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Marie-Anne Chazel
D.R.


Goodbye Charlie
à La Michodière
Savoureuse histoire que celle de Charlie, coureur de jupons peu soucieux de ses proies, qui, à la défaveur d'une mort accidentelle, se trouve réincarné en femme. Tel est pris qui croyait prendre...
Sur ce thème scabreux, l'Américain George Axelrod tisse une pièce aux allures de comédie romantique et drôle, parfaitement servie par l'adaptation de Didier Caron et Dominique Deschamps. Encore tout à la joie d'une tournée triomphale, l'équipe fait sa rentrée parisienne à La Michodière. Avec Marie-Anne Chazel, Éric Laugérias, Christelle Reboul, Isabelle Tanakil et Serge Ridoux.

Didier Caron
adapte et met en scène la pièce.
Mais pas seulement...


Dirige le théâtre Michel :
En décembre 2008, il reprend avec trois associés le joli petit théâtre Michel, lequel, depuis son inauguration par une pièce de Tristan Bernard, en 1906, privilégie les comédies de Boulevard. "Le bon théâtre de Boulevard est à mes yeux bien plus qu'honorable. Et lorsque nous avons su qu'il y avait la possibilité d'acheter le Michel, je me suis placé dans la meute. Et voilà ! J'ignore si c'est le bon Dieu, ou quelqu'un d'autre qui a été particulièrement gentil avec moi. Le souci de Jean-Christophe Camoletti était de pérenniser la mémoire de son père et je le respecterai en continuant à programmer du bon théâtre de divertissement. Je les remercie lui et son épouse Ariane de leur confiance." Acquérir un théâtre c'est aussi imposer une gestion rigoureuse, sans faiblesse ni passe-droits, et qu'importe si grincent quelques dents alentour. C'est acheter sa liberté d'expression, Didier Caron, auteur, ne le nie pas. "Mais ce n'est pas pour autant qu'il y aura du Caron à tout bout de champ !" Le rire fuse, joyeux, joyeux...

Met en scène Goodbye Charlie
et La Cage aux folles

"'Good Bye Charlie' est une comédie des années 50 mêlant l'humour, la tendresse et l'émotion, tout ce que j'aime, et que semble apprécier le public qui rit beaucoup ! La pièce avait été adaptée dans les années 60 par Barillet et Grédy, mais nous avons fait notre propre adaptation en y introduisant une modernité tant dans le propos que dans l'écriture. C'est l'histoire d'un cavaleur qui, réincarné en femme, va devoir se familiariser avec son nouveau corps et va découvrir ce qu'est l'amour en tombant amoureux de son meilleur ami. C'est une histoire d'amour impossible..." En se voyant par ailleurs choisi pour mettre en scène La Cage aux folles, avec Christian Clavier et Didier Bourdon, le plaisir de l'heureux homme est à son comble. Jamais, depuis sa création en 1973, la pièce ne fut remontée et nous devons à l'initiative de Jean-Claude Camus et Caroline Cellier, sa reprise. "Que dire de cette pièce mythique si ce n'est que j'éprouve une joie énorme et que je me défonce pour être à la hauteur ? J'adore l'écriture de Poiret, sublime d'intelligence et de pudeur, elle a pour moi autant de valeur que celle de Molière. Quand j'ai reçu le texte, c'était la Bible et j'aime autant vous dire que ça donne des sueurs !" Une bible à peine amputée de "quelques coupes chirurgicales" dans le
respect de l'écriture de Poiret. Une reprise attendue, et bien sûr attendue au tournant ? "C'est un privilège, une joie et je n'ai aucune peur."


