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©Pascal François


Philippe Genty
Retour aux origines
Paysages mouvants, objets et matériaux insolites... Autour d'une figure de ventriloque, Philippe Genty et sa compagne Mary Underwood mettent en scène "un univers surréaliste où se côtoient la rencontre des impossibles, l'absurde et l'humour".
Vers quels territoires Boliloc mène-t-il les spectateurs ?
Vers un retour dans le passé d'une jeune femme ventriloque, un retour jusqu'aux origines d'une culpabilité de son enfance. Boliloc ne suit pas une narration linéaire : les situations s'enchaînent à la manière d'un rêve, par analogies, par associations. L'introduction se passe dans la réalité d'une scène de cabaret, les marionnettes manipulées remettent en cause leur existence de marionnettes pour revendiquer une personnalité qui n'est autre que celle de la ventriloque.

À partir de là, tout bascule dans un espace intérieur...
Oui, les marionnettes deviennent des personnages de chair et plongent, au cours d'une opération chirurgicale totalement burlesque et absurde, dans l'univers viscéral de la jeune femme, un univers qui explose en cosmos. Enfant, j'étais persuadé que nous étions nous-mêmes constitués d'infra-mondes identiques aux galaxies qui nous entourent...

Que représente, pour vous, la création d'un personnage ventriloque ?
Les ventriloques ont une relation troublante avec leurs marionnettes, qui sont souvent d'un réalisme kitsch, voire vulgaire. Elles affirment leur liberté tout en étant totalement dépendantes de leur mentor, polémiquent avec lui en donnant l'impression de révéler certaines de ses facettes intimes. Il nous arrive même de soupçonner qu'elles sont des prolongements de leur manipulateur. Les marionnettes constituent donc un sujet idéal pour développer, avec humour, le thème des personnalités multiples.

Quels sont les artistes, les œuvres, les penseurs..., qui nourrissent vos explorations artistiques ?
En dehors de mes propres souvenirs, il y a des chercheurs comme Freud - notamment L'Interprétation des rêves -, Groddeck, Mélanie Klein, Lacan, Bettelheim... Enfin, il y a la peinture et des artistes tels que Saul Steinberg, Roland Topor... Je travaille à partir d'images, de photos et de musiques (répétitives) qui me conduisent souvent vers une écriture automatique.

Comment êtes-vous venu au théâtre ?
Tout est né d'une envie, alors que j'étais étudiant, de faire le tour du monde. Pour me donner les moyens de réaliser ce projet, j'ai imaginé de créer un spectacle visuel de marionnettes. Durant cette aventure de quatre ans - qui m'a permis de visiter 47 pays et 4 continents -, j'ai découvert des metteurs en scène, des auteurs, des chorégraphes... L'intérêt initial de ce voyage a ainsi basculé pour se tourner totalement vers le théâtre. Faire le tour du monde, c'est aussi faire le tour de soi-même. Tous ces paysages, ces déserts, ces vents, ces mers..., ont laissé des traces indélébiles. Des traces qui sont devenues, dans mes spectacles, l'expression de paysages intérieurs.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 10/06/2008

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