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© Frédéric Barraja


Yvan Le Bolloc’h
s’en revient au Théâtre Antoine
Aux côtés d'Isabelle Nanty, l'inénarrable Jean-Claude Convenant de "Caméra Café" retrouve après dix ans le Théâtre Antoine pour y interpréter "Les Deux Canards" de Tristan Bernard.
C'est l'histoire d'un jeune homme qui, parce qu'il aime les enfants, qu'il faut bien de l'argent pour vivre et nourrir ses envies, devient instituteur. Mais face "aux rigidités de ce milieu", il finit par préférer la liberté que peut offrir "une suite d'errances". C'est l'histoire d'un gourmand de la vie très sportif qui a l'art de saisir la balle au bond. Qu'importe qu'elle tombe dans une usine Renault où il fait les trois-huit dans l'antre d'une radio libre, sur les pistes de ski où il joue de l'appareil photo auprès des vacanciers. Qu'importe qu'il la rattrape, sur les bancs d'une école d'attachés de presse, à la télé chez Ardisson ou Ruquier, dans l'œil de Bruno Solo, ou dans un cours de théâtre "parce qu'il est plutôt sérieux comme garçon" et qu'il ne jouera pas la comédie sans en avoir appris les arcanes. C'est aussi l'histoire d'un Breton tombé un jour en "Gitanie" pour ne plus en revenir, entraînant un public conquis derrière sa joyeuse guitare sur l'air de Mi café, mi café. Car avec Yvan, y'a d'la rumba dans l'air, du cœur et de l'humour dans la vie. Qu'il rencontre en revenant d'un tournage avec Jean-Pierre Mocky, deux gitans pétris de talent ramant dans une pizzeria, et le voilà qui s'enthousiasme, monte avec eux un groupe : Ma guitare s'appelle revient et créé Tous les chemins mènent aux Roms. "C'est un spectacle ponctué de musique autour de la différence, de la rencontre entre ces deux mondes éloignés que sont les payos sédentaires et les gitans." Voilà. C'est donc l'histoire de ce "garçon" agréable et bien de sa personne, qui retrouve le théâtre pour la seconde fois avec une pièce de Tristan Bernard créée au théâtre du Palais-Royal entre 1912 et 1914. Comme le lui disait un jour son complice Bruno Solo : "Vas-y ! Tu ne vas quand même pas faire animateur toute ta vie !" Rencontre sur un tournage.

Que tournez-vous en ce moment ?
Le Séminaire, une émanation de Caméra Café, avec Bruno Solo. On reprend les personnages principaux du film Espace détente et de la série. C'est l'histoire de cette petite poignée d'employés du secteur tertiaire qui s'arrachent à la glaise de leur province natale pour suivre un séminaire de remotivation à Paris.

En septembre, vous serez au théâtre. Une première ?
Non, j'ai joué il y a dix ans Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, avec Marie-Christine Barrault. C'était aussi au Théâtre Antoine avec Daniel Darès ! Je faisais mes débuts et la pièce était assez longue, mais j'avais sept minutes au début et douze à la fin. Entre les deux c'était guitare dans ma loge !

Une longue absence jusqu'à ces Deux Canards, était-ce votre choix ?
J'ai eu des propositions qui souvent ne me convenaient pas car je ne suis pas très rassuré comme garçon ! J'ai besoin de me sentir en sécurité avec les gens avec qui je travaille, de compter sur leur honnêteté. J'aime travailler avec des personnes que je connais bien, comme, par exemple, Pierre Pradinas ou Steve Kalfa qui m'ont appris mon métier.

Vous avez refusé de tourner avec des gens comme Maurice Pialat...
Oui, je faisais de la télé, on venait me chercher mais je n'avais pas encore suivi de cours. Comédien c'est un métier, il y a des codes, et je suis consciencieux, je voulais apprendre avant.

C'est justement Alain Sachs qui met en scène Les Deux Canards...
Oui. Il a été comme moi, l'un des chroniqueurs de la bande à Ruquier. Il est venu voir Tous les chemins mènent aux Roms et m'a demandé si ça m'intéressait de faire du théâtre. Il est gentil, brillant et il a plutôt bonne réputation au théâtre, non ? Alors j'ai dit oui. Je retrouve aussi Gérard Chaillou de Caméra Café et Isabelle Nanty est une chouette nana !

Si les mots d'esprit de Tristan Bernard demeurent, son théâtre semble oublié. Parlez-nous de ces Deux Canards.
C'est une pièce très contemporaine dans laquelle j'interprète Gélidon, un éditorialiste pamphlétaire mondain qui séduit à la fois la femme de l'imprimeur du journal de gauche pour lequel il travaille, et la fille du baron de Saint Amour qui, à l'approche des élections veut créer un journal de droite. Tout ça me conduit à endosser une double identité et à mener une double vie en passant allègrement d'un camp à l'autre. On retrouve là les liens troubles qu'il peut y avoir entre la politique et la presse. L'écriture est très moderne et j'aime ce vertige qui saisit les personnages lorsque l'amour s'en mêle.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 14/10/2008

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