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Raphaël Kaney-Duverger
Bernard Richebé


Fame
"Fame" qui débute le 28 mars au théâtre Comédia a tout pour s'inscrire dans la lignée des comédies musicales réussies de ces derniers mois : volonté de créer un spectacle propre au public français, appel à de jeunes talents et constitution d'une équipe de choc. Parmi ses membres, Danielle Mathieu-Bouillon, directrice déléguée du Comédia et coadaptatrice du livret (avec Stéphane Laporte, auteur - toujours inspiré - des paroles), Ned Grujic, metteur en scène et Raphaël Kaney-Duverger à la chorégraphie sont trois des maillons forts de que nous vous faisons découvrir en avant-première.
Danielle Mathieu-Bouillon

Tout en finesse, la voix douce, Danielle Mathieu-Bouillon sait parler avec passion du théâtre (domaine dans lequel elle est tombée depuis l'enfance) et de la nouvelle aventure musicale qu'elle vit depuis quelques mois. Elle est l'auteur de plusieurs pièces, dont Avec deux ailes qui vient d'obtenir, avec Véronique Jannot et Jean-Michel Dupuis, un grand succès en tournée dans toute la France, la Belgique et la Suisse. Après avoir exercé tous les métiers de la scène, Danielle Mathieu-Bouillon a collaboré quinze années durant avec le Théâtre Antoine. Cette grande dame ayant voué sa vie au spectacle vivant préside l'Association de la régie théâtrale et le Prix du Brigadier qui récompense chaque année, l'événement théâtral de la saison (seul prix jamais accepté par Jean Anouilh).

À l'été 2002, elle rejoint Maurice Molina au théâtre Comédia et l'incite à faire des transformations importantes, qu'il a le courage d'assumer, afin de mettre en adéquation la scène et la salle, se donnant ainsi les moyens d'une programmation variée et populaire. Avec Un violon sur le toit, Pygmalion ou le récent Good Canary, qui lui vaut de côtoyer John Malkovich dont elle se plaît à souligner l'extraordinaire talent, le Comédia renoue avec un large public dont la jeunesse et l'hétérogénéité ne peuvent que ravir sa directrice.

Pour Fame, tout débute par un rendez-vous avec le producteur Lorenzo Vitali, détenteur des droits pour l'Italie et la France, qui convainc Maurice Molina de partager les risques d'une production aussi lourde. "C'est un métier fait de rencontres. Il y a des gens que l'on reconnaît comme appartenant à la même famille. Avec Lorenzo Vitali, la confiance a été mutuelle et immédiate. Nous sommes tombés d'accord pour confier la responsabilité artistique du projet à une équipe jeune et énergique : Ned Grujic, pour la mise en scène, Raphaël Kaney-Duverger, pour la chorégraphie et Samuel Sené à la direction musicale et vocale. Quant aux comédiens, il fallait, pour les rôles des élèves, donner leur chance à des jeunes et découvrir de nouveaux talents. Certains d'entre eux sont venus signer dans ce bureau leur premier contrat, les larmes aux yeux !", confie Danielle Mathieu-Bouillon.
Une fois Fame sur les rails, elle aimerait prendre un peu de recul pour se consacrer à cette passion de toujours qu'est l'écriture. "Ce fut une joie pour moi de collaborer avec Stéphane Laporte, rencontré à l'occasion du Violon sur le toit", dit-elle. Preuve de l'importance que revêtent pour elle les livres, Danielle Mathieu-Bouillon nous offre, au moment de nous séparer, le très bel ouvrage consacré au grand décorateur Jacques Noël (publié aux Éditions Acte Sud) pour lequel elle a autorisé la duplication d'un DVD tiré d'un film qu'elle avait conçu et dirigé en 1992 à partir d'interviews réalisées par ses soins.

Ned Grujic

Le théâtre et le spectacle musical, Ned Grujic connaît bien. Oliver Twist, Le Mariage de Figaro donné au Théâtre 13, ou encore Cyrano de Bergerac version musicale, depuis ses débuts, son activité de metteur en scène balance entre les deux domaines qu'il veut inséparables et qui faisaient de lui l'homme idéal pour mettre en scène Fame.

Comment résumeriez-vous votre vision du spectacle ?
À la base, on se trouve avec un spectacle culte ancré dans les années 1980, avec de ce fait, des aspects devenus un peu ringards. Pour moi, la période n'a que peu d'importance, il s'agit avant tout, non pas de faire un show à l'américaine, mais de parler aux spectateurs français d'aujourd'hui, avec de l'humour et de la profondeur. Nous sommes aussi un pays de danse et de théâtre. Le but est de raconter une histoire avec un mode narratif adapté à notre public dans lequel tout part de la théâtralité et de l'émotion des personnages capables de faire vibrer le public avec leurs rêves, leurs échecs.

Quelles sont les grandes dominantes de votre mise en scène ?
Je parlerais de théâtralité, d'onirisme. Par moments, on entre dans la tête de ces étudiants. J'ai eu envie de donner une dimension poétique aux rêves de ces jeunes gens, sans que jamais rien ne soit gratuit. Raphaël Kaney-Duverger a fait pas mal de contemporain, il est passé par le classique, mais il vient du théâtre, et cette dimension-là est essentielle pour nous. Tout ce que nous construisons doit aller dans le sens d'une histoire. L'école aussi est importante. C'est un lieu pluridisciplinaire, d'initiation où l'on apprend à être un bon artisan, avant de devenir un artiste, lorsque c'est possible !

Raphaël Kaney-Duverger

À 31 ans, ce chorégraphe-né à Paris affiche un parcours très varié. Toujours intéressé par des expériences nouvelles et différentes, il met à profit sa formation pluridisciplinaire. Pour l'Eurovision, on a pu le voir à la télé deux années de suite. Il collabore au théâtre dont il est issu avec le metteur en scène Guillaume Ségouin. Pour la danse, il travaille avec deux compagnies l'une américaine, celle de Stefanie Batten Bland et la seconde, africaine, celle de Georges Monboy.


Comment abordez-vous le spectacle ?
Très sereinement ! C'est le plus gros projet qui m'ait été confié et je m'y consacre depuis un certain temps avec toute la motivation que l'on peut imaginer. Au départ, venant d'un univers très contemporain, j'ai cherché ce que j'allais pouvoir faire. Car il y a tout à faire, il s'agit d'une recréation que nous avons voulu le metteur en scène, Ned Grujic, et moi. Au départ, il faut déchiffrer pour déterminer les directions à prendre. J'ai voulu nourrir mes idées, très ancrées dans l'énergie actuelle, par des recherches faites à droite ou à gauche.

Selon vous, qu'est-ce qui fait un bon danseur et comment travaillez-vous ?
Je pense que c'est la conscience de ce qui est demandé et la compréhension du contexte dans lequel on se trouve qui importent. Et puis, un bon danseur doit être un minimum comédien. Mon travail consiste à proposer un canevas. Ensuite, il faut que les comédiens se l'approprient dans un esprit de fidélité naturellement !

Quels seraient vos repères en matière de danse à laquelle, je crois, vous êtes venu assez tard ?
J'ai commencé à danser vers 16 ans, alors que j'ai abordé le théâtre à 7 ans. J'ai toujours eu besoin d'utiliser mon corps et de danser et, dès le départ, je voulais chorégraphier. J'aime à la fois des chorégraphes contemporains américains ou européens comme Vandekeybus, Preljocaj ou Decouflé et l'énergie du hip-hop très séduisante, même si ce que je fais est totalement différent.
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 14/04/2008

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