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© Nathalie Mazeas


Roland Giraud
Que peut-il se passer lorsqu'un rabbin, un imam, un bonze et un curé se retrouvent malencontreusement enfermés dans une pièce l'espace d'un week-end ?
n cosignant Bonté divine, Frédéric Lenoir, philosophe, directeur du Monde des religions, et Louis-Michel Colla l'ont imaginé. C'est ce dont nous parle Roland Giraud, le curé de la pièce. Voilà pour le moins un thème inédit sur les planches, un thème sérieux poussant loin la réflexion, sans toutefois nous priver du rire salutaire que nous aimons au théâtre. "J'aime faire rire, cela ne m'empêche pas de temps en temps de jouer des choses un peu plus intellectuelles, qui n'excluent pas le rire comme c'est le cas ici." Bonjour Roland Giraud... La pensée chemine, rapide, claire, intéressante, qui jamais ne se perd et que la parole exprime, libre, rapide elle aussi. Le regard droit dit l'ouverture aux autres, le désir d'être bien compris, peut-être... Les autres, c'est la vie, la belle, la moche, celle qui bouge tant et si vite qu'elle laisse derrière elle tout repère, c'est aussi celle qui a oublié jusqu'au sens des mots tolérer, partager, écouter, écouter l'autre autant que soi-même, ce beau mot d'écouter... Bonté divine justement nous y invite, et nous allons y prendre plaisir, réfléchir et penser qu'il suffirait d'un rien peut-être pour que changent les couleurs du monde. En cette fin novembre, Roland Giraud commence les répétitions, et vous dit en riant qu'il ne vit que pour ce texte fédérateur qu'il promène partout.

"En attendant, gardons espoir et allons au théâtre voir des choses qui nous enrichissent"

"À la troisième page j'étais intéressé, à la dixième je voulais le jouer et, à la soixantième, je me suis dit : 'Je veux le jouer quoi qu'il arrive.' Je suis très, très heureux de faire ça. Il s'agit de la rencontre d'un rabbin, d'un imam, d'un bonze et d'un curé, invités à donner une conférence. Mais alors qu'ils s'isolent dans une petite salle attenante au cours d'une pause, ils vont se retrouver enfermés sans aucun moyen de communiquer avec l'extérieur. Ces théologiens très érudits et ouverts vont se parler, tenter de voir ce qu'ils peuvent faire. Le rabbin se révèle faible du cœur, l'imam claustrophobe, le curé plutôt étrange, sans oublier le bonze, qui lui ne croit pas en Dieu et reste zen. Ils vont avoir des discussions passionnantes mais, pour que ce ne soit pas le catéchisme pendant une heure et demie, il va se passer quelque chose que je ne peux pas vous raconter pour ne pas déflorer l'histoire !" Passionné par le sujet, inquiet pour le devenir d'un monde sans foi ni loi, mais néanmoins attentif à tous ces petits signes encourageants naissant ici et là et visant à l'améliorer, Roland Giraud donnerait au plus réticent l'envie de lire la Bible dans laquelle il aime à se replonger de temps à autre. "Malheureusement je ne suis pas un saint !" Revenu au vif du sujet, il vante le talent de ses partenaires (Benoît N'Guyen, Saïd Amidis, Jean-Loup Horwitz) et celui de Christophe Lidon qui met en scène. L'enthousiasme qu'il éprouve boit le café en notre compagnie. "Mais il ne faut pas se contenter d'écouter les bonnes paroles et de dire : 'Oui, c'est bien', il faut les mettre en pratique, car la parole sans les actes est lettre morte. En attendant, gardons espoir et allons au théâtre voir des pièces qui nous enrichissent !"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 18/02/2009

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