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© Pascalito


Croque-Monsieur
Au théâtre des Variétés
Coco Baisos, veuve et milliardaire ruinée pour la cinquième fois, est bel et bien décidée à retrouver fortune et mari en moins de vingt-quatre heures ! Avec l'énergie et la générosité qui la caractérisent, Isabelle Mergault redonne vie au personnage incarné en 1964 par Jacqueline Maillan, sur une mise en scène d'Alain Sachs empruntant à l'univers de Jacques Tati, et entourée, entre autres, de Julien Cafaro, Christian Sinniger, Michel Crémadès et Isabelle Tanakil.
Isabelle Mergault
est Coco Baisos

Pourquoi avoir choisi une pièce de Jacqueline Maillan pour votre retour aux Variétés ?

Je cherchais une pièce comique. J'ai regardé en priorité dans le répertoire de Jacqueline Maillan, Maria Pacôme et Sophie Desmarets : ces pièces étaient écrites pour des comédiennes désireuses de s'éclater et d'offrir une bonne tranche de rigolade au public. Mais je n'essaie pas de faire du Maillan car je suis Mergault ! Tant pis si on crie au sacrilège ! Dans ces conditions, arrêtons de monter Molière ! La nostalgie d'Au théâtre ce soir alimente aussi cette méprise. Même si cette pièce, contrairement aux autres que j'ai pu lire, résiste au temps, il a fallu revisiter son rythme. D'où un résultat tout à fait différent.

En quoi Coco Baisos vous a-t-elle séduite ?
Elle est extrêmement vivante. Tout l'amuse. Elle ne se laisse pas abattre, elle retrousse ses manches ! La ressemblance s'arrête là car l'argent n'a jamais guidé ma vie. Coco est cynique, seul le fric l'intéresse ! Elle est prête à tout pour parvenir à ses fins mais avec beaucoup de panache ! Il est jouissif de faire l'imbécile sur scène pour donner vie à des personnages qui sont à des kilomètres de vous et d'écrire, parallèlement à ça, des rôles qui vous ressemblent ! Je n'ai d'ailleurs ni la classe ni le matériel pour jouer les divas !

Dans "Enfin Veuve", si Moumousse ne semble pas vénale, n'est-elle pas, cependant, tenue par le confort de sa vie bourgeoise ?
Elle n'est pas tenue par l'argent mais par toutes ces conventions, ce poids de la bourgeoisie, de l'éducation. Elle est dans une petite cage dorée. Il est extrêmement difficile, à près de 50 ans, de renoncer à toute une vie pépère pour aller à l'aventure et suivre son cœur. Même si l'on est très amoureux, on a toujours peur de lâcher la proie pour l'ombre. Je suis comme elle, très lâche, très fragile. Je n'ai jamais pu quitter un homme en le regardant dans les yeux. Je m'engueule avec lui pour de fausses raisons et si je le trompe, inconsciemment, je lui laisse un indice. C'est extrêmement courageux de respecter l'autre au point de tout lui dire... J'ai parlé avec mon cœur et c'est pour cela que la critique m'a assassinée en disant qu'il n'y avait que le chien qui jouait bien ou que je faisais du racolage. C'est d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable car il n'y a chez moi aucune imposture. Je ne m'inspire pas pour ma part de faits divers sordides pour avoir du succès ! Quand je sentirai que je ne serai plus faite pour ce métier, je m'arrêterai. Si j'étais plus maigre, émaciée, mal dans ma peau et faisais des trucs glauques, ces soi-disant intellectuels seraient contents. Ils ont la haine du populaire et du peuple : ce sont déjà plus de 2 millions de spectateurs qu'incendient à travers moi ces petits marquis qui se croient à la cour du roi et méprisent la valetaille tout en se prétendant de gauche !

Quel sera le sujet de votre prochain film, Forfait Caribou ?
Ce ne sera pas un documentaire animalier mais un huis clos comique et sentimental : deux grands bourgeois décident de revenir à la nature et de chasser le caribou au Canada. Je voudrais n'écrire que drôle, mais je ne parviens pas à réfréner l'émotion... Pourtant, un jour j'y arriverai !

Michel Crémadès,
secrétaire de Monsieur


Comédien généreux et chaleureux à la physionomie bonhomme, Michel Crémadès fut au théâtre partenaire de Jean-Paul Belmondo dans Frédérick ou le boulevard du crime ou de Robert Hirsch dans Le Bel Air de Londres. On citera également ses participations auprès d'Alain Chabat dans Astérix et Obélix ou de Philippe Noiret dans Les Ripoux. Il incarne ici le secrétaire de feu Monsieur : "La première fois que j'ai rencontré Isabelle, je l'ai violée dans le film Club de rencontres ! Je connaissais la plupart des comédiens sur Croque-Monsieur et il y a un formidable esprit de troupe : nous ne nous mettons pas à quatre pattes devant une star mais nous entraidons ! J'ai immédiatement proposé pour mon personnage un homme seul, tendre : je voulais lui donner un petit côté homosexuel d'autant qu'il est très fan de Madame ! Tout va trop vite pour lui : il est dépassé par la situation. Il découvre le fonctionnement de cette femme qui fait des castings de milliardaires ! J'aime la manière de travailler d'Isabelle. Dans ses films, aussi, elle écrit pour des seconds rôles. Elle a raison : on en a assez d'observer les gros plans des mêmes vedettes dans des histoires qu'on a vues 100 fois et qui restent quinze jours à l'affiche ! Ce sont Tissier, Roquevert, ces seconds rôles des années 1940 qui m'ont donné envie de faire ce métier. On met Zinédine Zidane face à 11 minimes, il perd le match ! La profession est envahie par les people et cela détruit le métier, car on ne peut pas s'improviser acteur."

Isabelle Tanakil,
alias Maggy Fauchois


Longue dame brune à la personnalité suave et enjouée, Isabelle Tanakil retrouve Alain Sachs après Victor ou les enfants au pouvoir où elle tenait, au côté de Lorànt Deutsch, le rôle d'Ida Mortemart - "un vrai régal ce personnage, allégorie de la société en décomposition, femme crucifiée... et pétomane !". Elle devient pour Croque-Monsieur Maggy Fauchois, l'amie d'enfance de Coco Baisos : "J'ai eu la chance de tourner pour Isabelle dans Enfin veuve, la femme du chirurgien, l'idiote qui répète sans cesse 'Total' ! Revenir aux Variétés est comme un pèlerinage. J'ai eu le plaisir de travailler dans ce lieu avec Francis Lemonnier et Jean-Paul Belmondo. J'ai des souvenirs merveilleux à tous les étages. Maggy est née à Marseille et a rencontré Coco à 16 ans. Les petites filles pauvres qu'elles étaient sont devenues des mondaines. Coco a pris l'accent parisien, Maggy l'accent british. Ce qui me rend joyeuse, c'est la conscience aiguë de ce privilège que la vie se joue ici et maintenant. Je suis rarement dans l'anticipation, j'essaie de privilégier l'instant : carpe diem et, pour ce rôle, je pourrais dire carpe diams ! J'aimerais que Patrick Haudecœur écrive un Frou-Frou 2 après sa Valse des pingouins et reprendre ce rôle magnifique de baronne brindezingue qu'il m'avait offert !" En attendant, Isabelle travaille à l'écriture du Péché mignon, comédie musicale composée de chansons des années 30 ayant pour cadre une maison close et dont sa sœur, Marie Lenoir, assurera la mise en scène.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 19/04/2008

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