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D.R.


Jean-Pierre Leroux
… Avis favorable
Poussée par le succès obtenu l'an passé, la compagnie
Les Compagnons de la Chimère reprend "Les Fourberies de Scapin". Jean-Pierre Leroux est Géronte. Conversation amicale auprès d'un aquarium.
"Je suis fou de poissons exotiques. Le soir, lorsque je suis fatigué, je m'assieds là en face d'eux, je les regarde et ils m'apaisent." Jean-Pierre Leroux parle avec une grande douceur de ses passions, de son enfance dans les corons où l'on tirait le diable par la queue, de sa mystérieuse et dévorante envie de devenir ce porteur de trésors qu'est l'acteur. "Moi monsieur !", trépignait-il sur son siège de classe pour monter sur l'estrade réciter Molière. Pour que son rêve vive, il devient ébéniste, puis cantonnier avant d'obtenir un premier prix au Conservatoire de Lille. Suit la rue Blanche, puis le Conservatoire national. "Et Georges Vitaly m'a donné la chance de ma vie en m'offrant le rôle d'Amédée dans 'Quoat, quoat' qui m'a valu le prix Gérard-Philipe." Après un triomphe, il interprète durant deux ans Caligula aux États-Unis. "Les sirènes de l'Amérique !" Revenu à Paris, il tourne surtout pour la télévision, assure les voix françaises d'Anthony Perkins, Michael York, Derek Jacobi et John Hurt sans quitter le théâtre. "C'est sacré, comme 'Les Lundis de l'histoire' à France Culture, que je préserve comme la prunelle de mes yeux !" Jean-Pierre Leroux a aujourd'hui une longue carrière théâtrale derrière lui, peuplée de belles rencontres et de grands succès. "Pendant deux ou trois ans, j'ai connu les honneurs, mais ce qui m'intéressait, c'était de continuer à avancer, à chercher et j'ai eu près de moi des gens de qualité qui m'y ont aidé."

"Être l'administrateur de cette jeune compagnie m'a permis de me laver de l'égocentrisme du comédien"

Il fut en outre durant douze ans administrateur et acteur chez Jean-Laurent Cochet avant de s'investir auprès de la jeune compagnie pour laquelle il n'a que dithyrambes, Les Compagnons de la Chimère, dirigée par Arnaud Denis, jeune homme de 24 ans pétri de talent. "J'ai accepté bien volontiers d'être leur administrateur parce que ce sont des jeunes extraordinaires. Et je me suis rendu compte que m'occuper des autres m'a permis de me laver de cet égocentrisme du comédien. Mais je tiens à jouer car c'est essentiel pour moi, c'est mon âme." Il salue au passage avec beaucoup d'émotion Francis Perrin, qui, emballé, leur lègue une soixantaine de costumes, bottes d'époque et autres perruques. Pour Les Fourberies de Scapin, il avait son idée de Géronte qu'il désirait absolument jouer. "Ce n'est pas le gugusse ridicule que l'on présente trop souvent. C'est un être de chair et de sang qui aime son fils. C'est un être douloureux soumis au rire de Molière, mais qui souffre en lui-même. Faire un grand numéro avec le fameux 'Qu'allait-il faire dans cette galère' ne m'intéressait pas, et Arnaud (c'est un petit génie ce garçon-là !) qui nous dirige de main de maître partage mon point de vue." À 70 ans, un rêve : "Je voudrais que cette formidable compagnie soit reconnue à tous les niveaux, soit débarrassée d'un certain nombre de contingences matérielles trop lourdes, et que la Drac inscrive enfin en bas du dossier : 'Les Compagnons
de la Chimère : Avis favorable.'"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 30/05/2008

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