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D.R.


Xavier Daugreilh
L’écriture en mouvement
Molière de la pièce comique en 1997 pour "Accalmies passagères", Xavier Daugreilh se donne à toute forme d'écriture, cinéma, télévision, théâtre. "Sans mentir", sa dernière pièce, nous fixe rendez-vous au Tristan-Bernard.
Le regard bleu se promène, la parole est rapide, on se dit que cet homme d'écritures doit préférer la compagnie de ses personnages à celle des questions. Le métier de comédien abordé au cours Florent et chez Blanche Salant n'était pas fait pour lui, explique-t-il le regard revenant vers le vôtre. La conversation s'installe, naturelle. "Au fond, c'est chez Blanche, où l'on décortiquait les personnages dans tous les sens que j'ai appris mon métier d'auteur." Après Alain Sachs pour Accalmies passagères, Stephan Meldegg met en scène Itinéraire bis, puis Nicolas Briançon s'empare de Futur conditionnel. Sitcoms à succès, court-métrage, dialogues, scénarii, sa plume court, rapide, d'un univers à l'autre. Est-ce difficile de vivre pour écrire ? "C'est difficile dans le sens où c'est beaucoup de travail, de concentration et de rigueur. Il ne faut jamais se contenter d'approximations, mais c'est pour moi un vrai plaisir. Je crée des mondes, je voyage à ma table et ne vois pas les journées passer. Ce qui est dangereux, car on aurait vite tendance à ne plus sortir !"

"Il y a chez moi cette idée d'aller au bout de l'écriture, d'en explorer toutes les formes"

Plus jeune, il aborde la B.D. et tente d'écrire "des romans impossibles", toujours absents de son répertoire. "Pourtant j'en ai très envie mais c'est encore à l'état embryonnaire. Il y a chez moi cette idée d'aller jusqu'au bout de l'écriture, d'en explorer toutes les formes. Dès sa naissance, une pièce ne vous appartient plus. Elle passe par le filtre du metteur en scène, des comédiens, bien que j'aie la chance de travailler avec des gens qui me demandent mon avis. Avec le roman, c'est différent, les filtres entre l'auteur et le lecteur n'existent pas." Dans Sans mentir, mis en scène par José Paul et Stéphane Cottin, Xavier Daugreilh a eu envie d'exploiter le procédé classique du mensonge. Une nouvelle comédie, pour celui qui pendant longtemps, trouva ce genre "un peu vulgaire", jusqu'à ce qu'il découvre Lubitsch, Capra, Woody Allen, Yasmina Reza ou Bacri et Jaoui. "J'étais un peu couillon à l'époque, simplement par manque de connaissances. Je n'avais pas encore découvert l'humour qui me correspondait. Si j'écrivais des choses sérieuses, je pourrais être vite pontifiant, verbeux. Il est difficile d'écrire des choses profondes et drôles et c'est ce que je voudrais faire : des comédies qui ne rabaissent pas le public, mais au contraire comptent sur son intelligence. Et puis il faut être clair, si l'on veut être joué dans le privé mieux vaut écrire une comédie." Totalement en phase avec l'esprit choral, l'exigence et la passion pour le théâtre incarnés par José Paul, Marc Fayet, Gérard Loussine et la troupe de J'habite au 21, Xavier Daugreilh avoue en souriant qu'il aimerait voir un jour l'une de ses pièces interprétées par des têtes d'affiche dans un théâtre prestigieux. "Mais si l'on reste dans le rêve, on risque de ne rien faire ! Et moi, j'ai la grande chance d'être apprécié par des gens de ma génération dont je partage les goûts, l'exigence et le langage. C'est formidable."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 23/10/2008

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