Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Yves Pignot
Une saison magnifique
Il met en scène "Le Vol de Kitty Hawk" au Théâtre 13 et "La Journée des dupes" au Théâtre 14 où il reprendra ensuite, et après dix ans, son rôle dans "Jacques et son maître", mis en scène et également interprété par Nicolas Briançon.
Premier prix du Conservatoire national d'Art dramatique, il interprète le répertoire à la Comédie-Française, donne des cours sans cesser de jouer, tant sur les planches qu'au cinéma ou à la télévision. Passionné de mise en scène, s'il monte Goldoni, Feydeau ou Marivaux, il adore travailler avec des auteurs bien vivants tels Jacques Rampal ou Dany Laurent (Comme en 14 et Les Vacances de Josepha), discuter avec eux, "mettre en vie" leurs textes. Quant à son bonheur de travailler avec la jeune génération qui, de cet art, possède fatalement une approche différente et avec laquelle les échanges sont stimulants, à le voir, ce bonheur-là est évident.

Qu'est-ce que Le Vol de Kitty Hawk ?

C'est l'aventure des deux frères Wright, fils de pasteur, qui ont été les premiers à avoir doté un planeur d'un moteur à essence avec lequel ils ont effectué en 1903 un vol de quelques secondes, et sans dommages, sur la plage de Kitty Hawk en Caroline du Sud. Un véritable exploit à l'époque, réalisé avec leur seule passion, sans aide financière, dans la boutique de leur père qui fabriquait des vélos.

Comment avez-vous découvert cette pièce et qu'est-ce qui vous a poussé à la mettre en scène ?

Les frères Ivancic se sont passionnés pour la pièce de Georges Dupuis qu'ils ont décidé de produire. Ils interprètent d'ailleurs les deux rôles principaux. Ce sont eux qui me l'ont proposée et ils ont bien fait car j'aime les aventures humaines. Le texte romance un peu l'histoire et il est vraiment captivant.

Vous dites qu'il tient en haleine, comment allez-vous le mettre en scène afin qu'il garde son rythme ?
Il faut qu'il y ait un certain réalisme, mais pas tout à fait quand même. Cette histoire a réellement existé et je voudrais la traiter comme si l'on tournait les pages d'un livre. J'aimerais que ce soit comme un livre vivant, capable de communiquer aux spectateurs cette passion qui n'a cessé de guider les frères Wright.

Peut-on prendre du plaisir à ce spectacle si l'on ne se passionne pas pour l'histoire de l'aviation ?

Bien sûr ! C'était d'ailleurs mon cas. Il est passionnant de suivre l'utopie de ces deux énergumènes, jusqu'à son aboutissement. Vaclav Havel disait : "L'espoir se mesure par notre capacité à poursuivre des objectifs positifs ; ce n'est pas seulement une forme d'optimisme, mais c'est la certitude que nos actes ont un sens. L'espoir est une orientation du cœur, il va au-delà du vécu immédiat et s'attache à ce qui le dépasse." J'ajoute que c'est une pièce très joyeuse au cours de laquelle on entendra souvent du ragtime. Le public doit vivre cette aventure enthousiasmante, et en voyant les frères Wright, se dire : il faut qu'ils y arrivent !

Autre création captivante :

La journée des dupes ou le triomphe de Richelieu, une pièce de Jacques Rampal, à qui l'on doit notamment Célimène et le Cardinal. Cette pièce, écrite en alexandrins, a gagné le concours lancé par le Conseil général de Vendée pour célébrer le 400e anniversaire de la venue de Richelieu à Luçon. Elle retrace la journée cruciale et folle où la France aurait pu prendre un tout autre visage. Celle du 10 novembre 1630, durant laquelle Richelieu fut déchu le matin par Marie de Médicis et réhabilité, le soir, par Louis XIII qui ne l'aimait pas, mais qui savait reconnaître en lui une formidable intelligence.

Quelle mise en scène cette pièce vous a-t-elle inspirée ?

J'ai décidé d'utiliser, comme au cinéma, le soutien musical pour les ambiances et les transitions dramatiques en faisant écrire une musique originale, et le chant pour la voix du peuple. Les plus belles chansons sont celles qui viennent du cœur et de la souffrance des hommes. Pour les costumes aussi j'ai fait appel à une costumière habituée au cinéma parce que je veux que ça ait cette gueule-là ! Quant au décor, il représente cette France en construction, la volonté du pouvoir quel qu'il soit, de construire quelque chose qui n'existe pas. Ce sont plus ou moins les plans d'un château d'où émergent colonnes en construction. C'est un beau spectacle sur lequel on a plaisir à travailler.

Puis vous enchaînez en novembre avec Jacques et son maître de Kundera...

Oui, je vais finir par prendre une chambre à côté ! Nicolas et moi reprenons nos rôles, et dix ans après, on ne voit plus du tout le texte de la même manière. C'est passionnant et là aussi on va se régaler !
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 06/09/2008

-
Haut