande activité. La retrouver à la faveur d'une actualité nouvelle, bavarder avec elle et l'écouter parler de théâtre est chaque fois un plaisir. Belle et rieuse, l'esprit bouillonnant et la parole rapide, elle raconte, s'interroge et s'enquiert de vos activités du moment. "Le théâtre est fondamental dans notre civilisation de bruit et de paroles où tout le monde s'exprime trop vite et braille ! Il est le seul lieu avec l'église où les gens se taisent. Des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent le même soir pour vivre ensemble un événement éphémère... C'est miraculeux, non ? Moi, je suis une fervente de l'éphémère et de l'acte gratuit. Quant à la pièce de Nicolas, elle représente le théâtre que j'aime maintenant. Ce n'est pas celui des bons mots qui donnent l'impression que l'auteur a tout compris de la vie et qu'il nous est supérieur, mais au contraire qu'il est un compagnon de route aussi incertain et tourmenté que nous, mais qui a trouvé les mots pour le dire. Un tel recul sur les générations précédentes alors qu'il n'a pas 30 ans, c'est exceptionnel ! Mon rôle est très beau, je suis cette femme énigmatique, une sorte de vase qui recueille les bonnes et les mauvaises idées que cet homme se fait des femmes, ses espérances, ses peurs face à elles. J'incarne finalement mille femmes à la fois !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/11/2009

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