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Julien Rochefort
D.R.


L’Écornifleur avec Julien Rochefort, mis en scène par Marion Bierry
À travers les dialogues incisifs de ce roman inspiré par un épisode de sa vie, Jules Renard dresse un portrait savoureux et attendri de la petite bourgeoisie et des artistes. Adaptée au théâtre, cette œuvre valut en 1998 à Marion Bierry d'être nommée aux Molière pour sa mise en scène. Après avoir interprété Henri, jeune écrivain pique-assiette pris au piège de ses manigances auprès d'un couple de petits-bourgeois dont il était le protégé, Julien Rochefort est aujourd'hui M. Vernet, le bourgeois.
Dix ans après, votre vision de L'Écornifleur est-elle différente ?

Marion Bierry :
Non, elle n'a pas fondamentalement changé, mais je vais pouvoir l'explorer en variant les nuances car le théâtre est vivant et ne peut être fixé. C'est une chance formidable que l'équipe du théâtre La Bruyère m'ait suivie dans cette envie que j'avais.
Julien Rochefort : Moi, je suis passé de l'autre côté de la barrière. J'ai maintenant l'âge de M. Vernet ! C'est assez bizarre de changer de rôle, un peu comme lorsqu'en classe on est resté six mois près de la fenêtre et que l'on passe de l'autre côté. Le point de vue change. J'ai presque le sentiment de n'avoir pas participé à la première aventure et c'est très chouette ! Au tour d'Hugo Sekzig de soutenir la charpente en jouant Henri, c'est son premier rôle et c'est formidable. Et pour Mme Vernet, Marion a fait appel à Sarah Haxaire avec qui elle avait déjà travaillé.

Le regard acéré de Jules Renard envers ses contemporains n'est cependant jamais destructeur... Qu'aimez-vous dans ses personnages ?

J. R. :
Comme tous les auteurs intéressants, il a une compréhension de l'humanité qui fait qu'il sait la saisir. Il est en chacun de ses personnages et malgré leurs travers il les aime, comme nous, comédiens, les aimons. Ça se sent, c'est pour ça qu'ils sont beaucoup plus subtils qu'ils n'en ont l'air. Et puis la langue est tellement belle ! Elle date de son époque tout en étant très précise et contemporaine. C'est un plaisir dans la bouche d'un comédien.
M. B. : Ce sont aussi des personnages poétiques qui sont comme des bulles de savon. La langue, la patte, les célèbres formules de Jules Renard, prennent le pas sur une logique psychologique stricte. L'univers qu'il campe est réaliste, mais la manière dont il le prolonge ne l'est pas, c'est ce qui en fait la poésie.

Vous avez souvent travaillé ensemble, que vous apportez-vous mutuellement ?

M. B. :
Si j'adore à chaque fois partir à l'aventure et faire confiance à de nouveaux acteurs, je peux aussi être très fidèle dans mes rapports artistiques. Julien possède ce que je pense être la plus belle qualité pour un acteur : la légèreté. Celle du danseur dont on ne soupçonne pas un instant tout le travail qu'il a fait pour parvenir à s'envoler !
J. R. : Marion a l'art de savoir prendre et pousser toujours plus loin ce qu'elle sent en germe chez un comédien. Entre nous, les mots ne sont plus vraiment nécessaires, nous agissons et j'aime ça. Elle prend plaisir à balader ses comédiens dans des rôles divers. Jouer Henri et dix ans après M. Vernet c'est très excitant ! On a l'impression de changer de cerveau, ce qui repose beaucoup de soi-même...
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/05/2009

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