Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Palazon


Nicolas Vaude
dans “Le Neveu de Rameau”
Un "Neveu de Rameau" magnifique, une exposition, des lectures, des récitals et Raphaël Enthoven pour parler de philosophie... Le théâtre du Ranelagh rend hommage à Diderot et au siècle des Lumières.
Vous semblez particulièrement heureux de reprendre Le Neveu de Rameau.
Oui. C'est un texte magnifique, le plus brillant de Diderot, je pense ! Nous avions tous très envie de le reprendre, c'est un excellent souvenir. Nous avons travaillé l'adaptation à trois avec Olivier Beaumont, un très grand claveciniste, et Nicolas Marié, comédien que j'aime beaucoup. L'équipe a été formidable, à commencer par la directrice du Ranelagh, Catherine Develay et Jean-Pierre Rumeau qui nous met en scène.

Ce roman de Diderot avait déjà été adapté, en quoi votre version diffère-t-elle ?

L'adaptation de Pierre Fresnay, reprise par Michel Bouquet, puis Jacques Weber et François Balmer, fait la part extrêmement belle au neveu, mais nous avons trouvé en lisant ce texte que les choses étaient beaucoup plus équilibrées. Nous avons décidé de jouer vraiment le dialogue entre les deux, car les propos du philosophe ne sont pas si conventionnels qu'ils pourraient paraître. Il a toujours la volonté d'élever le débat pour trouver la beauté en toute chose. N'est-ce pas plus difficile et plus audacieux que de se laisser aller à la boue ? C'est ça qui est intéressant aussi dans le texte.

L'histoire de ce manuscrit, satire de la comédie humaine dont Diderot a gardé le secret toute sa vie, est rocambolesque et bien mystérieuse !

Effectivement. Ce roman dialogué, d'une liberté incroyable, représentait un véritable brûlot à l'époque. Il ne faut pas oublier que certains écrits de Diderot lui valurent d'être emprisonné et, qu'en sortant, il évitait de faire des vagues pour terminer L'Encyclopédie. Sans doute est-ce aussi pour ça qu'il n'a pas réagi au pamphlet contre lui-même et les philosophes, présenté à la Comédie-Française. On pense qu'il a mis très longtemps à écrire Le Neveu dont le manuscrit a été trouvé en Russie probablement parce que Catherine II lui avait acheté toute sa bibliothèque. Ce manuscrit est tombé dans les mains de Schiller qui l'a montré à Goethe, lequel l'a traduit. La première publication est donc allemande et date, je crois, du début du XIXe siècle. Ce texte a été retraduit plus tard en français, mais ce n'est qu'à la fin du XIXe que le manuscrit original écrit de la main de Diderot, a été retrouvé par hasard chez un bouquiniste par le bibliothécaire de la Comédie-Française, Georges Monval.

Face au philosophe, vous interprétez un neveu étourdissant, Comment avez-vous créé votre personnage ?

Diderot (MOI dans le texte) était un type complètement débraillé, agité, vivant, posant toujours des questions. Quand Catherine II le recevait, elle plaçait entre eux un guéridon pour éviter des gestes intempestifs ! Le neveu du musicien, LUI, est une sorte de bouffon à multiples facettes, tout à fait hors du commun. Nous sommes partis de là, pour être en phase avec les personnages, il fallait que ce soit très vivant !
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/10/2009

-
Haut