Marie-Anne Chazel
est Charlie, alias Angel


Le public l'aime vraiment, c'est le mot juste : on aime Marie-Anne Chazel. Depuis que, protégée par ce drôle de dentier, elle osa tout en incarnant l'inénarrable et touchante Josette du Père Noël est une ordure. Qu'importe, qu'importe le quand et le pourquoi, les hauts et les bas, elle est là et bien là. Deux mois sur la scène du théâtre de la Tête d'Or à Lyon et le public fête Charlie, un rôle de composition en or pour une comédienne. En cette journée de mai, elle arrive de Saint-Cloud s'excusant du léger retard, vive, agréable et souriante. "Je tourne 'Les Méchantes' pour France 2, avec Pierre Arditi, Évelyne Bouix, Alain Doutey et Régis Laspalès. C'est une histoire très amusante qui se passe à la Comédie-Française sous Napoléon 1er. Deux infectes comédiennes qui se prennent pour de grandes tragédiennes, se tirent la bourre, et se font des coups pendables pour avoir le premier rôle. Là, il s'agit de jouer 'Andromaque' devant l'empereur. Pour la première fois de ma vie, je joue la tragédie !" Et cette Charlie ? "Oh là, là !, ça, c'est une drôle d'affaire, et je trouve l'idée de départ extraordinaire. Pour ce cavaleur, les femmes c'est le sixième continent, il n'a aucune idée de la manière dont elles fonctionnent, malgré sa liste impressionnante de conquêtes. Lorsqu'il découvre avec horreur son nouveau corps, il essaye de s'habituer, les gestes, la voix... Il cherche un travail, découvre des sentiments qu'il ne connaissait pas, puis tombe amoureux de George qui était son meilleur ami et qui est le seul au courant de sa réincarnation. C'est une très belle histoire." Une belle histoire, qui pourrait être abordée de différentes manières, une réflexion sur l'identité ? "Tout à fait ! L'écriture est très habile pour ça, tout en douceur, elle conduit le spectateur vers un autre registre. Au début, je pense qu'il s'identifie à George, ce qui est normal puisque moi, je suis une espèce de mutant, mais devant les déboires accumulés par cette pauvre Charlie il s'attache à elle, et aimerait que son histoire d'amour soit possible. Les réactions du public sont intéressantes, il y a ceux qui se disent : 'Est-ce que je me sens bien dans le sexe qui est le mien ?' Ceux qui se demandent si l'on peut tomber amoureux d'un ami, ceux qui se posent des questions sur la réincarnation... Oui, la pièce, tout en étant très drôle, offre plusieurs sujets de réflexion." Elle offre également à Marie-Anne Chazel l'opportunité de montrer à travers un seul rôle toutes les facettes de son talent, et de redire combien pour elle le théâtre est un précieux bonheur.

Christelle Reboul
est Rusty Mayerling


Pétillante et chaleureuse elle commence par parler du talent et des qualités de ceux qui l'entourent avec un enthousiasme juvénile. Elle évoque Les Demoiselles d'Avignon qu'elle jouait l'an passé au théâtre Rive Gauche aux côtés de Catherine Allégret. Maquilleuse, costumière, coiffeur, un mot pour chacun "De vrais, de grands artistes !" Elle est comédienne et l'a ardemment souhaité, bravant des parents aussi protestants qu'intellectuels. Mais, aujourd'hui, la fierté qu'ils éprouvent devant leur drôle d'oiseau l'emporte sur le reste, elle est heureuse. "Donc oui, dans 'Good Bye Charlie', je suis la petite Rusty, mariée à monsieur Mayerling et maîtresse de l'odieux coureur de jupons. Je vois Rusty comme une pépette à la Betty Boop, vous voyez, comme sortie de ces dessins de pin-up américaines. C'est une fille touchante, avec son côté un peu mine de rien et décalé qui, tout d'un coup, peut se montrer super cash, si directe que ça devient énorme ! Mais le comique réclame ça, ce qui n'enlève à la pièce ni une certaine finesse, ni sa poésie. Didier Caron adore mélanger l'émotion et le burlesque !" Un peu de thé, des souvenirs, et un éclat de rire... La joie même. À 18 ans, elle jouait le Chérubin du Mariage de Figaro... "'Le besoin de dire à quelqu'un je vous aime' est devenu pour moi si pressant, que je le dis tout seul, en courant dans le parc, (...) aux arbres, aux nuages, au vent qui les emporte avec mes paroles perdues.' Je me souviendrai toujours quand disant ça, je me suis avancée tout au bord de la scène devant le public. Là, j'étais là, c'était ma place, j'avais des frissons, j'existais ! Être comédienne a vraiment à voir avec le sentiment d'existence..." Le regard brille d'une intensité magnifique, l'émotion est palpable, silence... Pirouette : "Ah oui, j'ai fait du clown aussi !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 13/09/2009

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