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D.R.


Bruno Abraham-Kremer
“La Vie sinon rien” à la Comédie des Champs-Élysées
Le public l'applaudit, la critique l'encense, lui, inlassable, cherche à travers le théâtre la réponse à la question essentielle qu'il se pose depuis longtemps : qu'est-ce qu'un être humain ?
Niché au fond de son regard, le sourire de Bruno Abraham-Kremer n'est pas celui d'un heureux naïf, bien au contraire. Ce regard-là dit la spiritualité tout autant que l'amusement, il dit les voyages, la tendresse et l'humanité, le plaisir de l'instant et celui de pouvoir le matin sauter du lit les yeux grands ouverts, les deux pieds dans la vie. La parole est à l'unisson, riche, naturelle, qui ne saurait toutefois prendre le pas sur la pensée de l'autre, celui qui vient le voir au théâtre, celui qui le questionne et l'écoute. "Vous savez, ce que me disent les gens en sortant du théâtre, ce qu'un journaliste exprime avec ses mots à lui, c'est tellement plus intéressant que ce que je dis, moi..." Il parle pourtant, des sages et des poètes, de son grand-père, de sa famille, de la musique, de vous, de moi, des autres, du théâtre et de la salutaire catharsis. "Dans notre monde de virtualité galopante, je pense que le théâtre va aller de mieux en mieux." Depuis longtemps une pensée le taraude, extraite du Zohar : "Si tu veux connaître l'invisible regarde le visible avec les yeux grands ouverts." "Une bonne partie de mon travail est axée sur cette phrase. Et l'une des choses qui me tient à cœur c'est de partager avec les gens la conscience, transmise par mes ancêtres, d'avoir cette chance exceptionnelle d'être en vie." Comment rendre visible, perceptible, l'invisible qui nous entoure ? Monsieur Ibrahim, Milarepa, La Trilogie de l'Invisible... C'est à travers le théâtre qu'il cherche, creuse son sillon, et le nourrit dans l'espoir de voir un jour fleurir la réponse. À moins que l'essentiel ne soit simplement de chercher...

"Une des choses qui me tient le plus à cœur c'est de partager avec les gens cette chance exceptionnelle d'être en vie"

Auteur, comédien, metteur en scène, Bruno Abraham-Kremer et sa vision du monde inspirent des auteurs aussi talentueux que Serge Kribus, Éric-Emmanuel Schmitt ou, plus récemment, Antoine Rault à qui l'on doit des pièces magnifiques comme Le Caïman et Le Diable rouge. De cette belle rencontre entre l'auteur et le comédien, naît le premier volet de La Trilogie d'un homme ordinaire : Pierre Tarault. Cet homme d'aujourd'hui, gâté par la vie et blasé, la cinquantaine endormie sous l'édredon douillet du quotidien, se trouve subitement victime d'une maladie rare accompagnée du spectre de la mort, qui finalement s'en retournera seul d'où il vient. Déprimante, la pièce ? Bien au contraire, un coup de fouet, une grande bouffée d'air qui vous réveille et le cœur et les neurones. "Au fond, c'est l'histoire drôle et tendre d'un homme qui va commencer à vivre pour de vrai à 50 ans. Il va faire une série de rencontres assez cocasses et même se trouver face à des situations très drôles dues au fait qu'il a brutalement perdu tous ses repères. Il y a dans la pièce une image que j'aime, c'est lorsqu'il desserre sa cravate dans un grand mouvement de respiration. Oui, c'est l'histoire d'une libération."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 29/05/2009

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