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© Gaialand - Patrice Long


Annie Grégorio
dans Les Diabloques
Dirigées par Jean-Michel Ribes, Annie Grégorio et Muriel Robin proposent une nouvelle version* des célèbres "Diablogues" de Roland Dubillard.
Elle sort de répétition, pose son sac, s'assied, Muriel passe, vous salue et s'en va. Lorsqu'il y a trois ans les deux amies se disent qu'elles aimeraient partager un projet de théâtre, l'idée leur vient de se colleter aux fameux Diablogues. L'affaire n'est pas mince, mais elles sont de taille et depuis vingt-six années qu'elles se connaissent et s'aiment comme deux sœurs, relever ce défi n'est pas pour leur déplaire. Jean-Michel Ribes, Dubillard, disent banco à leur désir, le Marigny suit et les voilà devenues Un et Deux jusqu'ici interprétés par des garçons. "Les répétitions ont débuté il y a quinze jours et c'est superbe ! Mais vous savez, c'est du boulot. Muriel et moi avions commencé à travailler simplement les tête-à-tête, mais il y a tant de choses à dire à travers ces dialogues que Jean-Michel ne nous lâche pas, il veut qu'on cherche, qu'on cherche encore... Il a d'ailleurs trouvé des trucs formidables pour elle, pour moi, qui arrivent comme ça au milieu de nos échanges. Il a vraiment apporté là une autre dimension. On est ravies et on rit beaucoup, mais voyez dans quel état je suis !"

"Dubillard, c'est pas du billard, vous savez !"

Stressée probablement, mais si heureuse de l'aventure qu'elle en oublie la fatigue, parle, parle, dit les mots qui expriment à la fois le plaisir et l'inquiétude dans un tourbillon de pensées. On le lui fait remarquer, Les Diablogues ont été écrits pour des hommes : "C'est vrai, mais je trouve que ces textes sont asexués... Enfin, ce que je veux dire, c'est que j'y vois, moi, des personnages avant tout. Et à travers ces échanges cocasses et complètement décalés, j'ai découvert une dimension poétique que je n'avais pas perçue à la première lecture. Dubillard est vraiment un génie des mots et du phrasé." Balançant constamment entre l'irréel et le quotidien, ces échanges verbaux ne doivent pas aller sans difficulté pour les comédiens qui s'y frottent ? "La première est de ne pas faire de psychologie, la seconde est dans le ton. Si l'on fait patitpata, comme dans une conversation, ce n'est pas ce qui est écrit. Si on joue le quotidien, ça s'effiloche très vite, il faut rentrer dans le texte, dans les mots, trouver la bonne énergie. Paf ! Ce n'est pas comme dans n'importe quel sketch : bonjour, j'arrive, je me présente, je suis madame Machin et nanana et nanana... Bon, allez au revoir ! Là, c'est tac ! On arrive comme si on avait déjà trois heures de papote derrière nous. Il n'y a pas forcément de chute non plus, ça ne finit pas, c'est suspendu dans le temps. Il ne faut pas chercher à rendre ça réaliste, tout en faisant croire au public que tout ça est logique ! Je ne vous dis pas l'énergie qu'il faut ! Dubillard, c'est pas du billard, vous savez ! C'est une vraie difficulté. Mais quand on a réussi ces envolées, quel plaisir !", conclut-elle en riant.

*Les textes choisis ici sont à une exception près, différents de ceux interprétés la saison dernière par Jacques Gamblin et François Morel.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 11/11/2009

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